Ici, je suis sauvé par le théorème de Gödel que j'interpréterai abusivement ainsi: toute théorie est soit fausse, soit incomplète.
Ah, ah, Kzer, tu n'as pas lu impostures intellectuelles ? Parce que l'une des cibles de Sokal et Bricmont, c'est Regis Debray (celui des vendeurs de pizza albanais à Belgrade) qui fait une utilisation abusive et répétée du théorème de Gödel. Le fait qu'en sciences sociales, il n'y ait pas de vérité absolue est une évidence et point n'est besoin de faire référence au théorème de Gödel pour "prouver" ça. Le théorème de Gödel (les théorèmes pour être précis, d'ailleurs) est un énoncé purement mathématique qui porte sur d'autres énoncés mathématiques. L'appliquer en dehors des mathématiques n'a aucun sens, excepté peut être comme principe philosophique de doute sur une théorie, mais on n'a pas besoin de ça pour ce genre de doute, ne serait-ce que parce qu'on procède par induction, ce qui n'est pas très mathématique (du genre, ça fait des milliards d'années que le soleil se lève tout les matins, donc le soleil se lèvera demain, ce qui est formellement faux).
De plus, les théorème ne disent pas que toute théorie est soit fausse, soit incomplète. Ils disent que dans toute théorie un peu puissante, il existe des propositions indécidables (i.e., on ne peut pas démontrer qu'elles sont vraies, ni qu'elles sont fausses sans sortir du système). Ils démontrent aussi qu'on ne peut pas démontrer la consistance d'une théorie un peu puissante (i.e., on ne peut pas démontrer que la théorie ne conduit pas à une contradiction c'est-à-dire à considérer que A et son contraire sont vrais simultanément). Donc toute théorie est à la fois inconsistante et incomplète. Les maths vivent très bien tout ça depuis des années, tout simplement parce que les énoncés non démontrables ne sont pas si fréquents que ça et que pour l'instant, on n'a pas trouvé de contradiction...
[^] # Re: Armée et liberté
Posté par boubou . En réponse à la dépêche Inquiètude sur l'indépendance informatique du pays. Évalué à 5.
Ah, ah, Kzer, tu n'as pas lu impostures intellectuelles ? Parce que l'une des cibles de Sokal et Bricmont, c'est Regis Debray (celui des vendeurs de pizza albanais à Belgrade) qui fait une utilisation abusive et répétée du théorème de Gödel. Le fait qu'en sciences sociales, il n'y ait pas de vérité absolue est une évidence et point n'est besoin de faire référence au théorème de Gödel pour "prouver" ça. Le théorème de Gödel (les théorèmes pour être précis, d'ailleurs) est un énoncé purement mathématique qui porte sur d'autres énoncés mathématiques. L'appliquer en dehors des mathématiques n'a aucun sens, excepté peut être comme principe philosophique de doute sur une théorie, mais on n'a pas besoin de ça pour ce genre de doute, ne serait-ce que parce qu'on procède par induction, ce qui n'est pas très mathématique (du genre, ça fait des milliards d'années que le soleil se lève tout les matins, donc le soleil se lèvera demain, ce qui est formellement faux).
De plus, les théorème ne disent pas que toute théorie est soit fausse, soit incomplète. Ils disent que dans toute théorie un peu puissante, il existe des propositions indécidables (i.e., on ne peut pas démontrer qu'elles sont vraies, ni qu'elles sont fausses sans sortir du système). Ils démontrent aussi qu'on ne peut pas démontrer la consistance d'une théorie un peu puissante (i.e., on ne peut pas démontrer que la théorie ne conduit pas à une contradiction c'est-à-dire à considérer que A et son contraire sont vrais simultanément). Donc toute théorie est à la fois inconsistante et incomplète. Les maths vivent très bien tout ça depuis des années, tout simplement parce que les énoncés non démontrables ne sont pas si fréquents que ça et que pour l'instant, on n'a pas trouvé de contradiction...