Avec toutes les contraintes et priorités de l'époque chez Mozilla
c’est aussi facile de critiquer le passé que de se trouver de bonnes excuses pour avoir deconné et complètement raté le coche.
Je vais pas prétendre savoir ce qu’il se passait en interne chez Mozilla à l’époque, non. Par contre je peux prétendre savoir ce qu’il se passait à l’époque dans les boites où je bossais, et les boites dont j’étais proche. Le milieu de l’internet grand public, dans des boites similaires à la Mozilla corporation en taille/CA.
Les discussions étaient de l’ordre de "c’est une mode qui va passer, html5 va gagner sur les applis riches, on a pas les ingénieurs, faut maintenir 3 bases de code au lieu d’une, on a une roadmap pleine ras la gueule pour le web déjà, on a pas les apis publiques dont on a besoin, le backend est très couplé avec le front end web donc on peut pas construire les apis publique a moins de réécrire 10 ans de code qui marche très bien, c’est sur le web qu’on fait notre beurre, personne va utiliser un téléphone pour faire X, l’iPad est un gadget qui supporte même pas flash" ce genre de choses.
Je doute que c’était très différent chez mozilla, tu me corriges si j’ai tord?
Je suis 100% convaincu que Mozilla avait une roadmap bien établie pour qq années, qui n’incluait pas une version mobile. C’était pareil chez tout le monde, tu noteras, un business établi, des produits pas mobiles du tout, une roadmap pour ces produits, et personne n’a envie de tout foutre en l’air et de prendre un risque.
On a quand même sorti nos mvp (debut 2011 dans mon cas), tant bien que mal, et ça a décollé très fort et très vite.
En 2013, c’était plus une question de savoir si l’appli allait dépasser le web desktop, mais une question de quand (les projections disait 2014, et elles avaient raison).
Je maintiens, autant je peux comprendre une certaine frilosité avant 2010, couplé à des contraintes techniques, qui causent un certain délai à sortir un produit, autant des 2011 c’était très clair qu’il fallait au grand minimum un MVP disponible VITE pour occuper le terrain, quitte à refactorer à la truelle un an plus tard. Attendre jusqu’à 2015 est injustifiable. C’est tout l’intérêt des techniques agiles et lean, réagir rapidement au changement, mesurer les tendances émergentes pour éviter de prendre des années de retard sur la concurrence.
Donc oui, c’est facile à dire en 2020, mais c’était aussi facile à dire en 2011. C’est en 2008-2009 que c’était dur à prédire.
[^] # Re: Firefox a eu sa chance par le public
Posté par groumly . En réponse au journal Hégémonie et navigateurs. Évalué à 6.
c’est aussi facile de critiquer le passé que de se trouver de bonnes excuses pour avoir deconné et complètement raté le coche.
Je vais pas prétendre savoir ce qu’il se passait en interne chez Mozilla à l’époque, non. Par contre je peux prétendre savoir ce qu’il se passait à l’époque dans les boites où je bossais, et les boites dont j’étais proche. Le milieu de l’internet grand public, dans des boites similaires à la Mozilla corporation en taille/CA.
Les discussions étaient de l’ordre de "c’est une mode qui va passer, html5 va gagner sur les applis riches, on a pas les ingénieurs, faut maintenir 3 bases de code au lieu d’une, on a une roadmap pleine ras la gueule pour le web déjà, on a pas les apis publiques dont on a besoin, le backend est très couplé avec le front end web donc on peut pas construire les apis publique a moins de réécrire 10 ans de code qui marche très bien, c’est sur le web qu’on fait notre beurre, personne va utiliser un téléphone pour faire X, l’iPad est un gadget qui supporte même pas flash" ce genre de choses.
Je doute que c’était très différent chez mozilla, tu me corriges si j’ai tord?
Je suis 100% convaincu que Mozilla avait une roadmap bien établie pour qq années, qui n’incluait pas une version mobile. C’était pareil chez tout le monde, tu noteras, un business établi, des produits pas mobiles du tout, une roadmap pour ces produits, et personne n’a envie de tout foutre en l’air et de prendre un risque.
On a quand même sorti nos mvp (debut 2011 dans mon cas), tant bien que mal, et ça a décollé très fort et très vite.
En 2013, c’était plus une question de savoir si l’appli allait dépasser le web desktop, mais une question de quand (les projections disait 2014, et elles avaient raison).
Je maintiens, autant je peux comprendre une certaine frilosité avant 2010, couplé à des contraintes techniques, qui causent un certain délai à sortir un produit, autant des 2011 c’était très clair qu’il fallait au grand minimum un MVP disponible VITE pour occuper le terrain, quitte à refactorer à la truelle un an plus tard. Attendre jusqu’à 2015 est injustifiable. C’est tout l’intérêt des techniques agiles et lean, réagir rapidement au changement, mesurer les tendances émergentes pour éviter de prendre des années de retard sur la concurrence.
Donc oui, c’est facile à dire en 2020, mais c’était aussi facile à dire en 2011. C’est en 2008-2009 que c’était dur à prédire.