« On dirait plutot une guerre de tranché de certain de Debian contre la FSF plutot qu'un débat protitant au libre. »
J'ai au contraire l'impression que Debian a une attitude un peu plus responsable vis-a-vis des principes du libre (ie. des engagements expliqués à leurs utilisateurs). Ils ont une définition et s'y tiennent. Pour reprendre un exemple donné sur une de leurs mailing lists : la FSF accepte et trouve normales les sections invariantes de la FDL, mais trouvait complètement incompatible avec le libre les anciennes clauses de pub des licences BSD (ou mécanismes similaires). J'ai lu en détail le site de GNU, et j'ai longtemps suivi la mailing liste debian-legal, franchement je suis de plus en plus déçu par la tendance qu'a la FSF à faire des exceptions qui l'arrangent, alors qu'elles s'éloignent de la définition du libre.
« Ces sections invariantes, te semblent elles te priver de liberté ? »
Oui. S'il y a des sections invariantes, on n'est pas libre de faire des travaux dérivés. L'existence de sections invariantes consiste à considérer que le document va évoluer/s'améliorer en restant ce document, et non un document complètement différent. Les exemples où c'est vraiment gênant ne manquent pas. Parmi ceux que j'ai vus cités, des annexes reprenant des textes "politiques" de la FSF sur le libre (même si je suis d'accord avec l'essentiel de leurs textes, je ne vois pas pourquoi ils devraient être imposés dans un document), l'exemple (hypothétique) de protocole de communications vaguement basé sur un autre (ie. ce n'est pas le même, mais il est très utile d'en reprendre certaines parties).
Debian voit un vrai problème dans la FDL, je me souviens avoir lu la tentative de Branden Robinson d'écrire une licence pour documents indéniablement libre. J'ai l'impression que ça n'a pas aboutit, mais la quantité de discussions et de préparations montre bien que ce n'est pas « pour être contre la FSF » mais bien par conviction. Quant au « plutôt qu'un débat profitant au libre », le sujet a été soulevé il y a pas mal de temps maintenant et très largement discuté, dire que Debian refuse le débat à propos de ça, c'est de la totale mauvaise foi. La seule conclusion, si on peut en faire une maintenant, c'est que la FSF et Debian n'ont pas la même interprétation du terme « libre », malgré des définitions habituellement considérées quasi-équivalentes (FSF et DFSG). Parmi ces deux interprétations, seule celle de Debian me paraît cohérente dans leurs discours respectifs, cette aussi celle qui parait la plus proche de l'idée du libre (si on considère bien le libre que l'opposé du propriétaire : un utilisateur obtient les mêmes droits que l'auteur, dans les limites légales possibles)
« Une licence en elle même est invariante pour valoir quelque chose. La GPL ne serait ainsi pas libre... C'est grave ? »
Je pense que tu connais la réponse parce que le problème a été très souvent soulevé. Les licences sont le seul moyen d'exprimer le libre dans un contexte où le copyright « par défaut » est extrêmement restrictif. La licence qualifie une oeuvre, mais n'en fait pas vraiment partie. Bref, cette question a été identifiée depuis longtemps comme un « faux problème », je me souviens être passé plus d'une fois sur des discussions à propos de ça, s'il y en a que ça intéresse vraiment je pense que Google doit pouvoir en retrouver...
Et puis tu prends surtout le problème à l'envers : un texte de licence pourrait être libre, parce qu'un travail dérivé ne remplace pas l'original. Si la GPL était libre, personne ne pourrait pour autant la modifier dans l'archive d'un logiciel et prétendre pouvoir appliquer cette nouvelle version. Alors pourquoi les textes de licence ne sont pas libres ? Pour éviter ce genre de confusions, justement, et aussi parce que ça ne présente qu'un intérêt très mineur. La même remarque est parfois faite à propos de standards, de RFC, etc. Tous ces documents pourraient être libres (et là ce serait utile) sans que ça remette en cause l'aspect « standard » : le standard correspond à la version officielle, de l'organisme officiel, avec une date ou une version donnée. Si le texte est libre, des travaux dérivés ne changeront pas le standard pour autant.
Pour conclure sur la FDL, je ne vois vraiment pas comment on pourrait considérer comme libre un document avec des sections invariantes. Je conçois très bien que des auteurs veuillent employer ce type de licence, avec quelques passages invariants, sans abus. Je comprends très bien ce souhait. Mais je ne vois pas comment on peut arriver à considérer libres de tels documents.
[^] # Re: Desktop, OEM : SuSE passe à l'offensive
Posté par #3588 . En réponse à la dépêche Desktop, OEM : SuSE passe à l'offensive. Évalué à 3.
J'ai au contraire l'impression que Debian a une attitude un peu plus responsable vis-a-vis des principes du libre (ie. des engagements expliqués à leurs utilisateurs). Ils ont une définition et s'y tiennent. Pour reprendre un exemple donné sur une de leurs mailing lists : la FSF accepte et trouve normales les sections invariantes de la FDL, mais trouvait complètement incompatible avec le libre les anciennes clauses de pub des licences BSD (ou mécanismes similaires). J'ai lu en détail le site de GNU, et j'ai longtemps suivi la mailing liste debian-legal, franchement je suis de plus en plus déçu par la tendance qu'a la FSF à faire des exceptions qui l'arrangent, alors qu'elles s'éloignent de la définition du libre.
« Ces sections invariantes, te semblent elles te priver de liberté ? »
Oui. S'il y a des sections invariantes, on n'est pas libre de faire des travaux dérivés. L'existence de sections invariantes consiste à considérer que le document va évoluer/s'améliorer en restant ce document, et non un document complètement différent. Les exemples où c'est vraiment gênant ne manquent pas. Parmi ceux que j'ai vus cités, des annexes reprenant des textes "politiques" de la FSF sur le libre (même si je suis d'accord avec l'essentiel de leurs textes, je ne vois pas pourquoi ils devraient être imposés dans un document), l'exemple (hypothétique) de protocole de communications vaguement basé sur un autre (ie. ce n'est pas le même, mais il est très utile d'en reprendre certaines parties).
Debian voit un vrai problème dans la FDL, je me souviens avoir lu la tentative de Branden Robinson d'écrire une licence pour documents indéniablement libre. J'ai l'impression que ça n'a pas aboutit, mais la quantité de discussions et de préparations montre bien que ce n'est pas « pour être contre la FSF » mais bien par conviction. Quant au « plutôt qu'un débat profitant au libre », le sujet a été soulevé il y a pas mal de temps maintenant et très largement discuté, dire que Debian refuse le débat à propos de ça, c'est de la totale mauvaise foi. La seule conclusion, si on peut en faire une maintenant, c'est que la FSF et Debian n'ont pas la même interprétation du terme « libre », malgré des définitions habituellement considérées quasi-équivalentes (FSF et DFSG). Parmi ces deux interprétations, seule celle de Debian me paraît cohérente dans leurs discours respectifs, cette aussi celle qui parait la plus proche de l'idée du libre (si on considère bien le libre que l'opposé du propriétaire : un utilisateur obtient les mêmes droits que l'auteur, dans les limites légales possibles)
« Une licence en elle même est invariante pour valoir quelque chose. La GPL ne serait ainsi pas libre... C'est grave ? »
Je pense que tu connais la réponse parce que le problème a été très souvent soulevé. Les licences sont le seul moyen d'exprimer le libre dans un contexte où le copyright « par défaut » est extrêmement restrictif. La licence qualifie une oeuvre, mais n'en fait pas vraiment partie. Bref, cette question a été identifiée depuis longtemps comme un « faux problème », je me souviens être passé plus d'une fois sur des discussions à propos de ça, s'il y en a que ça intéresse vraiment je pense que Google doit pouvoir en retrouver...
Et puis tu prends surtout le problème à l'envers : un texte de licence pourrait être libre, parce qu'un travail dérivé ne remplace pas l'original. Si la GPL était libre, personne ne pourrait pour autant la modifier dans l'archive d'un logiciel et prétendre pouvoir appliquer cette nouvelle version. Alors pourquoi les textes de licence ne sont pas libres ? Pour éviter ce genre de confusions, justement, et aussi parce que ça ne présente qu'un intérêt très mineur. La même remarque est parfois faite à propos de standards, de RFC, etc. Tous ces documents pourraient être libres (et là ce serait utile) sans que ça remette en cause l'aspect « standard » : le standard correspond à la version officielle, de l'organisme officiel, avec une date ou une version donnée. Si le texte est libre, des travaux dérivés ne changeront pas le standard pour autant.
Pour conclure sur la FDL, je ne vois vraiment pas comment on pourrait considérer comme libre un document avec des sections invariantes. Je conçois très bien que des auteurs veuillent employer ce type de licence, avec quelques passages invariants, sans abus. Je comprends très bien ce souhait. Mais je ne vois pas comment on peut arriver à considérer libres de tels documents.