• [^] # Joules

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Coup de tonnerre : les voitures électriques ne seraient pas écologiques !. Évalué à 3.

    Surtout, n'est-ce pas se compliquer inutilement la tâche que de mélanger les problématiques de consommation d'énergie et celle de production dans la mesure où (sauf au Quebec quasiment) il s'agit dans tous les cas de conversion d'une source primaire vers de l'électrique au moyen de turbines à gaz ? C'est plus ou moins ce que laisse entendre votre réflexion et la première partie de l'article me semble-t-il. De même un découplage semble possible entre la problématique de l'utilisation efficace de l'énergie, et l'indispensable mise en place de politique de sobriété.

    Peut-être ne suis-je pas très clair. Sans nier qu'il puisse y avoir des effets d'interpénétration — surtout en cas de modifications substantielles, mais on semble en être loin — entre les problématiques, il me semble qu'il serait sensiblement plus pertinent de discuter les trois sujets suivants de manière quasiment séparée :

    • A) L'efficacité énergétique pour le transport des différents modes connus. Cela reviendrait par exemple à mesurer l'efficacité des voitures électriques en joules par kilomètres (sur leur cycle de vie). À partir du moment où elles seraient plus efficaces, il faudrait envisager de les utiliser pour remplacer d'autres outils qui le seraient moins.
    • B) L'efficacité de production et transport de l'énergie. Problème largement plus compliqué. Car si la quantité produite est clairement identifiée, les coûts le sont souvent moins : sociaux, environnementaux, ressources non renouvelables...
    • C) Les politiques à envisager pour consommer moins d'énergie. Là encore l'objectif est simplissime, mais il y a tant de chemins...

    Pour en revenir aux véhicules électriques, tant qu'ils ne passent même pas le critère de meilleure efficacités énergétique que leurs homologues thermiques ne sont-ils pas cantonnés à jouer les gadgets d'une élite bourgeoise en quête d'auto-justification, et de consommation re-marketée à la sauce écolo ?

    Sur ce point, trouver des données fiables reste délicat. Mais voici ce que j'ai pu trouver :
    57,3 kWh pour recharger complètement une batterie de Zoe de 41 41 kWh qui ont permis de parcourir 220 km. Cela nous fait donc 0,26 kWh/km soit ~940kJ/km.
    Pour les véhicules thermiques les données constructeur sont paraît-il totalement pipées. Mes propres mesures sur mon véhicule personnel donnent un peu moins de 4,5l/100km de diesel soit en convertissant en joules ~1800kJ/km.
    Avantage à l'électrique en apparence.

    Sauf que... les kW électriques doivent être produits à partir de sources primaires (uranium, charbon pour l'essentiel...). Pour une comparaison juste et purement sur la base énergétique, il semble qu'il faille tenir compte du rendement de cette conversion indispensable. C'est là que la bat blesse : d'après la page sur les turbines de Wikipedia, les rendements effectifs atteindraient les 40%. Du coup, la consommation brute, hors coût de production et recyclage pour la Zoe précédente passe à ~2300 kJ/km. Ajoutons les énergies grises, et c'est le KO pour la voiture sur batterie à moins de gros progrès.

    Conclusion : la voiture électrique ne semble pas apporter beaucoup de solution aux problèmes de pollution globale. À moins de prendre en compte les nouvelles mesures anti-pollution. Mon garagiste me disait l'autre jour que pour pouvoir passer les tests anti-pollution du contrôle technique il fallait que ma conduite soit beaucoup plus agressives et qu'au lieu de consommer ~4l/100km, je consomme plutôt dans les 6l/100km. De quoi relancer l'électrique dans la course au rendement :-(.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace