Oui mais il n'a pas tord non plus. le meilleur site de vulgarisation que je connaisse est celui du collège de France
Pour moi il n'y a jamais un meilleur vulgarisateur. Car tu as plusieurs façons de vulgariser et différents publics, et tu ne peux pas produire un contenu qui soit universellement bon sur tous les plans.
David Louapre fait par exemple du bon travail, C'est pas Sorcier aussi, etc. Mais ils s'adressent à différentes personnes et n'abordent pas les choses de la même façon. Ils sont complémentaires et pour vulgariser auprès du plus grand nombre il faut varier justement les contenus et la manière de faire.
C'est pas sorcier déjà traite des sujets du quotidien avec une complexité toute relative. Je ne crois pas qu'ils ont traité la mécanique quantique du moins en profondeur, ni la relativité par exemple. C'est plus facile pour attirer les jeunes enfants ou un public pas du tout intéressé par les sciences à l'origine. L'usage abondant des maquettes, des vidéos sur des sites exceptionnels et l'absence de formules mathématiques contribue dans ce sens. Leur but est vraiment d'être le premier pied à l'étrier pour leur public dans l'univers des sciences et d'aiguiser leur curiosité.
David Louapre quant à lui s'adresse à quelqu'un déjà curieux en science. Il n'hésite pas à afficher des formules même un peu complexe, à parler de l'histoire des sciences, il traite des sujets plus complexes en eux même, etc. Il remplace les maquettes par des dessins ou des exemples parlant. Sa cible est plutôt à partir du lycée et quelqu'un qui a une réelle envie d'en savoir plus à propos des sciences.
Les deux cas partagent par contre un style similaire sur la forme : format mi-long de 15-30 minutes, un peu d'humour mais en usage raisonné...
Par contre regarde la manière de faire d'epenser ou de DirtyBiology, rien que sur la forme cela n'a rien à voir. En terme d'illustrations, de montage mais aussi en usage de l'humour et de l'aspect divertissement. C'est très différent. Certains préfèrent ce style, mais ce n'est pas mon cas. Il en faut pour tous les goûts.
Un même sujet peut être couvert de plein de façons différentes. Selon l'objectif et la cible, une approche pourrait être meilleure que d'autre. C'est d'ailleurs pareil en enseignement ce qui est normal.
Par exemple, pour introduire la relativité restreinte, tu peux le faire de plein de façons différentes :
Tu poses les bases de la physique nécessaire pour ensuite utiliser des expérience de pensée à la Einstein pour en déduire les effets de la théorie ;
Tu suis l'évolution historique (ce qui est globalement le cas scolaire) : relativité de Galilée -> Électromagnétisme -> Relativité restreinte avec ou sans les formules. La relativité de Galilée étant notre sens commun à ce sujet ;
Tu fais comme David Louapre, tu pars de Galilée, tu remplaces l'équation de transformation de Galilée par celle de Lorentz puis tu en déduis les implications ;
Éventuellement tu fais tout d'un point de vue mathématique avant d'en déduire un sens physique. Mais je ne crois pas avoir vu quelqu'un faire ça ainsi.
Suivant l'âge, la manière de pensée ou la culture de la personne mais aussi son but, une de ces approches fonctionnera mieux qu'une autre. Mais rien d'universel.
Certains auront besoin de plus d'humour ou d'exemples visuels alors que d'autres une formule sera plus parlante. Certains auront besoin de voir la chose sous plusieurs angles différents afin de saisir le truc.
D'ailleurs, même si là c'est plutôt l'enseignement mais ça se rejoint, en mathématiques j'avais toujours un décalage entre l'enseignement et ma compréhension du contenu. Il fallait en général attendre le cours de physique qui exploite cette partie là des mathématiques pour débloquer intellectuellement ce contenu dans ma tête. Car les maths étaient abstraites et pas sexy à mon goût : je ne comprenais pas où on allait avec ça. Puis calculer 20 000 fois des bases d'espace vectorielles avec des valeurs sorties du chapeau n'aide pas à visualiser ce que tu fais, ce que tu manipules. Avec la physique cela devenait plus clair très rapidement.
Mais nombre de mes camarades comprenaient directement le contenu mathématiques et n'avaient pas besoin de voir la chose autrement pour comprendre. C'est comme ça. Le prof a un temps limité et trop d'élèves pour s'adapter aux sensibilités de chacun ce qui est normal. En vulgarisation, c'est pareil, il faut varier les styles et les approches.
[^] # Re: Mauvaise idée...
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal vers un sciencefr.org ?. Évalué à 4.
Pour moi il n'y a jamais un meilleur vulgarisateur. Car tu as plusieurs façons de vulgariser et différents publics, et tu ne peux pas produire un contenu qui soit universellement bon sur tous les plans.
David Louapre fait par exemple du bon travail, C'est pas Sorcier aussi, etc. Mais ils s'adressent à différentes personnes et n'abordent pas les choses de la même façon. Ils sont complémentaires et pour vulgariser auprès du plus grand nombre il faut varier justement les contenus et la manière de faire.
C'est pas sorcier déjà traite des sujets du quotidien avec une complexité toute relative. Je ne crois pas qu'ils ont traité la mécanique quantique du moins en profondeur, ni la relativité par exemple. C'est plus facile pour attirer les jeunes enfants ou un public pas du tout intéressé par les sciences à l'origine. L'usage abondant des maquettes, des vidéos sur des sites exceptionnels et l'absence de formules mathématiques contribue dans ce sens. Leur but est vraiment d'être le premier pied à l'étrier pour leur public dans l'univers des sciences et d'aiguiser leur curiosité.
David Louapre quant à lui s'adresse à quelqu'un déjà curieux en science. Il n'hésite pas à afficher des formules même un peu complexe, à parler de l'histoire des sciences, il traite des sujets plus complexes en eux même, etc. Il remplace les maquettes par des dessins ou des exemples parlant. Sa cible est plutôt à partir du lycée et quelqu'un qui a une réelle envie d'en savoir plus à propos des sciences.
Les deux cas partagent par contre un style similaire sur la forme : format mi-long de 15-30 minutes, un peu d'humour mais en usage raisonné...
Par contre regarde la manière de faire d'epenser ou de DirtyBiology, rien que sur la forme cela n'a rien à voir. En terme d'illustrations, de montage mais aussi en usage de l'humour et de l'aspect divertissement. C'est très différent. Certains préfèrent ce style, mais ce n'est pas mon cas. Il en faut pour tous les goûts.
Un même sujet peut être couvert de plein de façons différentes. Selon l'objectif et la cible, une approche pourrait être meilleure que d'autre. C'est d'ailleurs pareil en enseignement ce qui est normal.
Par exemple, pour introduire la relativité restreinte, tu peux le faire de plein de façons différentes :
Suivant l'âge, la manière de pensée ou la culture de la personne mais aussi son but, une de ces approches fonctionnera mieux qu'une autre. Mais rien d'universel.
Certains auront besoin de plus d'humour ou d'exemples visuels alors que d'autres une formule sera plus parlante. Certains auront besoin de voir la chose sous plusieurs angles différents afin de saisir le truc.
D'ailleurs, même si là c'est plutôt l'enseignement mais ça se rejoint, en mathématiques j'avais toujours un décalage entre l'enseignement et ma compréhension du contenu. Il fallait en général attendre le cours de physique qui exploite cette partie là des mathématiques pour débloquer intellectuellement ce contenu dans ma tête. Car les maths étaient abstraites et pas sexy à mon goût : je ne comprenais pas où on allait avec ça. Puis calculer 20 000 fois des bases d'espace vectorielles avec des valeurs sorties du chapeau n'aide pas à visualiser ce que tu fais, ce que tu manipules. Avec la physique cela devenait plus clair très rapidement.
Mais nombre de mes camarades comprenaient directement le contenu mathématiques et n'avaient pas besoin de voir la chose autrement pour comprendre. C'est comme ça. Le prof a un temps limité et trop d'élèves pour s'adapter aux sensibilités de chacun ce qui est normal. En vulgarisation, c'est pareil, il faut varier les styles et les approches.