• [^] # Re: Mauvaise idée...

    Posté par . En réponse au journal vers un sciencefr.org ?. Évalué à 9.

    Je pense que la complexité de la vulgarisation viens en fait de la diversité du public. Dans l'enseignement, les élèves qui constitue le public sont sensé avoir l'ensemble des pré-requis qui vont leur permettre de comprendre le cours. Bon, c'est pas toujours le cas en pratique malheureusement, mais c'est au moins censé l'être. L'autre point, c'est que l’élève sait qu'il ne sait pas. Sinon, il ne prendrait pas de cours :) Ou alors il pense que ça sert a rien, mais en tout cas, il est plus ou moins conscient de son état d'apprenant.

    Avec le grand public, c'est plus compliqué. Il y a un public d'autodidacte, dont je pense faire parti personnellement, mais j'ai l'impression d'être une exception (pas sur linuxfr hein, dans le reste de mon cercle de relation). Déjà parce que la clé pour devenir autodidacte c'est de reconnaitre qu'on ne sait pas. C'est la base, comprendre qu'on est nul permet justement de travailler a ne plus l'être.

    Hors la majeure partie du grand public n'a pas forcément conscience de ne pas avoir le niveau de connaissance minimum pour pouvoir aborder un sujet.

    Je vais prendre un exemple pour illustrer mon propos. Arrivé a la cinquantaine, je me suis dis que quand même ça serait bien que je comprenne la théorie de la relativité, que je n'avais jamais étudié lors de mon parcours scolaire. Il y a énormément de ressource sur le net et en dehors pour réaliser cet apprentissage, cela va du livre d’Einstein jusqu’à des cours complet en passant par des conférence ou vidéos de vulgarisation. La complexité de cet apprentissage pour moi à été la partie mathématique (et ça l'est toujours d'ailleurs). Je n'ai pas le niveau requis pour comprendre les équations de Maxwell et les transformations de Lorentz et qu'on le veuille ou non, sans ça, on est obligé de passer par des représentation plus ou moins juste de ce qu'elles impliquent, mais qui ne permettent jamais d'en avoir une compréhension complète, et qui peuvent même amener a des contresens. Je pourrais m'attaquer à la partie mathématique, en reprenant les bases, mais c'est un peu décourageant.

    Mais là ou je veux en venir, c'est qu'en discutant avec des amis du sujet, et parlant de la claque que j'ai eu quand j'ai compris ce qu'impliquait le fait que la vitesse de la lumière était constante quelque soit le référentiel et de l'expérience de pensée d’Einstein, j'ai eu droit a un haussement d'épaule, et une remarque du style : Ben oui, c'est évident.

    J'avoue que ça m'a troué le cul comme on dit. J'ai finit par comprendre pourquoi ça leur semblait évident. C'est en fait que mes interlocuteurs ne savaient pas ce qu'était un référentiel inertiel, ou galiléen. Ils avaient compris que la vitesse de la lumière est constante quelque soit le milieu qu'elle traverse (ce qui est faux d’ailleurs, mais bon ...).

    La notion de référentiel inertiel je crois que c'est vu au collège, mais ça donne idée de ce que peut représenter un travail de vulgarisation, ici concernant la théorie de la relativité a des gens qui ne maitrise déjà pas les bases sur lesquelles la théorie s'appuie. Et pas parce qu'il sont idiots, au sens qu'il n'ont pas les capacités cognitives pour les comprendre, c'est pas ça hein, c'est juste qu'il ne savent pas qu'ils ne savent pas. C'est le fameux effet Dunning-Kruger.

    Personnellement, l'apprentissage de la théorie de la relativité m'a surtout fait comprendre a quel point j'étais ignorant, et je ne suis d'ailleurs toujours pas très sur de savoir ce que ce que c'est que la gravité. Mais quand on parle de vulgarisation au sens de ce que font Roland Lehoucq ou Etienne Klein par exemple, on parle de ça, et franchement, c'est quasiment un métier à part entière et ça demande des trésors d'ingéniosité.

    Tiens pour finir par un dernier exemple, un petit bijou de vulgarisation, c'est un jeu vidéo, publié par le CEA : https://prisonnier-quantique.fr/index.html

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.