• [^] # Re: Sacrée naiveté

    Posté par . En réponse au journal GitHub remplace la branche master par main. Évalué à 6.

    Je veux bien entendre, cependant cette phrase est raciste. Penser que le blanc, parce qu'il est blanc, est capable d'une telle pensée signifie qu'on considère une différence anthropologique entre les blancs et les non blancs.

    Quand on parle de racisme systémique, on implique bien qu'il y a une différence entre au moins un groupe et au moins un autre.
    En l'occurrence, il y a bien une différence entre un blanc et un non-blanc.
    Dire "je n'ai pas de problème racial", c'est implicitement admettre qu'on ne subit pas de discrimination raciale.

    Moi je n'ai jamais été emmerdé au bar par un gros lourd et je ne vois pas de fille se faire emmerder (hé! on a dit que je ne vois pas, on se fout de ce à quoi je ne fais pas attention, non?). Si une fille me dit qu'elle n'aime pas aller au bar à cause des gros lourds, elle serait sexiste ?

    A mon avis ce n'est pas une histoire de blanc ou de non blanc parce que je pense qu'un blanc qui va dans un pays d'Afrique (par exemple, hein) où personne n'a jamais vu de blancs va se sentir bien seul et pourrait retourner la même phrase à l'envers.

    Il va peut-être se sentir seul, mais certainement pas opprimé.
    On ne parle pas d'avoir le mal du pays.

    Et en plus je l'ai fait, le blanc dans un endroit où tout le monde est "différent". Je l'ai fait en Chine (et pas à Shanghai où il y déjà des blancs partout).
    Des fois t'en as marre d'être le centre de l'attention, mais jamais tu ne te sens opprimé. Jamais personne n'essaie de "te remettre à ta place". Aucun commerçant n'a jamais refusé de me servir. Je n'ai jamais eu de boule à la gorge en parlant à des policiers et en me demandant s'ils sortiraient leur arme si je faisais quoi que ce soit qu'ils pourraient mal interpréter.
    Je n'ai même jamais eu de commentaire ouvertement raciste à mon encontre. Je ne me suis jamais demandé si je devais changer mon nom ou mon adresse pour qu'on me réponde.

    Et de toute façon, même si j'avais subi tout ça, tout ce que j'aurais eu à faire pour que ça cesse, c'est de rentrer chez moi ! J'aurais juste dit que j'ai envie de rentrer. Personne ne me l'aurait reproché.

    Les victimes du racisme n'ont pas cette option. Et quand ils se regroupent par quartier pour avoir leur zone de tranquillité, on leur dit qu'ils cherchent à s'exclure du reste de la société.

    Donc non, tu ne peux pas comparer. Et non, tu ne peux pas prétendre qu'il n'y a pas de privilège blanc.