Un certain nombre de commentaires confondent la revendication de l'égalité des sexes sur le plan professionnel et la situation des sexes sur le plan social. C'est une chose de revendiquer cette égalité, c'en est une autre de la considérer comme "naturelle" (donc allant de soi). Si en effet le parcours de Frances Allen est particulièrement impressionant (pas parce qu'il s'agit d'une femme, mais parce qu'elle vient d'un milieu rural et agricole et que ses études lui ont permis de développer des outils informatiques de premier rang sur la longue durée : chapeau !), ce parcours serait tout aussi impressionnant s'il s'agissait de celui d'un jeune homme. Le fait que la société américaine des années 50 laisse la possibilité à une jeune fille d'entrer chez IBM montre que les choses n'étaient pas aussi bloquées qu'elles le semblent. Certes, l'informatique des cartes perforées était un secteur féminisé (comme tout ce qui est travail de bureau, y compris les calculs de trajectoires par les mathématiciennes de la NASA ...). C'est le premier point. Maintenant, envoyer les hommes au front pour combattre exige une réflexion minimale en ce qui concerne les choix d'une société dans les modalités de sa défense. On peut vouloir envoyer les femmes se battre au front à la place des hommes. Il suffirait de les entraîner suffisamment pour les transformer en machines à tuer (ce qu'on voit dans la mini-série "Band of Brothers", sur la Easy Company du 101e Airborne durant la Seconde Guerre Mondiale). La question de savoir pourquoi certains traitements sont discriminants (ou inégalitaires) relèvent, il me semble, du type de société que l'on cherche à développer. Les jeunes hommes agressifs et belliqueux forment des militaires plus fiables que les ingénieurs de 50 ans et plus (si on veut poursuivre la réflexion sur la discrimination, on peut se demander aussi pourquoi la guerre suppose l'emploi de jeunes plus que de vieux). Quant aux statistiques, elles laissent dans l'ombre deux choses : le poids des habitudes et corrélativement la possibilité pour un caractère déterminé d'aller porter sa liberté jusqu'au bout des choses.
[^] # Re: Une analyse clef Allen?
Posté par Adeimantos . En réponse à la dépêche Hommage à Frances Allen. Évalué à 3.
Un certain nombre de commentaires confondent la revendication de l'égalité des sexes sur le plan professionnel et la situation des sexes sur le plan social. C'est une chose de revendiquer cette égalité, c'en est une autre de la considérer comme "naturelle" (donc allant de soi). Si en effet le parcours de Frances Allen est particulièrement impressionant (pas parce qu'il s'agit d'une femme, mais parce qu'elle vient d'un milieu rural et agricole et que ses études lui ont permis de développer des outils informatiques de premier rang sur la longue durée : chapeau !), ce parcours serait tout aussi impressionnant s'il s'agissait de celui d'un jeune homme. Le fait que la société américaine des années 50 laisse la possibilité à une jeune fille d'entrer chez IBM montre que les choses n'étaient pas aussi bloquées qu'elles le semblent. Certes, l'informatique des cartes perforées était un secteur féminisé (comme tout ce qui est travail de bureau, y compris les calculs de trajectoires par les mathématiciennes de la NASA ...). C'est le premier point. Maintenant, envoyer les hommes au front pour combattre exige une réflexion minimale en ce qui concerne les choix d'une société dans les modalités de sa défense. On peut vouloir envoyer les femmes se battre au front à la place des hommes. Il suffirait de les entraîner suffisamment pour les transformer en machines à tuer (ce qu'on voit dans la mini-série "Band of Brothers", sur la Easy Company du 101e Airborne durant la Seconde Guerre Mondiale). La question de savoir pourquoi certains traitements sont discriminants (ou inégalitaires) relèvent, il me semble, du type de société que l'on cherche à développer. Les jeunes hommes agressifs et belliqueux forment des militaires plus fiables que les ingénieurs de 50 ans et plus (si on veut poursuivre la réflexion sur la discrimination, on peut se demander aussi pourquoi la guerre suppose l'emploi de jeunes plus que de vieux). Quant aux statistiques, elles laissent dans l'ombre deux choses : le poids des habitudes et corrélativement la possibilité pour un caractère déterminé d'aller porter sa liberté jusqu'au bout des choses.