C’est que dès qu’il y a des enjeux, pour beaucoup, la fin justifie les moyens
Ici je pense qu'on parle de débat médiatisé, avec un format dans lequel la critique de la qualité du débat vient du ou de la spectatrice (qui n'est donc pas incluse dans le débat), et pas des personnes qui débattent. Le format du temps de parole limité dans le temps impose d'être le plus efficace en terme d'impact à la défaveur d'un contenu plus explicatif et démonstratif qui deviendrait rapidement rébarbatif pour un public blasé.
Il y a aussi plein d'autres débats entre personnes «politisées», de bords différents ou pas, pas forcément d'envergure nationale, et sans public dans lesquels le débat est bien souvent plus serein, permet d'aiguiser les arguments, de combler les failles, de découvrir ses propres contradictions ou de faire éventuellement découvrir à la partie en face ses contradictions à elle.
Il y a aussi plein de débats dans des tribunes de journaux et revues, ou pendant des événements spécialisés (genre fête de l'Huma ou même la droite et l'extrême-centre viennent aussi participer aux débats). Ces débats ne ressemblent en rien à la joute de petites phrases d'un pseudo-débat de chiffonniers sur une chaîne d'info en continu. Ils prennent le temps et sont aussi très instructifs sur ce qui est porté derrière les mots employés publiquement.
Le problème du discrédit de la chose politique vient aussi de la diminution du temps de réflexion qu'on se donne (~ nous est laissé) sur ce qui nous semble être tout ou partie des solutions à nos problèmes. Le débat sous forme de joute assomme tellement le public, que trop souvent la pensée s'arrête sur la première certitude assénée sans chercher à voir ce qu'il y a derrière.
Mais est-ce une volonté des personnalités politiques, ou un enjeu commercial ? Dans un monde où tout doit devenir marché j'ai ma petite idée sur la question :)
Et finalement les débats qui parcourent le logiciel libre et la marchandisation de nos données ne sont pas mieux lotis... Quel public va se coltiner un débat avec des partisan·e·s du logiciel libre, de la sécurité des données, des moyens de stopper le flicage, etc. si ce n'est des personnes intéressées par le sujet alors que ça touche tout le monde, et que les enjeux sont immenses. Une petite phrase qui sortirait bien d'un débat façon joute verbale («je n'ai rien à cacher» à tout hasard) aurait de beaux jours devant elle, trouver la petite phrase inverse est déjà plus compliqué (hormis «ben donne-moi ton mot de passe» qui a, malgré tout, assez peu d'effet de mon côté).
[^] # Re: Recette inverse
Posté par zakharov . En réponse au journal La cuisine du débat : recettes et récréation. Évalué à 0.
Ici je pense qu'on parle de débat médiatisé, avec un format dans lequel la critique de la qualité du débat vient du ou de la spectatrice (qui n'est donc pas incluse dans le débat), et pas des personnes qui débattent. Le format du temps de parole limité dans le temps impose d'être le plus efficace en terme d'impact à la défaveur d'un contenu plus explicatif et démonstratif qui deviendrait rapidement rébarbatif pour un public blasé.
Il y a aussi plein d'autres débats entre personnes «politisées», de bords différents ou pas, pas forcément d'envergure nationale, et sans public dans lesquels le débat est bien souvent plus serein, permet d'aiguiser les arguments, de combler les failles, de découvrir ses propres contradictions ou de faire éventuellement découvrir à la partie en face ses contradictions à elle.
Il y a aussi plein de débats dans des tribunes de journaux et revues, ou pendant des événements spécialisés (genre fête de l'Huma ou même la droite et l'extrême-centre viennent aussi participer aux débats). Ces débats ne ressemblent en rien à la joute de petites phrases d'un pseudo-débat de chiffonniers sur une chaîne d'info en continu. Ils prennent le temps et sont aussi très instructifs sur ce qui est porté derrière les mots employés publiquement.
Le problème du discrédit de la chose politique vient aussi de la diminution du temps de réflexion qu'on se donne (~ nous est laissé) sur ce qui nous semble être tout ou partie des solutions à nos problèmes. Le débat sous forme de joute assomme tellement le public, que trop souvent la pensée s'arrête sur la première certitude assénée sans chercher à voir ce qu'il y a derrière.
Mais est-ce une volonté des personnalités politiques, ou un enjeu commercial ? Dans un monde où tout doit devenir marché j'ai ma petite idée sur la question :)
Et finalement les débats qui parcourent le logiciel libre et la marchandisation de nos données ne sont pas mieux lotis... Quel public va se coltiner un débat avec des partisan·e·s du logiciel libre, de la sécurité des données, des moyens de stopper le flicage, etc. si ce n'est des personnes intéressées par le sujet alors que ça touche tout le monde, et que les enjeux sont immenses. Une petite phrase qui sortirait bien d'un débat façon joute verbale («je n'ai rien à cacher» à tout hasard) aurait de beaux jours devant elle, trouver la petite phrase inverse est déjà plus compliqué (hormis «ben donne-moi ton mot de passe» qui a, malgré tout, assez peu d'effet de mon côté).