Je me base sur un document scientifique plus sourcé et chiffré que ton intuition.
Je ne classe pas ce genre de rapport dans « scientifique », trop d'inconnues, trop de conflits d'intérêt : je t'ai déjà mentionné que je considère l'intérêt prophétique/médiatique de ce genre d'étude non négligeable. Une projection sourcée et chiffrée dans un domaine non scientifique, quand le nombre d'inconnues est trop grand, ça relève (à mon avis) souvent plus de la désinformation avec chiffres et mots-clés qu'autre chose.
En fait, je pense que là est la source de notre désaccord : ton expérience personnelle t'a amené à accorder une confiance aux gouvernements et structures internationales et toute information qu'elles te transmettent (au point que tu y vois de la science facilement), alors que la mienne m'a poussé à penser plutôt le contraire. Forcément, notre filtre bayésien en est grandement impacté. Chez des dirigents qui agiraient pour toi (à la louche) avec 90% de sérieux, 9% d'incompétence et 1% de corruption, moi je vois quelque chose comme 60% d'incompétence, 35% de corruption et optimistiquement 5% de sérieux. Je n'ai que très peu de confiance en ce que nos dirigents soient globalement vraiment intéressés d'appliquer les mesures plus adaptées ni pour éviter un changement climatique, ni un covid, ni vraiment pour aider la société en général. Du coup, chaque fois qu'une projection, une mesure ou une promesse de mesure est faite, je me pose la question de savoir si c'est du sérieux ou non, le plus souvent indécis entre une attribution à l'incompétence ou la corruption teintée de sérieux (ou un mixte des trois) et la seule information que je considère avoir c'est qu'on veut me transmettre cette information (c'est une information souvent utile, mais maigre sans plus de matériel), à moi d'estimer sa véracité.
Par exemple, si officiellement on me donne une estimation du coût de démantèlement d'une centrale, je vais, par défaut, penser avoir affaire à une grossière sous-estimation (l'histoire confirme et confirmera probablement plus), alors que toi tu vas, par défaut, considérer qu'il s'agit d'un effort sérieux d'estimer le coût. Une approche n'est pas moins scientifique que l'autre, mais les deux ne peuvent être correctes à la fois, et les deux peuvent être incorrectes à la fois par contre :-)
En un certain sens, ma méfiance est contradictoire avec les mesures que je propose, car je n'ai pas vraiment espoir que nos dirigents fassent un effort sérieux de changer ce système malade (indépendamment de si la population est prête ou non pour un tel changement), ni que s'il change du fait d'une situation économique qui patine, ce soit en mieux.
Et la catastrophe climatique, elle est où dans l'équation ? C'est le nœud du problème et tu n'en parles pas.
Il me semble que j'en parle :-) La réduction de consommation, c'est censé être le principal outil pour ça (entre autres). La question, c'est est-ce que ce 4% du nucléaire nous évite grand chose. Quitte à me répéter : si pour le covid on fait descendre le R0 en dessous de 1, le faire descendre à l'extrême à 0.2 ou 0.1 n'est pas forcément rentable : toutes les parties de solutions ne sont pas nécessaires pour le climat non plus (il faut réduire les émissions suffisamment, pas quasi-totalement). Forcément, la réponse dépend du point précédent (ce qu'on pense que sera le futur réel du nucléaire, si c'est 15-20% alors c'est potentiellement utile [mais d'autant plus dangereux], si c'est 2-6%, alors c'est moins dangereux mais pas très utile).
Je sais bien que le nucléaire a mauvaise presse, mais je suis convaincu que la population préfère une centrale nucléaire si cela permet de réduire de manière non négligeable l'effort à fort en terme d'économie.
Sauf que, tout comme avant, le « non négligeable » reste à prouver. Si c'est juste un effort « un peu » réduit, avec à côté les inconvénients, c'est pas dit que la population pense pareil. Remarque que, si la population est à ce point réticente à faire face à un petit changement additionnel, on pourrait aussi s'attendre à ce que la population préfère subir les potentielles conséquences d'un changement climatique que d'appliquer un vrai changement. Et puis, tu sous-entends à plusieurs reprises que réduire la consommation impacte le niveau de vie négativement : c'est pas forcément le cas ! Je pense par exemple que bien du monde accepterait volontiers de se défaire de la voiture si on lui présentait de meilleures conditions de distance logement-travail et transport public.
[^] # Re: N'importe quoi...
Posté par anaseto . En réponse au lien Électricité bas carbone et vision politique en cette période de canicule. Évalué à 2.
Je ne classe pas ce genre de rapport dans « scientifique », trop d'inconnues, trop de conflits d'intérêt : je t'ai déjà mentionné que je considère l'intérêt prophétique/médiatique de ce genre d'étude non négligeable. Une projection sourcée et chiffrée dans un domaine non scientifique, quand le nombre d'inconnues est trop grand, ça relève (à mon avis) souvent plus de la désinformation avec chiffres et mots-clés qu'autre chose.
En fait, je pense que là est la source de notre désaccord : ton expérience personnelle t'a amené à accorder une confiance aux gouvernements et structures internationales et toute information qu'elles te transmettent (au point que tu y vois de la science facilement), alors que la mienne m'a poussé à penser plutôt le contraire. Forcément, notre filtre bayésien en est grandement impacté. Chez des dirigents qui agiraient pour toi (à la louche) avec 90% de sérieux, 9% d'incompétence et 1% de corruption, moi je vois quelque chose comme 60% d'incompétence, 35% de corruption et optimistiquement 5% de sérieux. Je n'ai que très peu de confiance en ce que nos dirigents soient globalement vraiment intéressés d'appliquer les mesures plus adaptées ni pour éviter un changement climatique, ni un covid, ni vraiment pour aider la société en général. Du coup, chaque fois qu'une projection, une mesure ou une promesse de mesure est faite, je me pose la question de savoir si c'est du sérieux ou non, le plus souvent indécis entre une attribution à l'incompétence ou la corruption teintée de sérieux (ou un mixte des trois) et la seule information que je considère avoir c'est qu'on veut me transmettre cette information (c'est une information souvent utile, mais maigre sans plus de matériel), à moi d'estimer sa véracité.
Par exemple, si officiellement on me donne une estimation du coût de démantèlement d'une centrale, je vais, par défaut, penser avoir affaire à une grossière sous-estimation (l'histoire confirme et confirmera probablement plus), alors que toi tu vas, par défaut, considérer qu'il s'agit d'un effort sérieux d'estimer le coût. Une approche n'est pas moins scientifique que l'autre, mais les deux ne peuvent être correctes à la fois, et les deux peuvent être incorrectes à la fois par contre :-)
En un certain sens, ma méfiance est contradictoire avec les mesures que je propose, car je n'ai pas vraiment espoir que nos dirigents fassent un effort sérieux de changer ce système malade (indépendamment de si la population est prête ou non pour un tel changement), ni que s'il change du fait d'une situation économique qui patine, ce soit en mieux.
Il me semble que j'en parle :-) La réduction de consommation, c'est censé être le principal outil pour ça (entre autres). La question, c'est est-ce que ce 4% du nucléaire nous évite grand chose. Quitte à me répéter : si pour le covid on fait descendre le R0 en dessous de 1, le faire descendre à l'extrême à 0.2 ou 0.1 n'est pas forcément rentable : toutes les parties de solutions ne sont pas nécessaires pour le climat non plus (il faut réduire les émissions suffisamment, pas quasi-totalement). Forcément, la réponse dépend du point précédent (ce qu'on pense que sera le futur réel du nucléaire, si c'est 15-20% alors c'est potentiellement utile [mais d'autant plus dangereux], si c'est 2-6%, alors c'est moins dangereux mais pas très utile).
Sauf que, tout comme avant, le « non négligeable » reste à prouver. Si c'est juste un effort « un peu » réduit, avec à côté les inconvénients, c'est pas dit que la population pense pareil. Remarque que, si la population est à ce point réticente à faire face à un petit changement additionnel, on pourrait aussi s'attendre à ce que la population préfère subir les potentielles conséquences d'un changement climatique que d'appliquer un vrai changement. Et puis, tu sous-entends à plusieurs reprises que réduire la consommation impacte le niveau de vie négativement : c'est pas forcément le cas ! Je pense par exemple que bien du monde accepterait volontiers de se défaire de la voiture si on lui présentait de meilleures conditions de distance logement-travail et transport public.