Jehan n'arrête pas de dire que le problème c'est la consommation et que le nucléaire n'est pas la solution, sauf que personne n'a dit que garder le nucléaire permettait de se dispenser de faire des économies d'énergie.
Mon point de vue, et celui de Jehan pour autant que je comprenne, c'est que 1) faire des économies d'énergie nous permettrait de nous dispenser de nucléaire (ça implique qu'on peut arrêter Fessenheim, donc c'est pas hors sujet), 2) le nucléaire a des défauts particulièrement embêtants.
Je vais faire un résumer de ce que je comprends de nos points de vu respectifs. Si je comprends bien, ton point de vue est que :
Le nucléaire va progresser drastiquement dans les décennies à venir (raison : des indicateurs/projections comme celui du GIEC [du moins certains scénarios]), jusqu'à 20% voire mieux.
Les catastrophes nucléaires ne sont pas (et ne seront pas) plus problématiques que les effets nocifs des autres énergies.
On peut réduire la consommation, mais pas suffisamment pour se passer du pourcentage apporté par le nucléaire (j'imagine qu'il te faut une réduction d'au moins 2 ou 3 quand même avec tes projections optimistes).
Tu en conclues que le nucléaire est partie nécessaire de la solution.
Mon point de vue :
Le nucléaire est actuellement une petite partie (équivalente à éolien+solaire) et des considérations politiques et sociétales [que visiblement tes indicateurs ignorent] et un passé de stagnation font que je pense que tes projections sont improbables (là où tu vois 20%, moi je serais déjà surpris par 6%) et qu'au contraire sa croissance va être négligeable à côté des autres renouvelables.
Le nucléaire n'a peut-être pas causé beaucoup de morts, mais la nature du type de catastrophe est plus problématique que celle d'autres sources d'énergie.
On peut réduire la consommation par 4 ou 5, donc on peut se passer du nucléaire (diviser par 3 serait sans doute suffisant, garder un petit pourcentage de fossile a priori ne serait pas dramatique, comme pour le COVID il faut suffisamment de mesures, au-delà ce n'est plus utile).
En gros, sur chaque point on a des opinions opposés avec des arguments différents. Là où tu fais confiance à des indicateurs du futur, je fais plutôt confiance à mes observations passées et mon expérience (tant des spécificités de la technologie que politiques et sociétales). Là où tu regardes les stats de nombre de morts directs confirmés pour les catastrophes passées, je regarde les défauts très particuliers de ce type de catastrophe. Là où tu te bases sur les nombres issus d'une conférence à Paris pour estimer ce qu'on peut réduire en consommation, je me base sur mes connaissances de la société actuelle; note qu'il s'agit d'estimer ce qui est possible et devrait être fait, pas ce qui arrivera, qui nous décevra probablement tous les deux.
C'est pas étonnant qu'on soit en désaccord, car notre approche pour évaluer la situation est très différente et, je pense, nous sommes très sceptiques des méthodes de raisonnement de l'autre. Finalement, comme toujours, l'important, c'est pas ce se convaincre entre nous, mais savoir pourquoi l'autre pense une chose différente et faire comprendre à l'autre qu'on comprend son raisonnement (même si on ne le partage pas).
Je pense que ni Jehan ni moi ni personne ne t'en veux pour une opinion différente (à toi ou autre défenseur de la thèse le nucléaire, c'est nécessaire).
La seule chose qui me manque un peu parfois dans ces échanges, c'est quelque chose comme « Je comprends ton point de vue que les catastrophes nucléaires sont en effet particulières, même si je pense que... » ou « Je comprends qu'on ne peut pas assurer que dans le futur la société sera en mesure de maintenir les centrales, mais... », ou « Oui, c'est pas sûr que les autres pays vont accepter massivement le nucléaire, donc le 20% sera réalisé uniquement dans ce cas favorable sur lequel je mise ». Ça peut sembler pas grand chose, mais le « Oui, mais » sert quand même à la base à montrer qu'on ignore pas les considérations d'autrui et qu'on dialogue. Jehan a quand même donné beaucoup de détails flagrants sur les particularités d'une catastrophe nucléaire et les ignorer simplement parce que les stats de morts directes par radiation ne sont pas parlantes, je trouve ça un peu rapide : il y a du qualitatif dans l'histoire, pas que du quantitatif.
[^] # Re: N'importe quoi...
Posté par anaseto . En réponse au lien Électricité bas carbone et vision politique en cette période de canicule. Évalué à 5.
Mon point de vue, et celui de Jehan pour autant que je comprenne, c'est que 1) faire des économies d'énergie nous permettrait de nous dispenser de nucléaire (ça implique qu'on peut arrêter Fessenheim, donc c'est pas hors sujet), 2) le nucléaire a des défauts particulièrement embêtants.
Je vais faire un résumer de ce que je comprends de nos points de vu respectifs. Si je comprends bien, ton point de vue est que :
Tu en conclues que le nucléaire est partie nécessaire de la solution.
Mon point de vue :
En gros, sur chaque point on a des opinions opposés avec des arguments différents. Là où tu fais confiance à des indicateurs du futur, je fais plutôt confiance à mes observations passées et mon expérience (tant des spécificités de la technologie que politiques et sociétales). Là où tu regardes les stats de nombre de morts directs confirmés pour les catastrophes passées, je regarde les défauts très particuliers de ce type de catastrophe. Là où tu te bases sur les nombres issus d'une conférence à Paris pour estimer ce qu'on peut réduire en consommation, je me base sur mes connaissances de la société actuelle; note qu'il s'agit d'estimer ce qui est possible et devrait être fait, pas ce qui arrivera, qui nous décevra probablement tous les deux.
C'est pas étonnant qu'on soit en désaccord, car notre approche pour évaluer la situation est très différente et, je pense, nous sommes très sceptiques des méthodes de raisonnement de l'autre. Finalement, comme toujours, l'important, c'est pas ce se convaincre entre nous, mais savoir pourquoi l'autre pense une chose différente et faire comprendre à l'autre qu'on comprend son raisonnement (même si on ne le partage pas).
Je pense que ni Jehan ni moi ni personne ne t'en veux pour une opinion différente (à toi ou autre défenseur de la thèse le nucléaire, c'est nécessaire).
La seule chose qui me manque un peu parfois dans ces échanges, c'est quelque chose comme « Je comprends ton point de vue que les catastrophes nucléaires sont en effet particulières, même si je pense que... » ou « Je comprends qu'on ne peut pas assurer que dans le futur la société sera en mesure de maintenir les centrales, mais... », ou « Oui, c'est pas sûr que les autres pays vont accepter massivement le nucléaire, donc le 20% sera réalisé uniquement dans ce cas favorable sur lequel je mise ». Ça peut sembler pas grand chose, mais le « Oui, mais » sert quand même à la base à montrer qu'on ignore pas les considérations d'autrui et qu'on dialogue. Jehan a quand même donné beaucoup de détails flagrants sur les particularités d'une catastrophe nucléaire et les ignorer simplement parce que les stats de morts directes par radiation ne sont pas parlantes, je trouve ça un peu rapide : il y a du qualitatif dans l'histoire, pas que du quantitatif.