Je ne sais pas ce qu'est le milieu du hacking: pour moi ce mot regroupe beaucoup trop de choses pour pouvoir être identifiant.
Niveau black hat et grey hat.
Quand je me laisse tenter, je viens également pour écouter les invités, mais si Sky ne sert à rien, autant qu'il les laisse dérouler leur prose sans intervenir, ce qui ne me semble pas être une bonne chose non plus. D'où ma conclusion et, il me semble, celle de Renault: bon concept, mauvaise concrétisation.
A mon sens, il ne faut pas voir Sky comme un journaliste traditionnel au sens où l'on attend une forme de contradiction mais plutôt comme une sorte d'intervenant permettant de dérouler un fil rouge. Selon moi, il sert à recentrer l'interview quand l'invité dérive, à poser les thèmes abordés et de temps à temps à taquiner l'invité.
Leur donner la parole en dehors de cette nébuleuse nécessite donc impérativement d'être capable de leur amener la contradiction, sinon, cela n'a pour effet que de servir de chambre d'écho contribuant à amplifier la nébuleuse.
C'est un point de vue qui se défend. Même parmi mes adversaires idéologiques, il y a des arguments parfois pertinents à prendre en considération qui, ici, ne sont pas écartés d'un revers de main par une moquerie, un sophisme ou simplement une coupe au montage. Oui, je reconnais que ça demande d'avoir une certaine capacité de réflexion pour le spectateur, que ça demande de faire ses propres recherches quand il y a des affirmations qui peuvent sembler douteuses et que peut-être certaines personnes, moins armées et/ou plus paresseuses, peuvent se laisser embarquer dans certains discours.
Ca peut sembler risquer. Ca l'est sans doute. C'est à double tranchant, on nous laisse une liberté d'opinion et de réflexion en tant que spectateur mais il ne faut pas s'enfermer dans un biais cognitif non plus.
Et ce n'est pas l’apanage de ThinkerView: le même pari est pris par une chaîne d'information continue qui met à l'antenne plusieurs zigotos sous le prétexte d'une liberté d'expression qui doit permettre à tous les points de vue de s'exprimer.
Il y a quand même une vraie différence de traitement dans les invités et dans la pluralité des invités. Ici ils ne viennent pas pour se faire piéger par des journalistes qui ont déjà leur avis sur tout ou au contraire se faire adouber par un journaliste béat, ils ne se font pas couper à chaque réplique et peuvent librement développer leur pensée. Même si elle peut sembler exécrable.
Par ailleurs, il n'y a pas confrontation entre invités, quand il y a plusieurs invités ils sont en général complémentaires, même s'ils ne sont pas d'accord sur tous les sujets, ils ne sont pas dans un match de boxe. Ce choix réduit nettement le flot de conneries dus aux invectives. Concernant ta conclusion, elle rejoint globalement ce que j'ai écrit au-dessus parmi les risques de ce format.
Encore faut-il que l'interviewer connaisse un minimum ces personnes et le sujet qu'elles viennent traiter...
Très honnêtement, Sky est un bosseur. Je sais qu'en général il se renseigne longuement sur ses invités et prépare à l'avance ses thèmes. Alors oui, sans doute qu'il y a des interviews moins préparées que d'autres, qu'il y a des sujets sur lesquels il est nécessairement moins à l'aise que d'autres, on ne peut pas être expert en tout. Il y a des ratés oui, c'est indéniable.
Fondamentalement, je ne suis pas en désaccord avec ton point de vue, je le comprends. Mais du moment que ça ne tombe pas sous le coup de la loi (et encore, le délit d'opinion me semble être quand même parfois difficilement défendable, où faut-il placer la limite ?), ça semble raisonnable, moyennant évidemment de faire ses propres recherches et de mener sa propre réflexion et de ne pas se contenter de boire les paroles des invités.
Bref, je comprends parfaitement la réticence de certains. C'est un format auquel on n'a pas été habitué et qui demande un vrai effort personnel du spectateur pour fonctionner avec les risques que ça comporte.
La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.
[^] # Re: c'est vraiment dommage
Posté par Nibel . En réponse au lien Interview de Tariq Krim et Bernard Benhamou sur Thinkerview au sujet de la souveraineté numérique. Évalué à 1.
Niveau black hat et grey hat.
A mon sens, il ne faut pas voir Sky comme un journaliste traditionnel au sens où l'on attend une forme de contradiction mais plutôt comme une sorte d'intervenant permettant de dérouler un fil rouge. Selon moi, il sert à recentrer l'interview quand l'invité dérive, à poser les thèmes abordés et de temps à temps à taquiner l'invité.
C'est un point de vue qui se défend. Même parmi mes adversaires idéologiques, il y a des arguments parfois pertinents à prendre en considération qui, ici, ne sont pas écartés d'un revers de main par une moquerie, un sophisme ou simplement une coupe au montage. Oui, je reconnais que ça demande d'avoir une certaine capacité de réflexion pour le spectateur, que ça demande de faire ses propres recherches quand il y a des affirmations qui peuvent sembler douteuses et que peut-être certaines personnes, moins armées et/ou plus paresseuses, peuvent se laisser embarquer dans certains discours.
Ca peut sembler risquer. Ca l'est sans doute. C'est à double tranchant, on nous laisse une liberté d'opinion et de réflexion en tant que spectateur mais il ne faut pas s'enfermer dans un biais cognitif non plus.
Il y a quand même une vraie différence de traitement dans les invités et dans la pluralité des invités. Ici ils ne viennent pas pour se faire piéger par des journalistes qui ont déjà leur avis sur tout ou au contraire se faire adouber par un journaliste béat, ils ne se font pas couper à chaque réplique et peuvent librement développer leur pensée. Même si elle peut sembler exécrable.
Par ailleurs, il n'y a pas confrontation entre invités, quand il y a plusieurs invités ils sont en général complémentaires, même s'ils ne sont pas d'accord sur tous les sujets, ils ne sont pas dans un match de boxe. Ce choix réduit nettement le flot de conneries dus aux invectives. Concernant ta conclusion, elle rejoint globalement ce que j'ai écrit au-dessus parmi les risques de ce format.
Très honnêtement, Sky est un bosseur. Je sais qu'en général il se renseigne longuement sur ses invités et prépare à l'avance ses thèmes. Alors oui, sans doute qu'il y a des interviews moins préparées que d'autres, qu'il y a des sujets sur lesquels il est nécessairement moins à l'aise que d'autres, on ne peut pas être expert en tout. Il y a des ratés oui, c'est indéniable.
Fondamentalement, je ne suis pas en désaccord avec ton point de vue, je le comprends. Mais du moment que ça ne tombe pas sous le coup de la loi (et encore, le délit d'opinion me semble être quand même parfois difficilement défendable, où faut-il placer la limite ?), ça semble raisonnable, moyennant évidemment de faire ses propres recherches et de mener sa propre réflexion et de ne pas se contenter de boire les paroles des invités.
Bref, je comprends parfaitement la réticence de certains. C'est un format auquel on n'a pas été habitué et qui demande un vrai effort personnel du spectateur pour fonctionner avec les risques que ça comporte.
La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.