• [^] # Re: c'est vraiment dommage

    Posté par . En réponse au lien Interview de Tariq Krim et Bernard Benhamou sur Thinkerview au sujet de la souveraineté numérique. Évalué à 5. Dernière modification le 20 juillet 2020 à 23:45.

    Son pseudonymat multiple est connu et reconnu dans le milieu du hacking

    Je ne sais pas ce qu'est le milieu du hacking: pour moi ce mot regroupe beaucoup trop de choses pour pouvoir être identifiant.
    Mais à la rigueur, je me moque bien de savoir dans quel domaine il pourrait exceller, étant donné la diversité des sujets abordés sur sa chaîne.

    Concernant l'interview d'Etienne Klein, elle me semble faire partie des bonnes interviews également. Sky n'est pas "aux fraises" comme tu dis, il est au contraire parfaitement à l'aise et n'a de toute façon pas de contrariété à apporter à un argumentaire scientifique, c'est une interview qu'on peut qualifier de pédagogique.

    Dans ce cas précis, je ne parle pas de contradiction, mais simplement de dialogue: la première interview d'Étienne Klein m'a laissé l'impression d'une totale impréparation de Sky qui ne savait pas comment rebondir sur les propos de son invité. Ses interventions étaient poussives et plus qu'approximatives. Ce n'était pas une bonne interview: c'était une bonne prestation d'Étienne Klein qui n'avait personne en face de lui pour l'interviewer. Sa deuxième apparition dans ThinkerView était planifiée comme un cours et s'est donc déroulée comme tel, pour mon plus grand plaisir :)

    Quand je me laisse tenter, je viens également pour écouter les invités, mais si Sky ne sert à rien, autant qu'il les laisse dérouler leur prose sans intervenir, ce qui ne me semble pas être une bonne chose non plus. D'où ma conclusion et, il me semble, celle de Renault: bon concept, mauvaise concrétisation.

    Au contraire, autant donner la parole à tout le monde plutôt que de laisser des gens créer une nébuleuse sur Internet avec les risques que ça comporte. Dans tous les cas, ils se feront entendre, c'est inutile de leur fermer la porte si ce n'est renforcer les soupçons des individus déjà suspicieux.

    Cet argument est ressassé ad nauseam par les tenants du "on peut plus rien dire, on est bâillonné": dans l'état actuel du Web, la nébuleuse dont tu parles se constituera spontanément de toute façon, qu'ils interviennent via ThinkerView ou non.

    Leur donner la parole en dehors de cette nébuleuse nécessite donc impérativement d'être capable de leur amener la contradiction, sinon, cela n'a pour effet que de servir de chambre d'écho contribuant à amplifier la nébuleuse.

    Sky a pris le paris que la liberté d'expression devait être la même pour tous, même pour les gens que l'on n'apprécie pas et dont on combat les idées [...]

    Et ce n'est pas l’apanage de ThinkerView: le même pari est pris par une chaîne d'information continue qui met à l'antenne plusieurs zigotos sous le prétexte d'une liberté d'expression qui doit permettre à tous les points de vue de s'exprimer.
    Résultat: un flot de conneries non contre-dites grand ouvert en direction d'un public qui, pour une partie, ne s'est jamais formée à une écoute critique de ce qui lui est proposé, ou qui se laisse plus simplement bercer dans ses certitudes par un orateur cultivé, ou par un tenant de bistrot et ses clients qui discutent à la télévision en cachant leurs verres sous la table.

    Qu'on apprécie ou pas les personnes amenées à exposer leurs points de vue, le boulot de l'interviewer est de leur apporter un point de vue contradictoire, que cela ait pour effet de les déstabiliser ou d’asseoir leur discours.
    Ce travail n'est pas fait dans ThinkerView, du moins pour ce que j'en ai vu.

    Chez ThinkerView, le problème ne réside pas dans le fait de donner la parole ou pas à tout le monde, mais dans le fait que des discours bancales interviennent au milieu d'un flux d'interviews de personnes faisant, à tort ou à raison, autorité dans leur domaine. Ces personnes légitimisent à leur insu ces discours aux yeux de ceux qui pourraient les découvrir pour la première fois via ThinkerView, au-delà des gens qui les portent. Au risque de me répéter, c'est d'autant plus vrai quand aucun point de vue contradictoire ne leur est opposé.

    [...] et que c'était un bien meilleur moyen de les combattre quand on les connaissait et quand on ne leur apportait pas une sorte d'effet Streisand par la censure.

    Encore faut-il que l'interviewer connaisse un minimum ces personnes et le sujet qu'elles viennent traiter...
    Entre «une sorte d'effet Streisand par la censure» et un micro ouvert sans contrôle à ce que j'estime être, aux mieux, un discours bancal légitimé par le contexte global du média par lequel il est diffusé, j'ai, en toute franchise, du mal à me positionner.