Le flou autour de la notion de classe, je l’ai déjà mentionné, et je suis bien d’accord, mais je ne vois pas en quoi ça évacue ce que dit Warren Buffet ou l’OCDE par exemple. En général, le découpage des classes est fait selon des critères personnels, sociologiques ou particuliers à une discussion précise. Donc, oui, il peut y avoir une ou plusieurs classes dominantes ou populaires, selon le contexte, selon ce dont on parle.
Mais ma question, c’est : si on n’utilise pas ça, si c’est une notion "archaïque et manichéenne", qu’est-ce qui est mieux ? Il est certain que ce n’est pas adapté à tous les contextes, mais en quoi est-ce pour autant archaïque ou manichéen ?
Si je prends mon cas personnel : mon poste ou mon salaire me rangent dans une « classe » qui n'a pas grand-chose à voir avec mes idées et ce pour quoi je vote. Donc que fais-je ? Dois-je considérer que je suis un traitre à ma classe ? Dois-je avoir soudain envie d'exploiter des employés mal payés ? Dois-je abandonner mon travail actuel et devenir ouvrier pour me mettre en cohérence avec mes idées ?
Je ne vois pas pourquoi tu te soucies de fidélité à ta classe... puisque c’est de toute façon une notion vague qui n’est pertinente que pour définir des ensembles dans un contexte particulier.
Quand j’ai vécu en Grande-Bretagne, il y a 20 ans, une juriste dans un ministère (un poste prestigieux, je crois me souvenir) m’a expliqué dans leur pays l’un des problèmes persistants était l’assignation permanente des gens à leur classe : une élève douée d’une classe pauvre se verrait assignée à son origine et refuser une éducation digne de ce nom de ce fait, il lui fut donc proposé de faire le ménage ; Margaret Thatcher, du fait de ses origines modestes, aurait eu beaucoup de mal à se faire accepter des classes supérieures, qu’elle a pourtant si bien servi, et même les titres reçus ne purent faire oublier son origine...
C’est d’ailleurs en Grande-Bretagne qu’on m’a le plus parlé de classes (et pas de la part de militants, juste des gens ordinaires): l’aristocratie, les "poshs", les riches, la Middle Class et la Working Class. L’article dit : « Les Britanniques sont très attaché·es à la notion de classe sociale [...] Un pays à ce point obsédé par la notion de classe... ».
C’est difficile à croire pour un pays souvent décrit comme "libéral", mais, par contraste, j’ai mieux compris ce qu’était notre modèle de mérite républicain, si imparfait soit-il.
[^] # Re: Jeu de postures
Posté par Olivier . En réponse au journal Les syndicats mentent-ils ?. Évalué à 7.
Le flou autour de la notion de classe, je l’ai déjà mentionné, et je suis bien d’accord, mais je ne vois pas en quoi ça évacue ce que dit Warren Buffet ou l’OCDE par exemple. En général, le découpage des classes est fait selon des critères personnels, sociologiques ou particuliers à une discussion précise. Donc, oui, il peut y avoir une ou plusieurs classes dominantes ou populaires, selon le contexte, selon ce dont on parle.
Mais ma question, c’est : si on n’utilise pas ça, si c’est une notion "archaïque et manichéenne", qu’est-ce qui est mieux ? Il est certain que ce n’est pas adapté à tous les contextes, mais en quoi est-ce pour autant archaïque ou manichéen ?
Je ne vois pas pourquoi tu te soucies de fidélité à ta classe... puisque c’est de toute façon une notion vague qui n’est pertinente que pour définir des ensembles dans un contexte particulier.
Quand j’ai vécu en Grande-Bretagne, il y a 20 ans, une juriste dans un ministère (un poste prestigieux, je crois me souvenir) m’a expliqué dans leur pays l’un des problèmes persistants était l’assignation permanente des gens à leur classe : une élève douée d’une classe pauvre se verrait assignée à son origine et refuser une éducation digne de ce nom de ce fait, il lui fut donc proposé de faire le ménage ; Margaret Thatcher, du fait de ses origines modestes, aurait eu beaucoup de mal à se faire accepter des classes supérieures, qu’elle a pourtant si bien servi, et même les titres reçus ne purent faire oublier son origine...
C’est d’ailleurs en Grande-Bretagne qu’on m’a le plus parlé de classes (et pas de la part de militants, juste des gens ordinaires): l’aristocratie, les "poshs", les riches, la Middle Class et la Working Class. L’article dit : « Les Britanniques sont très attaché·es à la notion de classe sociale [...] Un pays à ce point obsédé par la notion de classe... ».
C’est difficile à croire pour un pays souvent décrit comme "libéral", mais, par contraste, j’ai mieux compris ce qu’était notre modèle de mérite républicain, si imparfait soit-il.