• [^] # Re: Trouvé sur le net

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Luttes antiracistes : le renouveau par les femmes - Mediapart (vidéo, 10 min). Évalué à -3. Dernière modification le 09 juin 2020 à 14:16.

    Comment diviser pour régner ?
    Une bonne technique psychologique pour créer du conflit entre deux groupes de personnes A et B est la suivante:

    Qu'est-ce que c'est que ce postulat ? Il ne s'agit pas de "créer du conflit" là où il n'y aurait eu jusqu'alors une prétendue neutralité abstraite, apaisée, universelle. Il s'agit, pour des victimes (dont, je l'imagine, l'auteur-e ne fait pas partie) de mettre au jour un conflit qui existe (et, bizarrement, c'est mal reçu parce ceux qui sont "en paix", c'est-à-dire gagnants).

    a/ Réécrire le passé comme l'histoire de l'oppression du groupe A par le groupe B. Le groupe A a toujours été la victime, le groupe B l'oppresseur. Cela crée du ressentiment du groupe A envers le groupe B (un peu comme quand dans un couple, un des deux ressort les "vieux dossiers").

    L'exemple cité n'a aucun rapport avec l'argument qu'il est censé illustrer. Quelle curieuse habitude que de tout individualiser, psychologiser ! Il y a une méprise (et/ou mauvaise foi) récurrente au regard de ces sujets-là, consistant à affirmer que ce qui est passé n'a aucune incidence sur le présent. C'est scientifiquement faux. C'est un fait que, depuis la modernité, l'histoire est marquée par une domination des peuples européens. Il ne s'agit pas d'un sujet de conversation de bistrot, mais d'un sujet structurant, lourd, complexe, qui a façonné les rapports de classe, de race, de nations, sur laquelle se sont bâtis des empires, qui ont déterminé les rapports nord-sud depuis la conquête du Nouveau Monde.

    b/ Faire passer des lois et avoir une couverture médiatique à l’avantage du groupe A et au détriment du groupe B. Invalider par principe tout discours venant d'un membre du groupe B sur ce qui se passe. Cela crée du ressentiment du groupe B envers le groupe A.

    Quelle arrogance, quel mépris ! Les racisé-es seraient donc si stupides qu'ils et elles n'aurait aucune lecture claire des rapports auxquels on les assigne, et seraient la proie d'agitateurs malveillants et manipulateurs. Le "ressentiment" (encore une fois, psychologisation injustifiée des rapports sociaux) n'a pas besoin d'une figure de proue pour exister; on inverse ici le rapport de causalité.

    c/ Expliquer que l’oppression est systémique, ce qui permet de la rendre si diffuse et omniprésente qu’elle ne pourra jamais disparaître.

    Qui a dit qu'elle ne pourrait pas disparaître ? Encore cette manie, méprisante, de considérer que si les dominés se défendent, c'est par goût de l'agitation.
    Pour qui l'auteur-e se prend-il ou elle pour appeler à "dédramatiser" la situation ? Quel dédain !

    Crée de l’injustice en prétendant que seuls les blancs sont racistes, et que le racisme anti blanc n’existe pas

    Le racisme, ce n'est pas une parole, une opinion abstraite que l'on lance au PMU. C'est un rapport social, qui est lourd d'une grande inertie historique. Considérer le contraire (qu'il y a du "racisme anti-blanc"), c'est un luxe de dominant, c'est s'arrêter aux apparences. Il n'y a pas, en Europe, de système social qui écarte les blancs, les ramène à leur couleur, à leur origine, les exclut, les soupçonne. C'est un fait. Les insultes, c'est un sujet annexe, mais ontologiquement différent (et un peu à côté de la plaque).

    en organisant des événements interdits aux blancs

    Le privilège des dominants, c'est entre autres qu'ils n'ont pas besoin d'interdire formellement l'accès à certains espaces, les lois sociales s'en chargent.

    Quant à la question du mérite, quelle blague. Quel hasard que les "méritants" soit aussi ceux qui ont, le plus souvent, la bonne couleur de peau, et sont bien nés, c'est fou !