La démagogie ne s'oppose pas au populisme. On peut être l'un et l'autre.
Mais la démagogie a de ça qu'on flatte le peuple en lui disant ce qu'il veut entendre sans avoir recours à l'argument, ou alors de manière simpliste. Ce n'est pas une doctrine politique en soi. C'est un moyen de contrôle de l'opinion.
Le populisme lui s'inscrit nécessairement dans l'opposition entre le peuple et l'élite mais c'est une vision politique argumentée. Les populistes rejettent en général la démocratie représentative, prétextant que les représentants sont déconnectés de la réalité des citoyens et ne répondent aujourd'hui pas de leurs erreurs devant les citoyens pendant leur exercice. Par exemple : les populistes les plus modérés demandent à pouvoir révoquer les mandats des élus à tout moment. Les plus extrémistes, demandent à supprimer tous représentants et à laisser le peuple exercer lui-même le pouvoir (le RIC est populiste, les référendums sont populistes). Le populisme est simplement le rejet de l'élite. Parfois réel, on parle alors de populisme de gauche, parfois non, on parle alors de populisme de droite. En ça, le populisme de droite peut se rapprocher de la démagogie.
La plupart des libéraux d'aujourd'hui sont opposés au populisme et sont pourtant parfois des démagogues. Quand Macron dit qu'il faut sauver l'hôpital public, c'est démagogue, il flatte le peuple. Mais derrière il en accéléré la privatisation. Macron n'est pas populiste puisqu'il ne fait pas cette critique de l'élite, il a même plutôt tendance à encenser.
La démagogie a une notion de mensonge, de manipulation que n'a pas le populisme (de gauche). Mais surtout la démagogie peut s'appliquer dans d'autres contextes que l'opposition du peuple aux élites comme montré dans l'exemple précédent.
Alors oui, aujourd'hui les libéraux ont fourvoyé le sens original du populisme et s'en servent de manière péjorative dans le sens de la démagogie. Ca n'a rien d'étonnant, le populisme est formé de la racine "peuple" et les libéraux ont tendance à ne pas aimer ce qui vient du peuple. Le peuple c'est sale, le peuple c'est con. On le voit bien dans leurs actions d'ailleurs : aujourd'hui les oligarques libéraux vivent parqués loin du peuple.
Ainsi, quand Ruffin se revendique populiste, il a raison. Il est en permanence dans l'opposition entre le peuple et l'oligarchie. Mais il n'est pas démagogue, il argumente longuement sur les méfaits de celle-ci dans notre société et essaye d'y apporter des solutions. On a le droit de ne pas être d'accord avec lui, mais il n'est pas dans la démarche de flatter le peuple. Être démagogue serait de proposer de les pendre par exemple, c'est simpliste et ça fait plaisir au peuple. (et si on en vient à parler de Robespierre et de sa guillotine, le sujet est BEAUCOUP plus complexe que ça, il n'a jamais été pour le régime de la Terreur mais il a du s'y conformer à la fois pour flatter le peuple, pour contenter certains groupes politiques mais également pour éliminer des adversaires politiques... Il a cependant du éliminer des amis aussi...)
J'espère avoir été un peu plus exhaustif ici...
La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.
[^] # Re: Inefficace ?
Posté par Nibel . En réponse au journal StopCovid : inefficace, dangereux, totalitaire. Évalué à 2. Dernière modification le 31 mai 2020 à 00:07.
La démagogie ne s'oppose pas au populisme. On peut être l'un et l'autre.
Mais la démagogie a de ça qu'on flatte le peuple en lui disant ce qu'il veut entendre sans avoir recours à l'argument, ou alors de manière simpliste. Ce n'est pas une doctrine politique en soi. C'est un moyen de contrôle de l'opinion.
Le populisme lui s'inscrit nécessairement dans l'opposition entre le peuple et l'élite mais c'est une vision politique argumentée. Les populistes rejettent en général la démocratie représentative, prétextant que les représentants sont déconnectés de la réalité des citoyens et ne répondent aujourd'hui pas de leurs erreurs devant les citoyens pendant leur exercice. Par exemple : les populistes les plus modérés demandent à pouvoir révoquer les mandats des élus à tout moment. Les plus extrémistes, demandent à supprimer tous représentants et à laisser le peuple exercer lui-même le pouvoir (le RIC est populiste, les référendums sont populistes). Le populisme est simplement le rejet de l'élite. Parfois réel, on parle alors de populisme de gauche, parfois non, on parle alors de populisme de droite. En ça, le populisme de droite peut se rapprocher de la démagogie.
La plupart des libéraux d'aujourd'hui sont opposés au populisme et sont pourtant parfois des démagogues. Quand Macron dit qu'il faut sauver l'hôpital public, c'est démagogue, il flatte le peuple. Mais derrière il en accéléré la privatisation. Macron n'est pas populiste puisqu'il ne fait pas cette critique de l'élite, il a même plutôt tendance à encenser.
La démagogie a une notion de mensonge, de manipulation que n'a pas le populisme (de gauche). Mais surtout la démagogie peut s'appliquer dans d'autres contextes que l'opposition du peuple aux élites comme montré dans l'exemple précédent.
Alors oui, aujourd'hui les libéraux ont fourvoyé le sens original du populisme et s'en servent de manière péjorative dans le sens de la démagogie. Ca n'a rien d'étonnant, le populisme est formé de la racine "peuple" et les libéraux ont tendance à ne pas aimer ce qui vient du peuple. Le peuple c'est sale, le peuple c'est con. On le voit bien dans leurs actions d'ailleurs : aujourd'hui les oligarques libéraux vivent parqués loin du peuple.
Ainsi, quand Ruffin se revendique populiste, il a raison. Il est en permanence dans l'opposition entre le peuple et l'oligarchie. Mais il n'est pas démagogue, il argumente longuement sur les méfaits de celle-ci dans notre société et essaye d'y apporter des solutions. On a le droit de ne pas être d'accord avec lui, mais il n'est pas dans la démarche de flatter le peuple. Être démagogue serait de proposer de les pendre par exemple, c'est simpliste et ça fait plaisir au peuple. (et si on en vient à parler de Robespierre et de sa guillotine, le sujet est BEAUCOUP plus complexe que ça, il n'a jamais été pour le régime de la Terreur mais il a du s'y conformer à la fois pour flatter le peuple, pour contenter certains groupes politiques mais également pour éliminer des adversaires politiques... Il a cependant du éliminer des amis aussi...)
J'espère avoir été un peu plus exhaustif ici...
La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.