Pas de chance pour toi, c'est déjà possible. Et ça montre que ce n'est pas ce que les gens veulent. En effet, avec RSA+APL, tu peux avoir tout ça. Juste pas la où tu veux (non, ça ne sera pas au centre de Paris), et en pratique les gens ne veulent pas bouger (à raison ou à tort, ce n'est pas le sujet, je parle de faits ici).
Petit aparté, tu remarqueras que je n’ai pas parlé du logement dans le "quota de base", car les problématiques sont différentes de la consommation mensuelle et ils serait intéressant d’en parler mais dans une autre discussion.
Non, si je touche RSA+APL, je peux tout dépenser dans des fast-food américains, c’est filer « un pognon de dingue » à des multi-nationales (mais c’est valable aussi pour les autres entreprises agro-alimentaires) avec un retour très faible dans le pays (quelques emplois déclarés, un peu d’impôt sur l’entreprise mais beaucoup d’argent ira dans des sous-traitant peu enclin à s’approprier les problématiques sociales ou environnementales ou même dans l’évasion fiscale).
Là, je parlais plutôt de donner directement des biens, pas de l’argent. La différence ? C’est que l’État (ou un autre échelon : département, région...) qui choisirait les acteurs avec un cahier des charges social et environnemental. Par exemple : fournir tel département en fruits/légumes/viande/produits alimentaires produits par des entreprises, coopératives, associations qui produit tout localement et avec des exigences qualitatives ou environnementales (AB, élevage et abattage local, pas de hors-sol, pas de ferme 100 vaches, prix minimums, etc).
La différence c’est que l’État, au lieu de laisser faire le marché (au nom de la sacro-sainte doctrine ultra-libérale) orienterait l’économie des produits dits "essentiels" uniquement. Ça change beaucoup de choses (voir infra).
J’entends ton point de vue, on pourrait trouver un juste milieu avec l’utilisation de monnaies locales officielles à l’usage circonscrit à ces dépenses de base. On resterait dans l’idée d’avoir un effet au niveau local avec la liberté de choix que tu demandes.
le revenu universel c'est 30 € gratuit pour que tu payes 30 € internet, voila; par contre, ça laisse la liberté de choisir autre chose, ou un autre FAI, donc ce que tu proposes c'est surtout d'avoir un "fournisseur de référence", et économiquement... on connaît le massacre).
D’accord, demain SFR fait une hausse de ses tarifs et passe à 38€ contre un service à la con. Tu protestes, tu résilies mais tu réalises que plus aucun concurrent ne propose de forfait à 30,ドル tu fais quoi ? Tu augmentes le revenus de tous les citoyens de 5€ ? Et la prochaine fois ? Et au fait, les assurances, etc, etc.
Après j’ai parlé d’une entreprise publique. Tu penses tout de suite à France Telecom, à ses prix prohibitifs avant l’ouverture à la concurrence comme contre-exemple et tu as raison mais n’oublions pas que ce monopole d’État avait une mission de service publique, cela a permis de relier toute la France au téléphone (à l’époque). Si on avait confié ça à des entreprises privées, on serait dans le même schéma qu’aujourd’hui : la fibre pour les grands centres urbains et du cuivre 56k pour les campagnes ? De l’eau potable dans ces grandes métropoles et rien pour les ruraux car investissements trop chers ? Idem pour les égouts ? et le traitement des ordures ? On voit bien avec le système actuel que le gendarme des Télécom est impuissants (ou si peu) à contraindre les FAI malgré leurs belles promesses et que ceux-ci préfèrent développer la 5G alors que certains n’ont même pas la 3G ou l’ADSL.
Cependant, on peut trouver des compromis mais je reste persuadé que les infrastructures (conduites d’eau, lignes xDSL, fibres, routes, lignes électriques, etc.) devraient être à la charge de l’État et gérées et planifiées par lui. Que celui-ci les exploite directement (via une entreprise) ou les loue à des entreprises privées contre un loyer et l’obligation de fournir un forfait de base.
On pourrait tout aussi bien imaginer un marché avec plusieurs fournisseurs ayant l’obligation de fournir des contrats "essentiels" payables avec un chèque-télécom remis à chaque Français au titre du revenu-universel ou des « besoins essentiels gratuits ». Et un surplus (hors-quota de base) au frais du l’utilisateur. Mais là tu perds le côté investissement stratégique de long-terme et là ça tourne usine à gaz je trouve.
Tu ne peux pas faire confiance à une entreprise privée pour jouer le jeu sur le long-terme car la course à la rentabilité (surtout dans le capitalisme financier issus des 80s) entre en opposition avec une gestion à long-terme de besoins essentiels.
On serait surtout dans le copinage comme en RDA. Spoiler : les copains avaient les beaux apparts, les pas copains avaient des merdes.
Je ne parle pas du logement. Et il est évident qu’un système tel que celui dont je te parle, pour qu’il soit déjà mis en place et soit opérationnel, suppose un renouveau démocratique et un système de prise de décision et de contrôle autrement plus contraignant que ce qu’on a aujourd’hui. Et surtout une confiance en la politique qui est plus qu’érodé en ces temps. Je crois que notre système démocratique est, aujourd’hui, en aussi bon état que notre système de répartition des richesses.
[^] # Re: Le revenu universel ? Pas convaincu
Posté par PS12r . En réponse au journal Covid le rouge. Évalué à 10.
Petit aparté, tu remarqueras que je n’ai pas parlé du logement dans le "quota de base", car les problématiques sont différentes de la consommation mensuelle et ils serait intéressant d’en parler mais dans une autre discussion.
Non, si je touche RSA+APL, je peux tout dépenser dans des fast-food américains, c’est filer « un pognon de dingue » à des multi-nationales (mais c’est valable aussi pour les autres entreprises agro-alimentaires) avec un retour très faible dans le pays (quelques emplois déclarés, un peu d’impôt sur l’entreprise mais beaucoup d’argent ira dans des sous-traitant peu enclin à s’approprier les problématiques sociales ou environnementales ou même dans l’évasion fiscale).
Là, je parlais plutôt de donner directement des biens, pas de l’argent. La différence ? C’est que l’État (ou un autre échelon : département, région...) qui choisirait les acteurs avec un cahier des charges social et environnemental. Par exemple : fournir tel département en fruits/légumes/viande/produits alimentaires produits par des entreprises, coopératives, associations qui produit tout localement et avec des exigences qualitatives ou environnementales (AB, élevage et abattage local, pas de hors-sol, pas de ferme 100 vaches, prix minimums, etc).
La différence c’est que l’État, au lieu de laisser faire le marché (au nom de la sacro-sainte doctrine ultra-libérale) orienterait l’économie des produits dits "essentiels" uniquement. Ça change beaucoup de choses (voir infra).
J’entends ton point de vue, on pourrait trouver un juste milieu avec l’utilisation de monnaies locales officielles à l’usage circonscrit à ces dépenses de base. On resterait dans l’idée d’avoir un effet au niveau local avec la liberté de choix que tu demandes.
Après j’ai parlé d’une entreprise publique. Tu penses tout de suite à France Telecom, à ses prix prohibitifs avant l’ouverture à la concurrence comme contre-exemple et tu as raison mais n’oublions pas que ce monopole d’État avait une mission de service publique, cela a permis de relier toute la France au téléphone (à l’époque). Si on avait confié ça à des entreprises privées, on serait dans le même schéma qu’aujourd’hui : la fibre pour les grands centres urbains et du cuivre 56k pour les campagnes ? De l’eau potable dans ces grandes métropoles et rien pour les ruraux car investissements trop chers ? Idem pour les égouts ? et le traitement des ordures ? On voit bien avec le système actuel que le gendarme des Télécom est impuissants (ou si peu) à contraindre les FAI malgré leurs belles promesses et que ceux-ci préfèrent développer la 5G alors que certains n’ont même pas la 3G ou l’ADSL.
Cependant, on peut trouver des compromis mais je reste persuadé que les infrastructures (conduites d’eau, lignes xDSL, fibres, routes, lignes électriques, etc.) devraient être à la charge de l’État et gérées et planifiées par lui. Que celui-ci les exploite directement (via une entreprise) ou les loue à des entreprises privées contre un loyer et l’obligation de fournir un forfait de base.
On pourrait tout aussi bien imaginer un marché avec plusieurs fournisseurs ayant l’obligation de fournir des contrats "essentiels" payables avec un chèque-télécom remis à chaque Français au titre du revenu-universel ou des « besoins essentiels gratuits ». Et un surplus (hors-quota de base) au frais du l’utilisateur. Mais là tu perds le côté investissement stratégique de long-terme et là ça tourne usine à gaz je trouve.
Tu ne peux pas faire confiance à une entreprise privée pour jouer le jeu sur le long-terme car la course à la rentabilité (surtout dans le capitalisme financier issus des 80s) entre en opposition avec une gestion à long-terme de besoins essentiels.
Je ne parle pas du logement. Et il est évident qu’un système tel que celui dont je te parle, pour qu’il soit déjà mis en place et soit opérationnel, suppose un renouveau démocratique et un système de prise de décision et de contrôle autrement plus contraignant que ce qu’on a aujourd’hui. Et surtout une confiance en la politique qui est plus qu’érodé en ces temps. Je crois que notre système démocratique est, aujourd’hui, en aussi bon état que notre système de répartition des richesses.