• [^] # Re: Bon ça va 5 minutes

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Apple et Google main dans la main (le temps d'une pandémie). Évalué à 8. Dernière modification le 13 avril 2020 à 13:50.

    Je pense que vous manquez cruellement de recul sur ce qu'est être malade, avec une maladie lourde et chronique. Et en quoi informatiser peut aider grandement ces malades. Je parle en étant concerné.

    Personnellement je dois consulter 5 médecins différents par an pour différentes spécialités. Me balader avec mes résultats biologiques partout, au risque d'en oublier, de même pour l'évolution des symptômes tout ça. C'est non seulement pénible, mais le moindre oubli peut rendre le rendez-vous inutile. Or certains spécialistes tu dois attendre 6 mois pour obtenir un rendez-vous donc tu préfères que ce soit exhaustif. Je suis bien content qu'ils puissent accéder à ces résultats à distance et consulter les valeurs qui les intéresse. Et facilement envoyer des mots à leur collègue pour dire d'évaluer telle ou telle fonction la prochaine fois. Car oui certaines maladies imposent une approche multidisciplinaire.

    Et si jamais je dois être pris en charge par un hôpital pour une urgence, ils ont aussi accès à ces données et peuvent prendre dès le départ les bonnes mesures. On gagne du temps, ça sauve des vies. Et si je change de médecin pour X raisons, il aura accès à cet historique complet aussi ce qui est important.

    Il ne faut pas se leurrer, si l'État n'avait pas un tel système de santé centralisé (d'ailleurs, je peux refuser d'y souscrire mais j'ai fait le choix d'y adhérer), les médecins s'enverraient entre eux par Whatsapp ou courriel non chiffré des données sensibles donc finalement ce serait peut être pire... D'ailleurs il semble qu'en France ce soit une pratique courante faute de système centralisé. C'est une faute professionnelle mais les médecins veulent faire leur travail proprement et d'une certaine façon on les y empêche.

    Et je ne parle pas du suivi, on a des appareils pour monitorer certaines choses comme la glycémie, pour le médecin et le patient ça change la vie dans le bon sens. Ce n'est pas un détail. Mais cela nécessite bien sûr d'avoir accès à beaucoup d'informations sensibles. La bonne réponse n'est pas de ne pas disposer de ces données, mais de faire en sorte que seules certaines personnes y aient accès avec le consentement du patient. Sans compter le potentiel pour la recherche scientifique qui progresse aussi grâce à ces données.

    Ce n'est pas un sujet simple, et il y a beaucoup à faire encore pour améliorer le respect de la vie privée en améliorant le service médical. Mais dire que il ne faut jamais stocker de telles données est vraiment trop grossier et n'est pas satisfaisant du tout. C'est acceptable quand tu as des maladies légères et épisodiques, pas quand ton passé médical tient littéralement dans plusieurs classeurs.

    Ensuite, pour la téléconsultation, personne ne prétend que toute consultation deviendrait une téléconsultation. Tout comme le télétravail ne remplacera jamais totalement le travail sur site. Mais un mix des deux est appréciable pour éviter de déplacer inutilement des patients (alors que certains ont d'ailleurs du mal à se déplacer).

    Dans mes rendez-vous annuels, certains sont juste pour interpréter un bilan sanguin, poser des questions à ce sujet ou donner des symptômes que le médecin ne pourra pas mesurer lui même (ou sans un rendez-vous supplémentaire). Parfois c'est juste pour renouveler une ordonnance du traitement chronique. Est-ce que venir sur place et avoir le médecin de visu est utile à chaque fois ? Non. Mais bien sûr certains rendez-vous nécessitent d'aller sur place, c'est évident...

    Il ne faut pas exagérer le but de la téléconsultation qui n'est qu'une aide dans certains cas pour le patient et le médecin, pas pour devenir exclusif.