• [^] # Re: Ce n'est (toujours) pas un complot...

    Posté par . En réponse au journal [Covid-19] Une euthanasie déguisée des personnes les plus âgées ?. Évalué à 1.

    Ici, c'est pareil, si les ressources ne sont pas suffisantes, on essaye de consacrer ces ressources à ceux qui ont le plus de chance de s'en sortir à la fin. Cela n'a rien de scandaleux, ni contre le fameux serment d'Hippocrate...

    Ca n'a rien de scandaleux si tu es utilitariste. Et nous les sommes tous dans une certaine mesure. Mais justement, je peux te donner des cas où ton raisonnement utilitariste va être mis à mal par ta propre morale, et pour ça je te renvoie vers une vidéo de Monsieur Phi et Science4All :
    https://www.youtube.com/watch?v=AZBDMN5wZ-8

    Et tu te rendras compte que ce qui te semblait évident au départ va finalement te paraître contradictoire avec ta morale.

    Je ne vais pas les paraphraser pour le coup mais on voit rapidement la limite du raisonnement utilitariste.

    Une liste d'attente pour les receveurs d'organe n'est qu'une liste utilitariste. Mais est-il moralement plus acceptable de sauver le premier venu ou celui qui a le plus de chance d'avoir de longues années devant soi ? Visiblement toi tu as ta réponse, moi je ne suis pas aussi catégorique. A vrai dire, je n'arrive pas à savoir à quel moment il est moralement acceptable de sauver l'un ou l'autre. Nous avons tous le droit à la vie et il faut quand même être bien prétentieux pour affirmer "lui il a le droit de vivre et pas lui".

    Je suis bien conscient qu'il y a des limites matérielles et humaines. Mais je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on doive obligatoirement fournir les soins en priorité à ceux qui ont le plus de chance de survie. Ce n'est pas moralement acceptable (pas plus que de soigner le premier venu, pas plus que de soigner le plus riche etc...). Tu vas me répondre : on fait comment alors ? Utopiquement, je te répondrai qu'on met tous les moyens en places pour 1/ minimiser le nombre de malades (on ne l'a pas fait, voir Corée du Sud ou Vietnam pour de bons exemples en la matière), 2/ fournir sans compter les équipements et le personnel nécessaires (on ne l'a pas fait, par contre on a tout fait pour sauver les entreprises).

    Est-ce que toi tu acceptes de mettre fin à ta vie parce que Jonathan, que tu ne connais ni en blanc, ni en noir, devrait vivre 30 ans de plus que toi ? Si ça se trouve, demain il aura un accident de voiture. On aura sacrifié ta vie pour en sauver une très succinctement. C'est con. On pouvait pas savoir mais pourtant, c'est bien sur une probabilité qu'on a joué ta vie.

    Oui, car globalement ces scandales ont eu lieu car les médecins n'avaient pas touts les cartes en main et ont prescrit de la merde sans le savoir.

    La Dépakine, on a les données publiques depuis 2011 comme quoi c'est un médicament dangereux. La Dépakine est toujours disponible et prescriptible. Il y a bien des médecins qui en ont prescris en ayant toutes les données pour savoir que c'était dangereux. Pourquoi ? Ils voulaient tuer les gens ? Ils ont fait ça pour les beaux yeux des dirigeants ? Non, il ne faut pas oublier que des médecins ont des contrats avec des grands groupes, des pharmaciens... Ils avaient les cartes en mains, ils savaient. Ce n'est donc pas vrai ce que tu affirmes.

    Affaire du sang contaminé, l'Etat est au courant en 1981, il ne commence à prendre les premières mesurettes qu'en 1984 et le sang contaminé continuera d'être transfusé jusqu'en 1991. 10 ans. L'Etat avait les cartes en main pour arrêter le scandale, il ne l'a pas fait. Ce n'est donc pas vrai ce que tu affirmes.

    Le Médiator, ça fait depuis 1997 qu'on est au courant de ses risques (une première étude avait été faite en 1997 par la revue Prescrire démontrant qu'il posait des problèmes cardiovasculaires). On a attendu 2009 pour le retirer, en attendant des médecins en ont prescris pendant 12 ans. Ils avaient les cartes en mains, ils avaient les moyens de savoir. Ce n'est donc pas vrai ce que tu affirmes.

    Je peux continuer avec tous les scandales sanitaires, ils se ressemblent tous : les preuves apparaissent, il ne se passe rien tant que les citoyens ne portent pas plainte, les stocks continuent d'être écoulés et les médecins continuent de prescrire.

    Désolé mais sur le coup, y a rien de malhonnête à rappeler la vérité : même quand les médecins savent, ça ne les empêche pas de continuer à prescrire (certes pas tous, on est bien d'accord).

    La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.