Tout d'abord, il est visiblement publié sans revue dans le journal de son voisin de paillasse.
Ça s'appelle une publication d'urgence. Pour une publication dans un cycle classique, il faut une revue par les pairs, c'est à dire par des experts en maladies infectieuses contagieuses. Déjà normalement ça prend des jours, mais là en plus les différents experts sur le sujet sont un poil occupé.
Après sur les experts reconnus en ce qui concerne le sujet (maladies infectieuses contagieuses donc) en France il y en a 3 qui bossent à la Pitié Salpêtrière sur un protocole Lopinavir-Ritonavir. Les 5 autres à part le professeur Raoult sont aussi à l'IHU Marseille (le centre hospitalier du professeur Raoult). Donc le papier validé en urgence par le "voisin de paillasse" ça se justifie assez facilement.
Ensuite, outre le faiblesse des échantillons (26 puis 20 personnes dans le groupe test, 14 dans le groupe témoin), il n'y a pas de double aveugle, ni de placebo pour le groupe témoin.
Oui c'est comme ça qu'on fait les premiers tests - sur un échantillon très réduit. C'est comme ça qu'on obtient l'autorisation de faire le test étendu.
L'absence de placebo c'est normal, il n'y a pas d'effet placebo qui affecte la charge virale d'un patient le (patient peut se sentir mieux avec un placebo, mais il garde une charge virale équivalente à celui d'une personne qui ne reçoit pas le placebo)
L'absence de double aveugle est liée au point précédent. Comme on mesure des quantités qualifiées objectivement (charge virale) la capacité des médecins à favoriser tel ou tel type de patient par rapport à un autre est quand même limité. Ceci dit ça aurait été mieux en effet (même si médicalement ça ne sert pas forcément, ça aurait pu permettre de couper court à certaines questions stériles)
Pour finir l'exclusion des 6 personnes. C'est tout à fait normale, l'étude porte sur des personnes infectées récemment, non sur-infectées par des maladies opportunistes. Les 6 personnes exclues de l'étude tombent dans un de ces deux cas, voire les deux. Conserver leurs données aurait faussé le test. De plus même en supposant qu'il ait triché pour améliorer ses résultats, on a quand même 20 personnes sur 26 avec une charge virale minimale au bout de 6 jours au lieu de 20. 77% de réussite du traitement en première approche - ça reste très honorable.
Pour finir, le but de M. Raoult était de reproduire en France le plus vite possible les résultats d'une étude chinoise (avec un petit bonus pour l'utilisation de l'azithromycine en double emploi comme barrière cellulaire et anti-biotique de prévention des maladies pulmonaires opportunistes)
Pour finir, de manière plus anecdotique, le monsieur raconte allègrement n'importe quoi lors d'interview (ça ne remet pas en cause directement son travail, mais bon, ça n'invite pas non plus à la confiance).
Oui enfin le monsieur est quand même considéré comme numéro un mondial sur le sujet par tout le monde sauf la France.
J'ignore pourquoi il annonce qu'une étude sur 20 personnes peut être plus significative qu'une étude sur 10 000 personnes. Je suis sur qu'il a une bonne raison.
Si je devais faire une hypothèse je dirais qu'il s'agit de la perturbation par des facteurs extérieurs. On peut raisonnablement faire le suivi d'une maladie sur 20 à 100 personnes à l'exclusion de tout facteur extérieur. Sur 10 000 c'est plus complexe.
Et on est bien opportuniste puisqu'on sort un livre le 23 mars 2020 titré "Epidémies : vrais dangers et fausses alertes" (et un sous titre avec covid-19 dedans, évidemment).
Ça on peut va pas dire le contraire. Le Professeur Raoult multiplie les brevets, publications et sources de revenus para-médicales. Mais peut-on vraiment lui en vouloir - il a grandement fait avancer la médecine, ne serait-ce qu'au niveau des détections et des diagnostiques. Là ou le gouvernement Hollande fermait 17 500 lits dans les établissements hospitaliers, lui avec ses financements parallèles il en ouvrait 1000 sur la région Aix-Marseille. On peut ne pas aimer le procédé, mais là il y a quand même légitime défense de son pôle.
[^] # Re: Méthodologie à améliorer
Posté par Kaane . En réponse au journal Coronavirus : vers une sortie de crise ?. Évalué à 7.
Ça s'appelle une publication d'urgence. Pour une publication dans un cycle classique, il faut une revue par les pairs, c'est à dire par des experts en maladies infectieuses contagieuses. Déjà normalement ça prend des jours, mais là en plus les différents experts sur le sujet sont un poil occupé.
Après sur les experts reconnus en ce qui concerne le sujet (maladies infectieuses contagieuses donc) en France il y en a 3 qui bossent à la Pitié Salpêtrière sur un protocole Lopinavir-Ritonavir. Les 5 autres à part le professeur Raoult sont aussi à l'IHU Marseille (le centre hospitalier du professeur Raoult). Donc le papier validé en urgence par le "voisin de paillasse" ça se justifie assez facilement.
Oui c'est comme ça qu'on fait les premiers tests - sur un échantillon très réduit. C'est comme ça qu'on obtient l'autorisation de faire le test étendu.
L'absence de placebo c'est normal, il n'y a pas d'effet placebo qui affecte la charge virale d'un patient le (patient peut se sentir mieux avec un placebo, mais il garde une charge virale équivalente à celui d'une personne qui ne reçoit pas le placebo)
L'absence de double aveugle est liée au point précédent. Comme on mesure des quantités qualifiées objectivement (charge virale) la capacité des médecins à favoriser tel ou tel type de patient par rapport à un autre est quand même limité. Ceci dit ça aurait été mieux en effet (même si médicalement ça ne sert pas forcément, ça aurait pu permettre de couper court à certaines questions stériles)
Pour finir l'exclusion des 6 personnes. C'est tout à fait normale, l'étude porte sur des personnes infectées récemment, non sur-infectées par des maladies opportunistes. Les 6 personnes exclues de l'étude tombent dans un de ces deux cas, voire les deux. Conserver leurs données aurait faussé le test. De plus même en supposant qu'il ait triché pour améliorer ses résultats, on a quand même 20 personnes sur 26 avec une charge virale minimale au bout de 6 jours au lieu de 20. 77% de réussite du traitement en première approche - ça reste très honorable.
Pour finir, le but de M. Raoult était de reproduire en France le plus vite possible les résultats d'une étude chinoise (avec un petit bonus pour l'utilisation de l'azithromycine en double emploi comme barrière cellulaire et anti-biotique de prévention des maladies pulmonaires opportunistes)
Oui enfin le monsieur est quand même considéré comme numéro un mondial sur le sujet par tout le monde sauf la France.
J'ignore pourquoi il annonce qu'une étude sur 20 personnes peut être plus significative qu'une étude sur 10 000 personnes. Je suis sur qu'il a une bonne raison.
Si je devais faire une hypothèse je dirais qu'il s'agit de la perturbation par des facteurs extérieurs. On peut raisonnablement faire le suivi d'une maladie sur 20 à 100 personnes à l'exclusion de tout facteur extérieur. Sur 10 000 c'est plus complexe.
Ça on peut va pas dire le contraire. Le Professeur Raoult multiplie les brevets, publications et sources de revenus para-médicales. Mais peut-on vraiment lui en vouloir - il a grandement fait avancer la médecine, ne serait-ce qu'au niveau des détections et des diagnostiques. Là ou le gouvernement Hollande fermait 17 500 lits dans les établissements hospitaliers, lui avec ses financements parallèles il en ouvrait 1000 sur la région Aix-Marseille. On peut ne pas aimer le procédé, mais là il y a quand même légitime défense de son pôle.