• [^] # Re: ridicule ....

    Posté par . En réponse au journal Face à l'urgence climatique, plus de mille scientifiques appellent à la désobéissance civile. Évalué à 3. Dernière modification le 16 mars 2020 à 09:03.

    Il y a des scénarios qui envisagent, pour diviser les émissions de gaz à effet de serre par 2, un recours massif à l'énergie nucléaire, associé à de très sérieuses économies d'énergies, et dans de tels scénarios l'énergie nucléaire représenterait bien plus de 4% de l'énergie mondiale. Il n'y a pas d'argument « physique », aujourd'hui, qui pourrait permettre de conclure qu'un tel scénario est impossible.

    Toutes les réponses sont dans la citation de Jean-Marc Jancovici.

    Nico C. écrit « On sait produire de l'énergie décarbonée en masse. ». Comme le dit ta citation de Jean-Marc Jancovici, Nico C. « assimile abusivement présent et futur », aujourd'hui on ne sait pas faire. On pourrait savoir le faire un jour, mais à l'heure d'aujourd'hui non.

    Mais le plus important dans ta citation de Jean-Marc Jancovici est la phrase « un recours massif à l'énergie nucléaire, associé à de très sérieuses économies d'énergies ». Aujourd'hui nous ne faisons pas de très sérieuses économies d'énergies , bien au contraire, nos besoins en énergie n'arrêtent pas de croître tous les ans : en 2017, l'énergie finale consommée dans le monde s'élevait à 9 717 Mtep contre 4 659 Mtep en 1973, en progression de 109 % en 44 ans.

    Jean-Marc Jancovici déclare également « qu'il est évident qu'un nucléaire qui se limite à la fission de l’uranium 235 ne représente pas une marge de manœuvre massive en ce qui concerne sa contribution à la décarbonatation ».

    Donc pour produire de l'énergie nucléaire en masse nous devons remplir deux conditions : nous mettre sérieusement au régime énergétique et faire du nucléaire avec autre chose que l’uranium 235. Deux conditions non remplies aujourd'hui !

    Voir les réponses également les Jean-Marc Jancovici a répondu à vos questions sur le nucléaire.

    Voici l'extrait en rapport :

    Vous avez actuellement dans le monde un nucléaire qui représente entre 10 et 15 % ou 12 % je crois, enfin je ne sais plus enfin dans ces eaux-là de la production électrique. Ce nucléaire là consomme aujourd'hui 70 milles tonnes d'uranium par an. Les réserves connues d'uranium connues représente aujourd'hui au prix auquel on accède à l'uranium, au prix auquel on prend l'uranium sur le marché, cinq millions de tonnes, je vous l'arrondis à sept. Donc on a un siècle pour un parc qui aujourd'hui représente 11 % de la production électrique mondiale. Cela veut dire que si le parc devait ne serait-ce représenter et non pas 11 mais 50 % de la production électrique mondiale, c'est à dire que je vire tout le charbon pour le remplacer par du nucléaire, 40 % de la production électrique mondiale, avec les réserves connues on tient vingt ans. Je rajoute les réserves additionnelles, c'est à dire que je triple les réserves connues qui étaient de cinq millions de tonnes, je les passe à quinze millions, voire à vingt millions, allez, on tient pas vingt ans, on tient cinquante ans, soixante ans ou soixante dix ans. Bref on n'est pas du tout dans les bons ordres de grandeur pour que le nucléaire puisse contribuer durablement à un approvisionnement énergétique, un approvisionnement électrique pour être plus précis, qui aurait ne serait-ce remplacer les centrales à charbon existantes sans parler de l'électrification en plus des transports et de ceci et de cela. Alors je rassure les amoureux des énergies renouvelables on y arrivera encore moins avec les ENR. Mais il est évident que, d'où le premier couplet sur cet intervention qui est de toute façon on n'échappera pas à la mise au régime et la question est de savoir si on va savoir organiser ça de manière organisée pas trop douloureuse sympathique etc, et la notion de parachute ventral. Mais si j'en reviens à ma question des réserves, il est évident qu'un nucléaire qui se limite à la fission de l’uranium 235 ne représente pas une marge de manœuvre massive en ce qui concerne sa contribution à la décarbonatation.