Le gouvernement a misé sa tête en procédant ainsi, si le Parlement était contre la manœuvre, elle pouvait le faire tomber
Le gouvernement n'a pris absolument aucun risque. M. Philippe savait très bien que sa majorité ferait passer le texte, rejetterait tout ce qui n'irait pas dans son sens. Il savait aussi parfaitement qu'aucune motion de censure ne pouvait aboutir.
En revanche il a pris un risque politique de se voir évincer lors des prochaines élections législatives et aussi de l'élection qui les précède (puisque malheureusement l'amendement GDR/CRCE pour la modification de la Constitution permettant la suppression de l'élection présidentielle au suffrage universel à deux tours octroyant les pleins pouvoir à une seule personne, a été balayé d'un revers de la main le 4 août 2017 par toutes les autres forces politiques).
Même s'il y a de fortes chances qu'ils se fassent malmener aux prochaines municipales, retardant une implantation locale qui fait défaut au parti au pouvoir, ce n'est pas forcément lié à cette réforme des retraites.
L'opposition a admis vouloir faire un blocage législatif du texte, comme souvent, en spammant d'amendements inutiles. On ne peut pas dire que cette démarche soit démocratique en bloquant le débat.
L'opposition de gauche comme de droite est contre cette réforme, et leur objectif est clairement le retrait du projet. Ils ont utilisé les armes à leur disposition — leur nombre a considérablement chuté par les modifications réglementaires précédentes, et la procédure imposée par le gouvernement. Les amendements n'avaient pas d'autres objectif que la prise de parole pour parler des sujets de fond [1]. La virgule, ou le changement de mot n'étaient qu'un prétexte.
Aussi il faut rappeler que les amendements sont souvent traités par paquet, mais qu'étonnamment cette fois-ci ce ne fut pas le cas. De là à y voir une manœuvre médiatique pour faire parler « d'obstruction » il n'y a qu'un pas que je franchi aisément.
Je vous enjoins à les voir sur le site de l'Assemblée Nationale. L'opposition, de gauche comme de droite, a posé des question, amené des réflexions de haut niveau, auxquelles ni les député-e-s de la majorité, ni le gouvernement n'a pris la peine de répondre soit parce qu'ils sentait bien que l'opposition avait raison, soit par pur mépris (je passe sur l'emblématique « petites connes »).
La démocratie, ce n'est pas que suivre ce qui est décidé par le gouvernement. C'est un combat permanent d'idées. Là il n'y a pas eu le moindre débat:
consultation citoyenne foulée au pied par le rapport Delevoye qui concède que les français-e-s sont attachées à leur système de retraites mais qu'il s'en moque,
négociations où aucune marge de manœuvre n'était acceptée,
procédure accélérée,
commission spéciale des lois dont les travaux n'ont servi à rien,
29 ordonnances dans le texte dont les députés ne connaissent pas le contenu,
des décrets tout aussi inconnus,
le 49.3 après seulement 2 semaines de passage au Parlement sans risque pour la majorité et sur un texte aussi fondamental pour notre modèle social,
et je dois en oublier...
Cette mascarade a commencé il y a 3 ans déjà, en ce moment elle continue avec la fameuse « conférence de financement » qui s'avère être un fiasco, même pour la CFDT qui la souhaitait.
Bref le 31 mars, c'est pas du télétravail qu'il faut faire. C'est la grève. Et la plus massive possible. Non pas parce que le gouvernement va t'écouter, mais parce qu'il prêtera plus probablement l'oreille à ce que dit ton patron qui veut que tu retournes au boulot.
[^] # Re: Qq remarques
Posté par zakharov . En réponse au journal Tous en télétravail le 31 mars. Évalué à 5. Dernière modification le 13 mars 2020 à 14:09.
Le gouvernement n'a pris absolument aucun risque. M. Philippe savait très bien que sa majorité ferait passer le texte, rejetterait tout ce qui n'irait pas dans son sens. Il savait aussi parfaitement qu'aucune motion de censure ne pouvait aboutir.
En revanche il a pris un risque politique de se voir évincer lors des prochaines élections législatives et aussi de l'élection qui les précède (puisque malheureusement l'amendement GDR/CRCE pour la modification de la Constitution permettant la suppression de l'élection présidentielle au suffrage universel à deux tours octroyant les pleins pouvoir à une seule personne, a été balayé d'un revers de la main le 4 août 2017 par toutes les autres forces politiques).
Même s'il y a de fortes chances qu'ils se fassent malmener aux prochaines municipales, retardant une implantation locale qui fait défaut au parti au pouvoir, ce n'est pas forcément lié à cette réforme des retraites.
L'opposition de gauche comme de droite est contre cette réforme, et leur objectif est clairement le retrait du projet. Ils ont utilisé les armes à leur disposition — leur nombre a considérablement chuté par les modifications réglementaires précédentes, et la procédure imposée par le gouvernement. Les amendements n'avaient pas d'autres objectif que la prise de parole pour parler des sujets de fond [1]. La virgule, ou le changement de mot n'étaient qu'un prétexte.
Aussi il faut rappeler que les amendements sont souvent traités par paquet, mais qu'étonnamment cette fois-ci ce ne fut pas le cas. De là à y voir une manœuvre médiatique pour faire parler « d'obstruction » il n'y a qu'un pas que je franchi aisément.
Je vous enjoins à les voir sur le site de l'Assemblée Nationale. L'opposition, de gauche comme de droite, a posé des question, amené des réflexions de haut niveau, auxquelles ni les député-e-s de la majorité, ni le gouvernement n'a pris la peine de répondre soit parce qu'ils sentait bien que l'opposition avait raison, soit par pur mépris (je passe sur l'emblématique « petites connes »).
La démocratie, ce n'est pas que suivre ce qui est décidé par le gouvernement. C'est un combat permanent d'idées. Là il n'y a pas eu le moindre débat:
Cette mascarade a commencé il y a 3 ans déjà, en ce moment elle continue avec la fameuse « conférence de financement » qui s'avère être un fiasco, même pour la CFDT qui la souhaitait.
Bref le 31 mars, c'est pas du télétravail qu'il faut faire. C'est la grève. Et la plus massive possible. Non pas parce que le gouvernement va t'écouter, mais parce qu'il prêtera plus probablement l'oreille à ce que dit ton patron qui veut que tu retournes au boulot.
[1] quelques exemples:
http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/2687/AN/1698
http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/2687/AN/1079
http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/2687/AN/1321