"Argument d'autorité" est le terme utilisé pour ce qui n'est pas un argument, c'est une astuce de rhétorique, une ruse. C'est la définition du truc :-)
Il me semble que ta définition de l'argument d'autorité est trop stricte : on ne peut s'en passer dans les connaissances expérimentales.
Le préjugé qui tient à la considération des personnes. — Lorsque, dans les choses qui reposent sur l’expérience et le témoignage, nous faisons porter notre connaissance sur la considération que nous avons pour d’autres personnes, nous ne tombons pas dans un préjugé ; car, en fait de choses de cette nature, comme nous ne pouvons pas tout connaître par nous-mêmes, ni tout embrasser avec notre entendement propre, nous basons nos jugements sur la considération due aux personnes. — Mais, si nous fondons nos jugements, en fait de connaissances rationnelles, sur la considération que nous accordons aux autres, ces connaissances ne sont pour nous que de véritables préjugés, car les vérités rationnelles valent anonymement ; il n’est pas question de savoir qui est-ce qui a dit cette chose, mais qu’est-ce qu’on a dit. Qu’importe qu’une connaissance soit ou ne soit pas de noble origine ! Et cependant, le penchant à la considération des grands hommes en matière scientifique est très-commun, tant à cause des limites de la pénétration ordinaire, que par le désir d’imiter ce que nous croyons grand. Notre vanité se trouve encore indirectement satisfaite par le respect que nous portons à quelque homme de génie. De même que les sujets d’un despote puissant sont fiers d’être tous traités par lui de la même manière, puisque le plus petit peut, se croire égal au plus grand, tous deux n’étant également rien en présence du pouvoir illimité de leur maître, de même les adorateurs d’un grand homme se jugent égaux, en ce sens que la supériorité qu’ils peuvent avoir les uns sur les autres, considérée quant au mérite de cet homme, est réputée insignifiante.
Lorsque Liorel nous présente le modèle statistique pour évaluer les risques, on est dans le champ de la connaissance pure et rationnelle : nulle personne ne peut faire autorité ; chacun étant aussi proche des sources du savoir que l'auteur (il se trouve dans la commune raison humaine, c'est-à-dire en nous même). En revanche lorsqu'il fournit les données d'entrée du modèle, elles sont le résultat d'observation et de mesures statistiques : c'est l'autorité des auteurs qui fait foi pour qui n'y a pas un accès direct.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Bien vu
Posté par kantien . En réponse au journal Des virus et des hommes. Évalué à 3.
Il me semble que ta définition de l'argument d'autorité est trop stricte : on ne peut s'en passer dans les connaissances expérimentales.
Lorsque Liorel nous présente le modèle statistique pour évaluer les risques, on est dans le champ de la connaissance pure et rationnelle : nulle personne ne peut faire autorité ; chacun étant aussi proche des sources du savoir que l'auteur (il se trouve dans la commune raison humaine, c'est-à-dire en nous même). En revanche lorsqu'il fournit les données d'entrée du modèle, elles sont le résultat d'observation et de mesures statistiques : c'est l'autorité des auteurs qui fait foi pour qui n'y a pas un accès direct.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.