• [^] # Re: la prolifération des pesticides dans nos assiettes

    Posté par . En réponse au journal Débat public sur l'agriculture. Évalué à 9. Dernière modification le 24 février 2020 à 20:16.

    Ce que tu dis est à mon avis incroyablement important. Je ne peux pas le pertinenter assez.

    Sans prétendre être expert, j'ai l'impression que certains procédés rhétoriques peu solides sont employés, par exemple, aussi bien par les climatosceptiques que par ceux qui voudraient interdire les pesticides. Quelques exemples :

    • Présenter que son opinion est la bonne parce que 350 scientifiques ont signés une tribune qui l'affirme. Sauf que parmi ces 350 personnes, 250 ne sont pas scientifiques, 95 ne travaillent pas dans le domaine concerné, et les 5 derniers ont un point de vue minoritaire.
    • Une fois présenté des arguments auxquels on ne peut pas répondre, changer de sujet, ou prétendre qu'on ne fait que poser des questions. "(Après une discussion sur la température moyenne) Comment tu expliques que les modèles climatiques aient tort, alors ?" "(Après une discussion sur les risques de cancer) Nan, mais ce qui est important aussi, c'est la dégradation des sols."
    • Demander des preuves absolues à ceux qui nous contredisent, mais la moindre hypothèse allant dans l'autre sens est immédiatement acceptée. "Comment expliquer un hiver aussi froid s'il y a du réchauffement climatique ? C'est bien que le monde se refroidit." "On n'est pas sûr à 100% que les pesticides ne sont pas dangereux, il faut appliquer le principe de précaution."
    • Affirmer quelque chose sans avoir vérifié si des études existent déjà qui contrediraient l'affirmation. "Le réchauffement climatique c'est à cause du soleil." "L'augmentation du nombre de cancer est due aux pesticides."
    • Accuser les études contredisant ses opinions de conflit d'intérêt, sans avoir le même niveau d'exigence pour les études confirmant ses opinions. "Les climato-alarmistes ne sont là que pour ramasser les subventions du gouvernement. Voici une étude bien plus solide (financée par les pétroliers mais ça on le dit pas)." "Ces études pro-pesticides sont financées par l'industrie agro-alimentaire. Voici une étude bien plus solide (financée par les distributeurs vendant du bio, mais ça on le dit pas)."
    • Dans le point précédent, un conflit d’intérêts peut être remplacée par une hypothèse de conflit d'intérêts ("je parie que c'est bigtruc qui a financé cette étude"). Et on affirme que les autres études qui confirment ses opinions sont plus solides, mais sans le justifier.

    Et dans tous les cas, une mauvaise connaissance de la méthode scientifique et du monde académique.

    Comme je l'ai dit, je ne suis pas expert, peut-être que je me trompe, et mes opinions sont susceptibles de changer (ça s'est déjà produit, à différentes échelles). Peut-être ai-je tort de penser que les pesticides, utilisés conformément aux recommandations des agences sanitaires, ne posent pas de risques important. Peut-être suis-je tombé dans le panneau de mauvais arguments, qui ne sont en aucun cas exclusifs à un côté. Mais ce n'est pas quelqu'un utilisant la rhétorique d'au dessus qui me convaincra.