• [^] # Re: C’est à tout un chacun d’agir en fonction de ses convictions.

    Posté par . En réponse au journal Débat public sur l'agriculture. Évalué à 10.

    Beaucoup de choses ont changé depuis 50 ans, attribuer tous les maux aux pesticides de manière large ce n'est pas raisonnable.

    Ohlala, je n'attribue pas TOUS les maux aux pesticides mais ils sont soupçonnés d'être responsables de certains qui sont tout de même assez graves

    Car si pour nourrir tout le monde sans pesticide il faut déforester pour augmenter la surface agricole

    Bah, je ne pense pas. Certaines techniques alternatives ont des rendements tout à fait intéressants. Et la lutte contre le gaspillage fait partie des directions à explorer (je pense aux légumes calibrés, par exemple). Il faudrait certainement beaucoup plus d'agriculteurs par contre.

    Oui, et c'est pourquoi je ne fais pas confiance en mon instinct sur la question et que je me méfie des solutions simplistes sans prise en compte de tous les éléments.

    Mais moi non plus. Néanmoins, dans beaucoup de cas que je peux lire, le système économique apparaît ombres chinoises dans le décors. On évite de trop le mentionner mais c'est quand même la base de l'édifice.

    Les problèmes environnementaux de ce genre arrive quelque soit le modèle économique de la société. Le communisme productivisme ce n'est pas top.

    Alors non, ce n'est pas vrai. Certaines peuplades avaient des comportement respectueux de leur environnement et n'étaient pas obsédées par la croissance. Je pense par exemple aux cheyennes ou à certaines tribus sud américaines. Sans prétendre que tout était rose dans ces civilisations, elles ne généraient pas de problèmes environnementaux.
    Par ailleurs, je ne suis pas non plus nostalgique du communisme productiviste. Néanmoins, ce n'est pas parce que le communisme productiviste a laissé un souvenir pour le moins mitigé que la critique de notre propre système devient inopportune.

    Le système politico-économique, comme tout sujet ou projet, peut être analysé pour en dégager les avantages et les inconvénients. De cette analyse, on peut essayer de faire ressortir les leviers principaux de ces avantages et inconvénients. Enfin, il peut être judicieux de jouer sur ces leviers pour favoriser les avantages et réduire les inconvénients, surtout si ces inconvénients compromettent l'avenir de l'espèce humaine.
    Pour ma part, dans les inconvénients de notre système, je vois le réchauffement climatique, l'épuisement des ressources, l'effondrement de la bio diversité (peut-être que le communisme productiviste a également ces inconvénients mais ce n'est pas le sujet).
    Parmi les caractéristiques de notre système qui entraînent ces inconvénients, il y a au premier plan la croissance du PIB comme seul étalon de sa santé.
    Cet indicateur n'intégrant ni la destruction de l'environnement, ni le climat (ni les inégalités, ni l'ambiance générale...) mais uniquement l'accroissement de la richesse produite, s'y soumettre ne peut que nous entraîner au désastre.
    Donc, première mesure : changer d'indicateur.

    je me méfie des solutions simplistes sans prise en compte de tous les éléments.

    Une solution qui s'énonce simplement n'est pas nécessairement simpliste. Je pense au contraire que la complexification à l'envi de la présentation du problème permet de masquer les raisons profondes qui prennent racine dans les fondations mêmes de notre système économique.
    Le problème, c'est que les dirigeants (je pense aux politiciens, bien sûr, mais aussi aux grands patrons des multinationales, aux acteurs financiers institutionnels et beaucoup d'autres) ont beaucoup plus à perdre qu'à gagner à repenser le système. Vu qu'ils s'enrichissent de façon démesurée sur ses travers, les supprimer revient à s'auto appauvrir. Du coup, ils freinent des quatre fers en faisant des tas de diversions.

    En accusant "les gens" de vouloir toujours plus et d'être individuellement responsable de la direction du navire, on oublie qu'on est complètement submergé de messages nous invitant à aller dans cette direction. Publicités et autres médias triant attentivement les informations qu'ils publient, discours calibrés par des équipes entières de spécialistes en neurosciences et psychologie qui s'échinent à nous faire comprendre qu'il nous faut le dernier iPhone X, que le SUV est bien mieux que le vélo, qu'on n'est pas très sûr de l'origine humaine du réchauffement, autant de messages matraqués à longueur de temps dans les JT, les pubs, les quotidiens...

    Dédouaner les dirigeants (au sens large), ne pas incriminer les règles du jeu (constitution, accords commerciaux, organisation des taxes et des subventions) pour pointer du doigt le seul "consommateur", ça me paraît facile mais pas très raisonnable.

    Donc on leur supprime le droit de vote aussi car ils ne sont pas en capacité de réfléchir ? Soyons sérieux...

    J'ai dit un truc comme ça ? Soyons sérieux.