• [^] # Re: Bravo

    Posté par . En réponse au journal Un site libre pour de l’art libre : Un Renard en Corée. Évalué à -3.

    Un long argumentaire peu convaincant pour expliquer que les œuvres esthétiques n’ont pas vocation à être modifiées.

    Tu peux me donner le passage où c'est dit ?
    Je ne vois nulle part dans le texte que les modifications ou remixes ne sont pas une bonne chose ou doivent être évitées.
    Le texte dit même:

    there is still great public benefit in creating free-licensed aesthetic works

    Le texte supporte l'idée qu'autoriser le réutilisation des œuvres via des licences libres est une bonne chose.

    mais ça n’empêche pas qu’on puisse vouloir en proposer un arrangement différent, ou l’utiliser dans la bande son d’un film

    Qui dit le contraire ? Le texte ne dit en rien le contraire. Au contraire, le texte dit explicitement qu'on peut faire ça, et qu'on crée alors une nouvelle œuvre, différente de la première, qui ne remplace PAS la première, parce qu'elle ne joue PAS le même role.

    On peut faire des fusions tordues (et esthétiques) entre Doom et psutils, on peut reprendre du code source d’Abiword pour tout usage, pas seulement du traitement de texte.

    Qui dit le contraire ? Le texte ne dit en rien le contraire. Par contre, il dit que si la seule chose qu'on pouvait faire avec un logiciel libre était ça, alors, il n'y aurait pas de distinctions entre logiciel et art. Parce que le logiciel fait des choses que l'art ne fait pas (pas que ce soit une mauvais chose pour l'art, évident, au contraire), alors, il y a une distinction possible entre le logiciel et l'art.

    En gros, le texte prend trois éléments:

    1) on peut remplacer un outil X par un outil Y équivalent (qui fait la même chose) sans que ça change quoi que ce soit. Dans mon logiciel, je peux modifier mon code pour utiliser mysql au lieu de sqlite, et une fois la modification faite, je ne verrais pas la différence.
    Je n'arrive pas à voir un exemple d'art où c'est le cas sans rendre l'œuvre inutile. Dire "si je remplace l'œuvre X par l'œuvre Y sans que mes sensations soient différentes", c'est que X et Y ne sont pas des œuvres d'art ou ne sont pas utilisées comme œuvre d'art.

    2) les œuvres d'art n'ont pas de performances mesurables qui permettent de les classifier, et de définir entre X et Y laquelle est objectivement meilleur dans un contexte donné.
    De nouveau, alors que le benchmarking est la preuve concrète que c'est possible et utile pour le logiciel, si tu me donnes un critère objectif pour définir comment choisir objectivement entre l'art X et l'art Y qui conviennent tout les deux au contexte particulier dans lequel tu te trouves, tu aurais résolu une question ouverte depuis des millénaires.

    3) les œuvres d'art traduisent un message. Le "remix" crée un nouveau message, différent du premier, qui ne rend pas le premier "obsolète".
    Pour un logiciel, la version 2, remix de la version 1, peut rendre la version 1 obsolète. Une œuvre créée par monsieur Durant et remixée par monsieur Dubois ne veut JAMAIS dire que la version Durant est devenue obsolète.
    Après, il existe des logiciels qui traduisent un message, mais la question est: alors qu'il est IMPOSSIBLE pour une œuvre d'être une œuvre si elle ne traduit pas un message, il est possible pour un logiciel d'être un logiciel sans faire ça.

    Ce sont effectivement des arguments qui reviennent couramment (et je sais que je commets une erreur en les remettant sur le tapis, le résultat sera le même que d'habitude). Mais ils n'ont pas été vraiment réfutés. Tu peux dire qu'ils ne te convainquent pas, mais de la même façon, tes contre-arguments ne convainquent pas non plus.
    Surtout quand tu illustres le comportement trop courant dans ce domaine: un caricature sans même lire, donnant des contre-arguments ne s'opposant en rien aux arguments ayant été faits.
    Le débat n'est pas prêt de s'arrêter, donc, puisque les tenants d'une distinction entre l'art et le logiciel n'ont aucune raison de changer leur avis quand en face on a effectivement des personnes irrationelles (c'est un constat objectif: les preuves sont noires sur blanc lorsqu'on compare le vrai contenu du texte et ce que tu prétends qu'est ce contenu).