Pas certain, ce qui met surtout le bazar, c'est l'irruption dans le débat de trop nombreuses opinions non-fondées techniquement, des deux côtés. Sur un sujet plus technique et plus confidentiel, on peut imaginer que les discussions puissent être plus constructives.
Comme d'habitude, ce qui pollue les débats ici, ça va rester le lobbying des industriels, qui vont essayer de déconstruire toute avancée en la présentant comme trop coûteuse, impossible à mettre en place, etc. Et c'est les compromis sur de telles questions qui vont rendre impossible l'application de la loi.
Ceci dit, j'ai des doutes sur les aspects opérationnels des principes de base. Typiquement, la mise à disposition de pièces détachées. Dans les faits, ça va obliger les industriels à fabriquer ces pièces, à les stocker, et à les commercialiser. Comme il va être difficile de prédire la dynamique de ce marché de la réparation, soit on va tomber en panne de pièces, soit il va y en avoir beaucoup trop (et donc, énorme gachis de matières premières, avec des bennes pleines de pièces neuves au bout de 5 ans). Fabriquer ces pièces et les stocker va coûter très cher, si les pièces sont facturées au prix coûtant, elles vont être plus chères que la valeur de l'appareil (et si on ajoute le coût de la réparation par un professionnel...). L'idéal serait de répercuter ce prix sur les appareils neufs, mais quel serait le modèle économique derrière la réparation?
Typiquement, en informatique, il serait idiot d'imposer la mise à disposition de pièces détachées à l'identique. Si tu fais remplacer ta RAM ou ton disque dur au bout de 4 ans, mieux vaut un modèle plus récent qu'une pièce qui a 4 ans.
Au delà de la loi, sans modèle économique, on risque de tout mettre en place pour la réparation sans que personne ne fasse réparer quoi que ce soit.
Une possibilité serait de favoriser l'implantation de commerces de proximité offrant ces services de réparation, en mode "low cost", avec derrière de la débrouille, du recyclage, de l'impression 3D... ça demanderait certainement d'assouplir le droit de brevets et le droit des marques, d'imposer de l'interopérabilité entre les produits de marques différentes, des contrôles pour éviter les terrains vagues remplis de machines qui rouillent... un gros chantier.
[^] # Re: Parallèle avec les retraites
Posté par arnaudus . En réponse au lien HOP : loi anti-gaspillage / création d’un indice de réparabilité obligatoire à partir de 2021. Évalué à 7. Dernière modification le 04 février 2020 à 09:57.
Pas certain, ce qui met surtout le bazar, c'est l'irruption dans le débat de trop nombreuses opinions non-fondées techniquement, des deux côtés. Sur un sujet plus technique et plus confidentiel, on peut imaginer que les discussions puissent être plus constructives.
Comme d'habitude, ce qui pollue les débats ici, ça va rester le lobbying des industriels, qui vont essayer de déconstruire toute avancée en la présentant comme trop coûteuse, impossible à mettre en place, etc. Et c'est les compromis sur de telles questions qui vont rendre impossible l'application de la loi.
Ceci dit, j'ai des doutes sur les aspects opérationnels des principes de base. Typiquement, la mise à disposition de pièces détachées. Dans les faits, ça va obliger les industriels à fabriquer ces pièces, à les stocker, et à les commercialiser. Comme il va être difficile de prédire la dynamique de ce marché de la réparation, soit on va tomber en panne de pièces, soit il va y en avoir beaucoup trop (et donc, énorme gachis de matières premières, avec des bennes pleines de pièces neuves au bout de 5 ans). Fabriquer ces pièces et les stocker va coûter très cher, si les pièces sont facturées au prix coûtant, elles vont être plus chères que la valeur de l'appareil (et si on ajoute le coût de la réparation par un professionnel...). L'idéal serait de répercuter ce prix sur les appareils neufs, mais quel serait le modèle économique derrière la réparation?
Typiquement, en informatique, il serait idiot d'imposer la mise à disposition de pièces détachées à l'identique. Si tu fais remplacer ta RAM ou ton disque dur au bout de 4 ans, mieux vaut un modèle plus récent qu'une pièce qui a 4 ans.
Au delà de la loi, sans modèle économique, on risque de tout mettre en place pour la réparation sans que personne ne fasse réparer quoi que ce soit.
Une possibilité serait de favoriser l'implantation de commerces de proximité offrant ces services de réparation, en mode "low cost", avec derrière de la débrouille, du recyclage, de l'impression 3D... ça demanderait certainement d'assouplir le droit de brevets et le droit des marques, d'imposer de l'interopérabilité entre les produits de marques différentes, des contrôles pour éviter les terrains vagues remplis de machines qui rouillent... un gros chantier.