Mouais, j'ai du mal à détecter une quelconque idéologie libérale dans la réponse du ministère, mais plutôt un abandon argumenté de l'idée de contrôler la chaine logicielle, y compris pour les applications militaires. OK, avec du logiciel libre, tu as le code, mais qui va auditer le code? Entre les applications métier, les logiciels dédiés au matériel militaire, et toute l'administration et les services de communication, il doit y avoir des milliards de lignes de code à auditer, des milliers de logiciels à recompiler et à redistribuer... Sans compter que, pour être tout à fait pragmatique, auditer la chaîne logicielle ne te met pas à l'abri de failles matérielles qui sont encore plus difficiles à auditer, surtout quand la France n'a pas la capacité industrielle de produire ce matériel.
Du coup, la solution du logiciel propriétaire "standard" est un constat d'échec, mais ça serait se voiler les yeux de croire qu'en passant à du logiciel libre la situation serait plus contrôlée du point de vue de la sécurité.
Le reste (passage progressif au logiciel libre, désengagement vis-à-vis des grands industriels de l'informatique...) est le discours ambigü classique des gouvernements successifs, qui se donnent des objectifs idéalistes mais qui ne se donnent pas les moyens de les atteindre, avec en toile de fond l'idée que personne parmi les technocrates décideurs ne comprend réellement les enjeux.
[^] # Re: Sécurité hors de portée
Posté par arnaudus . En réponse au lien Réponse du Ministère des armées à la question écrite sur l'Open bar. Évalué à 8.
Mouais, j'ai du mal à détecter une quelconque idéologie libérale dans la réponse du ministère, mais plutôt un abandon argumenté de l'idée de contrôler la chaine logicielle, y compris pour les applications militaires. OK, avec du logiciel libre, tu as le code, mais qui va auditer le code? Entre les applications métier, les logiciels dédiés au matériel militaire, et toute l'administration et les services de communication, il doit y avoir des milliards de lignes de code à auditer, des milliers de logiciels à recompiler et à redistribuer... Sans compter que, pour être tout à fait pragmatique, auditer la chaîne logicielle ne te met pas à l'abri de failles matérielles qui sont encore plus difficiles à auditer, surtout quand la France n'a pas la capacité industrielle de produire ce matériel.
Du coup, la solution du logiciel propriétaire "standard" est un constat d'échec, mais ça serait se voiler les yeux de croire qu'en passant à du logiciel libre la situation serait plus contrôlée du point de vue de la sécurité.
Le reste (passage progressif au logiciel libre, désengagement vis-à-vis des grands industriels de l'informatique...) est le discours ambigü classique des gouvernements successifs, qui se donnent des objectifs idéalistes mais qui ne se donnent pas les moyens de les atteindre, avec en toile de fond l'idée que personne parmi les technocrates décideurs ne comprend réellement les enjeux.