Ce ne me semble pas incompatible. Techniquement je fais des choses intéressantes au taf dans un milieu dit « devops » (je coche un paquet de mots clés à la mode). Et pourtant, je constate néanmoins des logiciels qui consomment un max de RAM, de bande passante, de l'empaquetage foireux, du pipeau marketing, de requêtes mal optimisées (SQL ou noSQL), chaque commit brûle une forêt en déclenchant une débauche de tests à tout niveau dans l'intégration continue, etc., bref ce qui est décrit dans ce journal.
Globalement les "valeurs" des personnes ne sont juste pas les mêmes : peut-être qu'avant on privilégiait (plus) l'optimisation des ressources, la compréhension et la maîtrise de l'ensemble, la qualité des spécifications, le coût, etc. que sais-je encore, alors que maintenant on privilégierait (plus) les fonctionnalités, la rapidité de mise sur le marché (TTM), la capacité à tester vite, une forme de pragmatisme (la qualité doit être suffisante parce que les gens continuent d'acheter...), etc. Chacune de ces priorités a des conséquences : tu vas plus vite en réutilisant des dizaines de composants existants, mais tu galères à les gérer, à éviter les trous de sécu, à garantir une certaine qualité et tu empiles des couches auxquelles tu ne comprends plus grand chose ; tu développes plus vite en ayant du code d'infra et des API partout, mais tu gaspilles plus d'argent (forcément avant on t'en donnait moins et t'avais pas la carte de crédit). Tu voulais des spécifications claires et précises pour « bien coder », mais maintenant on se dit agile et on veut que ça bouge vite. Etc., etc. Et forcément des gens se trouvent en décalage avec les valeurs « à la mode »/du moment. Et ça ne veut pas (forcément) non plus dire qu'avant les gens étaient des génies parfaits et que maintenant les gens sont des incultes incompétents. Ça veut plutôt dire qu'il y a eu tellement de changements (ou juste de temps écoulé) que ça a finit par créer des "générations", bref que l'on est devenus les vieux d'autres gens (tout étant étant plus jeunes que les vieux d'avant qui étaient mieux aussi).
[^] # Re: Ce journal, c'est un peu un rond-point...
Posté par Benoît Sibaud (site web personnel) . En réponse au journal Tout cela me fatigue.... Évalué à 10.
Ce ne me semble pas incompatible. Techniquement je fais des choses intéressantes au taf dans un milieu dit « devops » (je coche un paquet de mots clés à la mode). Et pourtant, je constate néanmoins des logiciels qui consomment un max de RAM, de bande passante, de l'empaquetage foireux, du pipeau marketing, de requêtes mal optimisées (SQL ou noSQL), chaque commit brûle une forêt en déclenchant une débauche de tests à tout niveau dans l'intégration continue, etc., bref ce qui est décrit dans ce journal.
Globalement les "valeurs" des personnes ne sont juste pas les mêmes : peut-être qu'avant on privilégiait (plus) l'optimisation des ressources, la compréhension et la maîtrise de l'ensemble, la qualité des spécifications, le coût, etc. que sais-je encore, alors que maintenant on privilégierait (plus) les fonctionnalités, la rapidité de mise sur le marché (TTM), la capacité à tester vite, une forme de pragmatisme (la qualité doit être suffisante parce que les gens continuent d'acheter...), etc. Chacune de ces priorités a des conséquences : tu vas plus vite en réutilisant des dizaines de composants existants, mais tu galères à les gérer, à éviter les trous de sécu, à garantir une certaine qualité et tu empiles des couches auxquelles tu ne comprends plus grand chose ; tu développes plus vite en ayant du code d'infra et des API partout, mais tu gaspilles plus d'argent (forcément avant on t'en donnait moins et t'avais pas la carte de crédit). Tu voulais des spécifications claires et précises pour « bien coder », mais maintenant on se dit agile et on veut que ça bouge vite. Etc., etc. Et forcément des gens se trouvent en décalage avec les valeurs « à la mode »/du moment. Et ça ne veut pas (forcément) non plus dire qu'avant les gens étaient des génies parfaits et que maintenant les gens sont des incultes incompétents. Ça veut plutôt dire qu'il y a eu tellement de changements (ou juste de temps écoulé) que ça a finit par créer des "générations", bref que l'on est devenus les vieux d'autres gens (tout étant étant plus jeunes que les vieux d'avant qui étaient mieux aussi).