Bonjour Strash,
Votre remarque est pertinente et votre exemple est juste.
La remarque de dire que la dette est irremboursable est théoriquement fausse, car il y a une manière de la rembourser : produire une valeur non-monétaire reconnue par la banque prêteuse.
Aussi est-il évident de remarquer que dans un tel système, les possédants à un instant t décident in fine des règles du jeu.
Il manque cependant pour le comprendre un personnage à votre exemple, disons un ours, chargé notamment des recouvrements de créance et servant aussi à dissuader les éventuels apprentis banquiers. Il obéit au renard mais c'est le plus costaud de la bande et il est donc difficile de se soustraire à sa force, du coup tout le monde a un peu peur de lui et le dernier à avoir voulu faire le malin est encore en train de compter ses dents.
Rembourser une dette avec intérêts uniquement avec l'argent créé est effectivement impossible et dans votre exemple, c'est la valeur accordée au travail qui fait toute la différence.
Si une banque X injecte 100€ dans un groupe et attend d'en recevoir 120€ et n'accepte aucune autre forme de valeur, l'équation ne peut jamais totalement se résoudre car il manquera toujours 20€. La résolution de l'équation pourra seulement être repoussée dans le temps par l'introduction d'une nouvelle dette par exemple, et à ce propos, cela ne sera pas nécessairement visible par l'individu seul, car il aura éventuellement pu, à son niveau, rembourser sa dette. C'est le groupe qui est à jamais débiteur tant que la banque ne proposera pas de résoudre l'équation par une valeur non monétaire.
Et c'est exactement ce que beaucoup de libres monnayeurs dénoncent : nous ne décidons pas collectivement des modalités de remboursement et, plus loin, nous ne décidons pas collectivement des modalités de création monétaire (sur dette).
La création monétaire actuelle est totalement arbitraire, décidée en comités en fonction des volontés d'un petit nombre. La nature de ces volontés serait intéressante à discuter mais cela ne concerne pas le principe de la monnaie libre, qui est notamment sur ce sujet de décentraliser le pouvoir de création monétaire de manière uniforme dans le temps et l'espace.
La litanie sur la croissance provient simplement du fait qu'elle est encouragée par les décidants, point. Elle n'est théoriquement pas indispensable au remboursement de la dette, et de fait, ce remboursement sert de prétexte à la croissance et plus généralement d'épée de Damoclès.
De même, la monnaie libre n'empêche pas structurellement l'apparition éventuelle de banques et d'emprunteurs. Si un jour le prix d'une baguette de pain est de 1000DU journaliers, il est évident que l'aspect cocréation monétaire n'aura pas réellement d'impact en termes de pouvoir d'achat et que la monnaie réellement utile sera obtenue par la création de valeur et les emprunts. Cependant, il y a deux différences d'importance :
- l'argent prêtable et remboursable n'est pas créé arbitrairement par les créanciers mais en fonction des modalités de la monnaie libre considérée (formule du dividende universel) et cela favorise une prédictibilité relative de l'économie ;
- le fait que tout un chacun ait sa petite part de pouvoir dans la co-création monétaire constitue en soi un garde-fou au totalitarisme.
Il n'y a pas d'autre innovation socio-économique proposée par la monnaie libre, car le reste concerne les volontés humaines : les codes logiciels choisis autour de la formule du DU, le type d'économie favorisé, les toiles de confiance, les éventuelles modalités d'emprunt, etc.
C'est deux innovations sont cependant considérées suffisamment importantes pour être explorées plus avant et c'est la raison de l'existence de la Ğ1.
[^] # Re: indispensable croissance ?
Posté par Léo . En réponse à la dépêche La Monnaie libre, outil alternatif d’échange. Évalué à 2.
Bonjour Strash,
Votre remarque est pertinente et votre exemple est juste.
La remarque de dire que la dette est irremboursable est théoriquement fausse, car il y a une manière de la rembourser : produire une valeur non-monétaire reconnue par la banque prêteuse.
Aussi est-il évident de remarquer que dans un tel système, les possédants à un instant t décident in fine des règles du jeu.
Il manque cependant pour le comprendre un personnage à votre exemple, disons un ours, chargé notamment des recouvrements de créance et servant aussi à dissuader les éventuels apprentis banquiers. Il obéit au renard mais c'est le plus costaud de la bande et il est donc difficile de se soustraire à sa force, du coup tout le monde a un peu peur de lui et le dernier à avoir voulu faire le malin est encore en train de compter ses dents.
Rembourser une dette avec intérêts uniquement avec l'argent créé est effectivement impossible et dans votre exemple, c'est la valeur accordée au travail qui fait toute la différence.
Si une banque X injecte 100€ dans un groupe et attend d'en recevoir 120€ et n'accepte aucune autre forme de valeur, l'équation ne peut jamais totalement se résoudre car il manquera toujours 20€. La résolution de l'équation pourra seulement être repoussée dans le temps par l'introduction d'une nouvelle dette par exemple, et à ce propos, cela ne sera pas nécessairement visible par l'individu seul, car il aura éventuellement pu, à son niveau, rembourser sa dette. C'est le groupe qui est à jamais débiteur tant que la banque ne proposera pas de résoudre l'équation par une valeur non monétaire.
Et c'est exactement ce que beaucoup de libres monnayeurs dénoncent : nous ne décidons pas collectivement des modalités de remboursement et, plus loin, nous ne décidons pas collectivement des modalités de création monétaire (sur dette).
La création monétaire actuelle est totalement arbitraire, décidée en comités en fonction des volontés d'un petit nombre. La nature de ces volontés serait intéressante à discuter mais cela ne concerne pas le principe de la monnaie libre, qui est notamment sur ce sujet de décentraliser le pouvoir de création monétaire de manière uniforme dans le temps et l'espace.
La litanie sur la croissance provient simplement du fait qu'elle est encouragée par les décidants, point. Elle n'est théoriquement pas indispensable au remboursement de la dette, et de fait, ce remboursement sert de prétexte à la croissance et plus généralement d'épée de Damoclès.
De même, la monnaie libre n'empêche pas structurellement l'apparition éventuelle de banques et d'emprunteurs. Si un jour le prix d'une baguette de pain est de 1000DU journaliers, il est évident que l'aspect cocréation monétaire n'aura pas réellement d'impact en termes de pouvoir d'achat et que la monnaie réellement utile sera obtenue par la création de valeur et les emprunts. Cependant, il y a deux différences d'importance :
- l'argent prêtable et remboursable n'est pas créé arbitrairement par les créanciers mais en fonction des modalités de la monnaie libre considérée (formule du dividende universel) et cela favorise une prédictibilité relative de l'économie ;
- le fait que tout un chacun ait sa petite part de pouvoir dans la co-création monétaire constitue en soi un garde-fou au totalitarisme.
Il n'y a pas d'autre innovation socio-économique proposée par la monnaie libre, car le reste concerne les volontés humaines : les codes logiciels choisis autour de la formule du DU, le type d'économie favorisé, les toiles de confiance, les éventuelles modalités d'emprunt, etc.
C'est deux innovations sont cependant considérées suffisamment importantes pour être explorées plus avant et c'est la raison de l'existence de la Ğ1.