• [^] # Re: linuxfr.gouv.fr

    Posté par . En réponse au journal Le sujet dont tout le monde a envie de parler, mais qu'on n’ose pas.. Évalué à 7. Dernière modification le 09 décembre 2019 à 09:02.

    Là, je suis d'accord avec Nibel sur bien des points. Le mode de scrutin actuel ne permet pas de s'exprimer correctement. Vote blanc ou pas vote blanc.

    • Impossible de faire de différence entre un vote d'adhésion, un vote de rejet, un vote stratégique... Même le vote blanc ou l'abstention ne sont pas très intéressants. Comment distinguer les différentes couleurs de ce vote blanc (rejet de tous, flemme) ? Dès lors, comment mesurer la légitimité réelle du programme d'un candidat ?
    • Deux candidats de tendance relativement proche se handicapent mutuellement. "Ils n'ont qu'à s'associer" entend-on souvent. Je ne suis pas d'accord avec cela. Certes, c'est une option mais je ne vois pas pourquoi le fait de ne pas le faire favoriserait un troisième candidat. Une élection présidentielle mérite que l'on puisse intégrer un peu de nuance dans les programmes.
    • Plusieurs cas de second tour aberrant aux dernières présidentielles (Le Pen au second tour en 2002 = il n'a pas fait plus de voix au second tour et il est très probable que Jospin et Bayrou auraient fait beaucoup mieux et étaient donc plus légitimes que Le Pen ; Bayrou en 2007 qui étaient sondé comme vainqueur au second tour contre tous les autres candidats mais qui n'a pas passé le premier)
    • Les candidats les plus riches sont mieux placés pour gagner (pas riches personnellement mais qui ont le plus de financement pour leur campagne et le plus de soutien médiatique - Cf Macron, financé par Niel et soutenu éhontément par Paris Match)

    Ces points posent un problème majeur : Seuls de très gros candidats soutenus par des partis riches peuvent percer. Pour être riche, il faut être financé par des gens riches et donc, quel que soit le résultat de l'élection, les citoyens du bas de l'échelle ne sont jamais représentés. Ni dans le gouvernement, ni chez les députés, ni dans les mairies autres que les tous petits bleds du fin fond de la campagne.

    Les résultats n'ont donc pas grand chose à voir avec les programmes et les souhaits des citoyens. C'est un peu comme le poker. Le néophyte a l'impression que c'est un jeu de hasard, mais ça ne l'est pas du tout : c'est un jeu de psychologie et de statistiques. Les élections, on croit que c'est un jeu où le citoyen exprime ses opinions mais en fait, c'est un jeu de médias et d'argent.

    On s'étonne de voir plein de monde dans la rue alors que toutes les réformes demandent aux français de base de faire des efforts pendant que les gros poissons empochent la croissance du pays et que les inégalités dans notre pays ne cessent de se creuser depuis au moins 30-40 ans.

    Je pense que si on mettait en place une réforme qui interdit un facteur supérieur à 15 dans les salaires des entreprises entre patron et piou piou, elle serait applaudie des deux mains par beaucoup de salariés (on a dépassé les 400 dans les grosses boîtes).
    Si on interdisait que la croissance du revenu du capital soit supérieure à la croissance du revenu du travail, pareil. Qu'un type comme Arnaud voit son capital grossir de 20 milliard une année et 50 la suivante me laisse assez dubitatif,
    Si on indexait la taxe d'habitation sur le nombre de kilomètres entre l'habitation et le lieu de travail, ça changerait un peu la donne concernant les cadres qui bossent à Paris et qui viennent éjecter les rennais à 30 bornes de leur propre ville en faisant grimper le prix de l'immobilier (gros troll inside, je sais).

    Je m'attends évidemment à ce que de telles mesures soient pointées du doigt comme irréalistes et extrême gaucho mais je m'en fous, ce n'est pas très sérieux. Il est évident que cela ne pourrait pas s'appliquer comme ça et nécessiterait un brin de réflexion supplémentaire (Piketti propose des trucs un peu plus intéressants et approfondis) mais c'est juste pour dire que depuis les années 80, toute réforme rime avec déconstruction des avancées sociales de l'après guerre. Les gens ne sont pas contents. C'est normal.

    Ce qui est sûr, c'est qu'avec le mode de scrutin actuel, cela ne pourra pas arriver, quelle que soit la façon de voter des gens. Ça ne pourra pas arriver parce que notre régime a été construit pour que cela n'arrive pas.