Concernant les rares MOOC que j'ai vus, grosso modo, c'est du cours magistral, ni plus ni moins, même s'il y a de la mise en scène. Bref, c'est une forme d'enseignement vieillie et complètement dépassée habillée des habits neufs de la technologie.
Pourquoi tant de haine envers les cours magistraux? Il s'agit d'une manière éprouvée de transmettre des connaissances qui a fait ses preuves pendant des siècles, je trouve ça assez prétentieux de les écarter d'un revers de la main sous prétexte que c'est une forme d'enseignement ancienne.
Suivre un cours magistral demande en effet un certain nombre de compétences : prise de note, concentration, motivation, travail personnel à côté du cours pour combler les lacunes sur les bases et répondre aux questions de curiosité. Mais le cours magistral reste d'une efficacité redoutable : excellent ratio élèves/maître, grosse densité d'informations, couverture cohérente et exhaustive d'un sujet à chaque cours, accès possible à des enseignants de grande qualité.
J'observe avec pas mal de tristesse un changement de paradigme sur la qualité de l'enseignement ; non seulement mettre l'accent sur la forme dessert forcément le fond (on le voit pas mal sur les fameuses vidéo Youtube, qui sont très distrayantes,fabriquées par des communicants, mais qui contiennent souvent des erreurs ou approximations, et qui ne vont jamais dans le fond des choses ou les détails techniques), mais surtout, on reproche aux enseignants l'incompétence de leur public à faire la seule chose qu'ils sont censés faire en cours : écouter et apprendre. Un cours chiant, ça reste un cours. Pourquoi faudrait-il veiller à satisfaire un public qui ne sait pas s'asseoir et écouter même quand il n'y a pas un rebondissement ou un effet visuel toutes les 30 secondes? Un cours d'amphi, ce n'est pas de la télé réalité, après tout. Cette boulimie de forme amène à des absurdités comme les TED Talks ou les présentations de style «ma thèse en 180 secondes», comme si s'adresser à un public érudit et intéressé était devenu impossible, et que le règne du spectacle avait aussi infecté le monde académique.
Il ne faut pas se le cacher, il y a un risque sérieux qu'une idéologie de classe se profile derrière ça. Aux pauvres (d'esprit) les TED talks et les formations Disney superficielles qui donnent l'impression de connaitre des concepts, afin de réserver la formation réelle (la vraie, avec des formules, des détails, des questions ouvertes) à une "élite" qui occupera les postes qui ne sont pas des bullshit jobs.
[^] # Re: MOOC, pire forme d'éducation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Open Education. Évalué à 10.
Pourquoi tant de haine envers les cours magistraux? Il s'agit d'une manière éprouvée de transmettre des connaissances qui a fait ses preuves pendant des siècles, je trouve ça assez prétentieux de les écarter d'un revers de la main sous prétexte que c'est une forme d'enseignement ancienne.
Suivre un cours magistral demande en effet un certain nombre de compétences : prise de note, concentration, motivation, travail personnel à côté du cours pour combler les lacunes sur les bases et répondre aux questions de curiosité. Mais le cours magistral reste d'une efficacité redoutable : excellent ratio élèves/maître, grosse densité d'informations, couverture cohérente et exhaustive d'un sujet à chaque cours, accès possible à des enseignants de grande qualité.
J'observe avec pas mal de tristesse un changement de paradigme sur la qualité de l'enseignement ; non seulement mettre l'accent sur la forme dessert forcément le fond (on le voit pas mal sur les fameuses vidéo Youtube, qui sont très distrayantes,fabriquées par des communicants, mais qui contiennent souvent des erreurs ou approximations, et qui ne vont jamais dans le fond des choses ou les détails techniques), mais surtout, on reproche aux enseignants l'incompétence de leur public à faire la seule chose qu'ils sont censés faire en cours : écouter et apprendre. Un cours chiant, ça reste un cours. Pourquoi faudrait-il veiller à satisfaire un public qui ne sait pas s'asseoir et écouter même quand il n'y a pas un rebondissement ou un effet visuel toutes les 30 secondes? Un cours d'amphi, ce n'est pas de la télé réalité, après tout. Cette boulimie de forme amène à des absurdités comme les TED Talks ou les présentations de style «ma thèse en 180 secondes», comme si s'adresser à un public érudit et intéressé était devenu impossible, et que le règne du spectacle avait aussi infecté le monde académique.
Il ne faut pas se le cacher, il y a un risque sérieux qu'une idéologie de classe se profile derrière ça. Aux pauvres (d'esprit) les TED talks et les formations Disney superficielles qui donnent l'impression de connaitre des concepts, afin de réserver la formation réelle (la vraie, avec des formules, des détails, des questions ouvertes) à une "élite" qui occupera les postes qui ne sont pas des bullshit jobs.