• [^] # Re: NSI

    Posté par . En réponse à la dépêche Apprentissage de la programmation dans les lycées (SNT/NSI) — la création d’exercices. Évalué à 4.

    Pour le programme, c'est vrai qu'on a un programme très orienté algorithmique. Cela me semble être un bon choix. Il y a certes eu des excés en prépa (langages reconnaissables et autres joyeusetés, fonctionnel beaucoup trop mis en avant à mon sens) mais ça se calme.

    D'un côté, moi j'aimais bien ça à l'époque, mais perso je trouve qu'autant d'algorithmique sans but concret, c'est pas une bonne chose pour la plupart.

    Moi, tout le goût de l'informatique, je l'ai pris en découvrant le libre entre la première et deuxième année de prépas et en faisant des choses sur mon temps libre fin prépas début L3, à peu près dans l'ordre : apprendre Haskell (en période révision concours, hum) pour utiliser parsec et écrire un parseur pour un DSL pour poèmes, découverte de la communauté Haskell (un peu dans les nuages mais un minimum dans le concret), écrire un jeu de pendu, parser les METAR (rapport d'observation météo), utiliser un framework web Haskell, apprendre Perl et écrire des scripts divers pour de petits besoins, découverte de la communauté Perl très pragmatique (OO, fonctionnel, peu leur importe tant que ça marche : gros contraste avec la communauté Haskell), la communauté du libre aussi (bépo, emacs, vim, sh et unix, etc.), lire des blogs, linuxfr etc.

    Le côté social et un aperçu des diverses communautés et leur charme à chacune est quelque chose à mon avis très important, ça donne vie à l'informatique, et j'en ai eu quasiment aucun aperçu pendant les cours (autre à la limite de ce qu'est la communauté informatique académique, mais même ça c'est surtout pendant la thèse). Jamais fait de gros trucs pendant les débuts (pas le temps à l'époque), mais tous ces petits trucs concrets m'ont permis d'associer des souvenirs positifs avec « informatique » malgré le côté totalement abstrait/asocial de l'enseignement reçu à côté. Même plus tard, pendant thèse etc, j'ai ressenti le besoin de faire à côté des trucs concrets à côté (de plus en plus gros), sans quoi j'aurais probablement perdu le goût de l'info. Connaître tout un tas d'algos de graphes, optims compilateur et que sais-je etc. si on arrive pas à utiliser ces connaissances d'une façon qui nous parle... comment dire, pour beaucoup de gens (dont moi), l'intérêt intellectuel en soi des algos n'est pas suffisant pour alimenter la motivation. Et se dire peut-être dans 5-10 ans je l'utiliserai, non plus.

    Il y a aussi le problème fondamental du recrutement : il y a de moins en moins de candidats aux concours d'enseignement et le niveau baisse. Donc il va être à mon avis très difficile de recruter des jeunes profs d'informatique compétents.

    Pas surprenant, en même temps, tant que le système d'affectation, indépendant des compétences, « on t'envoie à l'autre bout de la France, tu pourras peut-être revenir chez toi une fois que t'auras un ou deux enfants et donc plein de points » restera ce qu'il est. Ça attire ceux qui veulent un poste stable peu importe où, plutôt ceux qui ont la vocation, qui ont de bonnes chances d'être suffisamment déçus pour laisser tomber.

    Enfin, pour ceux qui comme toi (si j'ai bien compris) veulent bien enseigner en prépas, c'est un peu plus facile (dossier puis les inspecteurs généraux font ce qu'ils veulent, donc en général ils regardent plutôt les compétences que le nombre d'enfants). Mais pour ça faut aimer l'esprit concours et les grandes villes avec une prépas, et c'est pas dit de trouver un poste dans sa région non plus.