Qu'est-ce qui te permet de juger les nazis différemment des libristes ou n'importe quel autre groupe de la population ?
Ben pour n'importe quelle philosophie, n'importe quel idéal, n'importe quel dogme, ou n'importe quel courant de pensée, il y a deux façons d'envisager le rapport du mouvement à l'extérieur de ce mouvement, de chaque individu participant du mouvement vis-à-vis de ceux qui en sont extérieurs.
Soit c'est vivre et laisser vivre, c'est à dire que ceux qui suivent le mouvement le font pour eux et ceux qui sont d'accord, sans tellement se préoccuper des extérieurs.
Soit c'est si tu n'es pas avec moi tu es contre moi, et on considère que ceux qui n'adhèrent pas portent atteinte au mouvement et doivent être convaincu, converti, changés, éliminés, rejetés, etc.
À l'évidence, des mouvements comme le nazisme ou l'état islamique, ou la manif pour tous, entrent dans la seconde catégorie.
Le mouvement des logiciels libres entre quant-à lui dans la première, tout comme le bouddhisme, le végétarisme, ou le cyclisme.
En d'autres termes : si mon voisin est un nazi, il en veut à mon mode de vie et probablement aussi à ma vie par idéologie, mais si c'est un cycliste, alors que je suis pour ma part un randonneur pédestre, et bien c'est cool et tout va bien.
Alors je suis certain qu'un nazi tolérant, ou un cycliste intégriste existent, et qu'au bout du compte il faut toujours juger chacun indépendamment et se garder des groupes, des cases et des généralités, par contre on peut juger les groupes différemment, ils ne sont pas égaux sur leur principe même.
La différence c'est la tolérance, essentiellement.
Et j'ai peut-être l'air orienté, parce que individuellement tolérant, et peu amateur des gens qui veulent me forcer à penser ou agir de telle ou telle manière, mais la tolérance en toute chose n'est pas obligatoirement un bien.
Par exemple, à un moment dans le futur de l'humanité, « on » risque de devoir contraindre des milliards de gens (dont moi probablement) à changer de mode de vie pour avoir une chance de léguer un bout de Terre vivable à nos descendants. Et ce mouvement ne sera pas très tolérant, non. Et ça va mal se passer, oui. Et peut-être qu'on sauvera ce qui fait que la planète est vivable pour l'être humain grâce à ça. Ou peut-être qu'on trouvera une solution tolérante à ce problème. Ou peut-être que dans 1000 ans l'humanité sera un vague souvenir ayant laissé des cicatrices en bitume sur toutes les terres émergées.
Mais porter un jugement différent entre un groupe qui dit « ben on fait des trucs et tout le monde peut en faire ce qu'il veut tant qu'il respecte une charte assez simple » et un autre qui dit « au vu de certaines de tes caractéristiques de naissance ou de certains de tes propos, je veux que tu crèves la gueule ouverte », oui, on peut, on a le droit, et il est même assez important de faire la différence.
Après, le nazisme c'est toujours le cas extrême un peu trop facile, on peut jouer aujourd'hui avec l'état islamique, c'est à peu près tout aussi noir, paf le point Godwin en une étape, la discussion devient difficile.
Dans la vie tout est gris, et autant on peut trancher sur les cas extrêmes les plus faciles, autant la frontière n'est pas claire du tout, et au contraire très large, très floue.
Donc si on veut une discussion posée et sensée, il ne faut pas faire intervenir le nazisme, ça fausse toujours tout.
Quand Zenitram écrit :
Ce qui est bien avec le "bien", c'est que chacun sait qu'il est du côté du bien. C'est pratique. Dommage que la personne qu'on voudrait contraindre à accepter ses idées pense la même chose.
Il parle de « contraindre à accepter ses idées », et là paf, moi je vois un groupe de la seconde catégorie, un manque de tolérance, et donc une action - à mon sens - faussée.
Et pas du tout dans ce que j'ai - moi - compris de la philosophie du libre.
Mon point de vue sur tout ça est très humaniste : je crois assez en l'humanité pour me dire qu'un logiciel libre sert l'humanité toute entière, le bon comme le mauvais, mais le bon l'emporte en moyenne sur le mauvais, donc au final c'est positif.
Et bigre, c'est vraiment une croyance, parce que quand on voit ce que l'humanité à pu inventer pour se causer du tort à elle-même, il faut vraiment y croire pour... y croire !
Il faut y croire pour qu'au bout du compte on se dise que tant pis si notre code est utile à un état par très humaniste comme la Chine, ou la Corée du Nord, globalement quelque chose de bien en ressortira, et le bilan sera positif.
[^] # Re: Pas satisfait par la réponse
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au journal Du logiciel libre et de la liberté en général. Évalué à 10.
Ben pour n'importe quelle philosophie, n'importe quel idéal, n'importe quel dogme, ou n'importe quel courant de pensée, il y a deux façons d'envisager le rapport du mouvement à l'extérieur de ce mouvement, de chaque individu participant du mouvement vis-à-vis de ceux qui en sont extérieurs.
Soit c'est vivre et laisser vivre, c'est à dire que ceux qui suivent le mouvement le font pour eux et ceux qui sont d'accord, sans tellement se préoccuper des extérieurs.
Soit c'est si tu n'es pas avec moi tu es contre moi, et on considère que ceux qui n'adhèrent pas portent atteinte au mouvement et doivent être convaincu, converti, changés, éliminés, rejetés, etc.
À l'évidence, des mouvements comme le nazisme ou l'état islamique, ou la manif pour tous, entrent dans la seconde catégorie.
Le mouvement des logiciels libres entre quant-à lui dans la première, tout comme le bouddhisme, le végétarisme, ou le cyclisme.
En d'autres termes : si mon voisin est un nazi, il en veut à mon mode de vie et probablement aussi à ma vie par idéologie, mais si c'est un cycliste, alors que je suis pour ma part un randonneur pédestre, et bien c'est cool et tout va bien.
Alors je suis certain qu'un nazi tolérant, ou un cycliste intégriste existent, et qu'au bout du compte il faut toujours juger chacun indépendamment et se garder des groupes, des cases et des généralités, par contre on peut juger les groupes différemment, ils ne sont pas égaux sur leur principe même.
La différence c'est la tolérance, essentiellement.
Et j'ai peut-être l'air orienté, parce que individuellement tolérant, et peu amateur des gens qui veulent me forcer à penser ou agir de telle ou telle manière, mais la tolérance en toute chose n'est pas obligatoirement un bien.
Par exemple, à un moment dans le futur de l'humanité, « on » risque de devoir contraindre des milliards de gens (dont moi probablement) à changer de mode de vie pour avoir une chance de léguer un bout de Terre vivable à nos descendants. Et ce mouvement ne sera pas très tolérant, non. Et ça va mal se passer, oui. Et peut-être qu'on sauvera ce qui fait que la planète est vivable pour l'être humain grâce à ça. Ou peut-être qu'on trouvera une solution tolérante à ce problème. Ou peut-être que dans 1000 ans l'humanité sera un vague souvenir ayant laissé des cicatrices en bitume sur toutes les terres émergées.
Mais porter un jugement différent entre un groupe qui dit « ben on fait des trucs et tout le monde peut en faire ce qu'il veut tant qu'il respecte une charte assez simple » et un autre qui dit « au vu de certaines de tes caractéristiques de naissance ou de certains de tes propos, je veux que tu crèves la gueule ouverte », oui, on peut, on a le droit, et il est même assez important de faire la différence.
Après, le nazisme c'est toujours le cas extrême un peu trop facile, on peut jouer aujourd'hui avec l'état islamique, c'est à peu près tout aussi noir, paf le point Godwin en une étape, la discussion devient difficile.
Dans la vie tout est gris, et autant on peut trancher sur les cas extrêmes les plus faciles, autant la frontière n'est pas claire du tout, et au contraire très large, très floue.
Donc si on veut une discussion posée et sensée, il ne faut pas faire intervenir le nazisme, ça fausse toujours tout.
Quand Zenitram écrit :
Il parle de « contraindre à accepter ses idées », et là paf, moi je vois un groupe de la seconde catégorie, un manque de tolérance, et donc une action - à mon sens - faussée.
Et pas du tout dans ce que j'ai - moi - compris de la philosophie du libre.
Mon point de vue sur tout ça est très humaniste : je crois assez en l'humanité pour me dire qu'un logiciel libre sert l'humanité toute entière, le bon comme le mauvais, mais le bon l'emporte en moyenne sur le mauvais, donc au final c'est positif.
Et bigre, c'est vraiment une croyance, parce que quand on voit ce que l'humanité à pu inventer pour se causer du tort à elle-même, il faut vraiment y croire pour... y croire !
Il faut y croire pour qu'au bout du compte on se dise que tant pis si notre code est utile à un état par très humaniste comme la Chine, ou la Corée du Nord, globalement quelque chose de bien en ressortira, et le bilan sera positif.