Posté par arnaudus .
En réponse au journal Payez vos journaux.
Évalué à 10.
Dernière modification le 25 octobre 2019 à 17:34.
Le problème est que tout travail mérite salaire.
Balivernes. Le problème, c'est qu'il existe des gens qui pensent que «tout travail mérite salaire». Le sens originel de cette maxime est sain; quand tu demandes à quelqu'un de travailler, tu dois le payer pour ça. Mais, pour une raison que j'ai du mal à comprendre (stupidité ou mauvaise foi?), il semble que certains l'interprètent avec les pieds, en pensant qu'on doit se faire payer quand on effectue un travail que personne n'a demandé. C'est absurde, si je creuse un grand trou dans un jardin public, c'est beaucoup de travail, mais personne ne me l'a demandé, de quel droit exigerais-je un salaire?
Le deuxième point, c'est qu'on ne parle pas du tout de salaire, ici. On parle de facturation de services entre entreprises. Le salaire, c'est ce que les entreprises payent à leurs employés. Le fait que les entreprises se facturent des services, ça n'a rien à voir avec des salaires. C'est éventuellement avec ça que les entreprises payent les salaires, mais pas forcément, tout dépend du modèle économique. Typiquement, appliquer d'adage «tout travail mérite salaire» à la distribution du logiciel impliquerait qu'on doive forcément payer le logiciel libre... voire que le logiciel libre devrait être interdit. Je ne dois pas être le seul à penser ici qu'il y a quelque chose qui cloche profondément.
Dans le cas présent, la réaction de Google respecte l'esprit et la lettre de la loi, ça ne me pose aucun problème. Ce qui me pose problème, c'est l'ensemble des patrons de presse qui, dans le fond, ne souhaitent qu'une seule chose : que l'État arrive à trouver les moyens légaux de brancher une pompe à fric sur les comptes de Google pour que cette entreprise leur verse sans contrepartie le pognon qu'ils n'arrivent pas à gagner.
Est-ce que les vendeurs de voiture ont versé une partie de leurs bénéfices aux fabriquants de charettes à cheval? Pourtant, c'est bien parce qu'il y avait des voitures que personne n'achetait plus de charettes. C'est la même chose pour la presse, les journaux sont passés d'une époque où ils maitrisaient complètement leurs canaux de distribution (jusqu'à pouvoir imposer aux marchands de journaux la quantité d'exemplaires à mettre en rayon, y compris pour ceux qui ne vendaient pas un exemplaire) à une époque où ils ont complètement perdu cette maitrise en ayant loupé dans les grandes largeurs le virage d'internet. Bah voila, ils subissent, c'est uniquement leur faute et leur manque de clairvoyance, et pas la faute de Google.
Au final, on peut regretter qu'il existe des activités qui ont le potentiel d'être bénéfiques à la communauté (travail associatif, création artistique ou logicielle, aide familiale...) mais qui n'ont pas le modèle économique qui permet de payer des salaires (on peut penser à l'agriculture ou au journalisme d'investigation). Cet aspect du bénéfice à la communauté peut amener à la rétribution de ces activités par l'État; c'est par exemple le cas de la recherche scientifique. Il faut considérer les inconvénients associés (pilotage et manque d'indépendance, lourdeur et inertie de l'administration publique, charge pour le budget de l'État, évaluation de l'intérêt pour la communauté...). La presse est déja hyper-subventionnée, ils voudraient en plus que leur rôle important pour l'information du public leur donne le droit de toucher une partie des bénéfices de toute entreprise rentable? Ça me semble vraiment malsain.
[^] # Re: Mouais
Posté par arnaudus . En réponse au journal Payez vos journaux. Évalué à 10. Dernière modification le 25 octobre 2019 à 17:34.
Balivernes. Le problème, c'est qu'il existe des gens qui pensent que «tout travail mérite salaire». Le sens originel de cette maxime est sain; quand tu demandes à quelqu'un de travailler, tu dois le payer pour ça. Mais, pour une raison que j'ai du mal à comprendre (stupidité ou mauvaise foi?), il semble que certains l'interprètent avec les pieds, en pensant qu'on doit se faire payer quand on effectue un travail que personne n'a demandé. C'est absurde, si je creuse un grand trou dans un jardin public, c'est beaucoup de travail, mais personne ne me l'a demandé, de quel droit exigerais-je un salaire?
Le deuxième point, c'est qu'on ne parle pas du tout de salaire, ici. On parle de facturation de services entre entreprises. Le salaire, c'est ce que les entreprises payent à leurs employés. Le fait que les entreprises se facturent des services, ça n'a rien à voir avec des salaires. C'est éventuellement avec ça que les entreprises payent les salaires, mais pas forcément, tout dépend du modèle économique. Typiquement, appliquer d'adage «tout travail mérite salaire» à la distribution du logiciel impliquerait qu'on doive forcément payer le logiciel libre... voire que le logiciel libre devrait être interdit. Je ne dois pas être le seul à penser ici qu'il y a quelque chose qui cloche profondément.
Dans le cas présent, la réaction de Google respecte l'esprit et la lettre de la loi, ça ne me pose aucun problème. Ce qui me pose problème, c'est l'ensemble des patrons de presse qui, dans le fond, ne souhaitent qu'une seule chose : que l'État arrive à trouver les moyens légaux de brancher une pompe à fric sur les comptes de Google pour que cette entreprise leur verse sans contrepartie le pognon qu'ils n'arrivent pas à gagner.
Est-ce que les vendeurs de voiture ont versé une partie de leurs bénéfices aux fabriquants de charettes à cheval? Pourtant, c'est bien parce qu'il y avait des voitures que personne n'achetait plus de charettes. C'est la même chose pour la presse, les journaux sont passés d'une époque où ils maitrisaient complètement leurs canaux de distribution (jusqu'à pouvoir imposer aux marchands de journaux la quantité d'exemplaires à mettre en rayon, y compris pour ceux qui ne vendaient pas un exemplaire) à une époque où ils ont complètement perdu cette maitrise en ayant loupé dans les grandes largeurs le virage d'internet. Bah voila, ils subissent, c'est uniquement leur faute et leur manque de clairvoyance, et pas la faute de Google.
Au final, on peut regretter qu'il existe des activités qui ont le potentiel d'être bénéfiques à la communauté (travail associatif, création artistique ou logicielle, aide familiale...) mais qui n'ont pas le modèle économique qui permet de payer des salaires (on peut penser à l'agriculture ou au journalisme d'investigation). Cet aspect du bénéfice à la communauté peut amener à la rétribution de ces activités par l'État; c'est par exemple le cas de la recherche scientifique. Il faut considérer les inconvénients associés (pilotage et manque d'indépendance, lourdeur et inertie de l'administration publique, charge pour le budget de l'État, évaluation de l'intérêt pour la communauté...). La presse est déja hyper-subventionnée, ils voudraient en plus que leur rôle important pour l'information du public leur donne le droit de toucher une partie des bénéfices de toute entreprise rentable? Ça me semble vraiment malsain.