• # Idem

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Changement de carrière.. Évalué à 6.

    Salut,

    Je partage un peu le même avis. Je suis passionné de développement et c'est ce qui m'a fait m'orienter dans cette filière. Je savais plus ou moins déjà un peu coder avant même de commencer mon DUT Informatique. Sans vouloir me vanter, contrairement à d'autres de ma promo je savais faire plus de choses qu'eux et je sais faire + que certains ingénieurs maintenant de mon entourage (je n'ai qu'un bac +3). En réalité c'est juste un effet de bord de la passion : ne jamais arrêter d'apprendre, se remettre toujours en question et s'intéresser. Je me souviens encore d'un ami de ma promotion qui m'a vu coder chez moi et m'a dit « non mais je rêve, tu codes !? ».

    Cependant, en entrant dans le monde du travail en informatique, en 2011 j'ai très vite compris que tout ne serait pas aussi beau, propre et utopique que sur les projets personnels et opensource auxquels je m'intéressais et contribuais. Déjà, il faut travailler la plupart du temps avec d'autres personnes. Ce qui signifie : d'autres manière de penser / développer (pas un mal en soi), esprit d'entreprise qui est de faire le moins possible parce que ça coûte. Mais surtout, travailler avec du legacy.

    Je fais quasiment que du C++ et dans chaque poste que j'ai occupé j'ai toujours été confronté aux mêmes problèmes :

    • syndrôme NIH omniprésent avec comme manière de penser : « on fait mieux, on adapte à nos besoins »
    • bloqué dans le passé : beaucoup de collègues ne souhaitent pas passer au C++ moderne et restent cloitrés en 1990
    • "overengineering" : c'est incroyable la masse de complexité dans le code avec un héritage excessif, un découpage excessif sans aucune valuer
    • la peur d'avancer : rester avec des bases bancales sans les changer car « c'est trop risqué »
    • "feature-creep" : il y a des fonctionnalités que je n'arrive pas à comprendre. Le client veut, on fait. En entreprise on sait rarement dire non parce que l'argent est en jeu.

    Mais ce qui est encore propre à moi :

    Je commence à me déplaire d'être dans un bureau toute la journée. Je suis très sportif et je cours énormément en compétition mais ça ne me suffit toujours pas. Je ne supporte plus cette sédentarité. Aussi, j'aime beaucoup le travail manuel et je dois avouer que ça me manque.

    Contrairement à ce que tu dis, moi je ne suis malheureusement pas en mesure de pouvoir quitter mon travail pour faire quelque chose de moins bien payé. En effet, malheureusement avec cette disparité excessive des salaires, ma femme gagne bien moins que moi et ce serait vraiment compliqué si je passais au smic maintenant. En fait, c'est un cercle vicieux.

    Mon rêve serait d'enseigner et de vivre de mes créations opensource, mais je pense que c'est très difficile à moins d'avoir des projets intéressant (par exemple, Ryan C Gordon de SDL2 gagne à peine ~1200ドル sur patreon pourtant SDL est loin d'être une bibliothèque gadget). Ensuite de pouvoir faire un travail un peu plus « alimentaire » histoire de compléter.

    AI is a mental disorder