• [^] # Re: Masculinisation des noms de métiers, y'a encore du boulot

    Posté par . En réponse au journal Féminisation des diplômes, y'a encore du boulot. Évalué à 6.

    nous sommes sans doute plus légitime que l'Académie Française pour juger de l'évolution de notre langue maternelle du fait qu'on l'utilise quotidiennement.

    Le truc, c'est qu'on confond toujours deux utilisations du mot « langue ».

    La langue vivante maternelle, celle qu'on parle et qu'on utilise pour les textes non officiels : celle-ci évolue naturellement, sans organisme prescriptif. C'est celle qui a un intérêt d'un point de vue de la science linguistique.

    Ensuite, la langue officielle, un code standard commun (donc un minimum conservateur), un produit non scientifique, dont le but est (ou du moins devrait être) de restreindre et définir les usages possibles dans des cadres officiels pour éviter les malentendus. Bien sûr, la « langue » au deuxième sens doit parfois s'adapter à la « langue » au premier sens quand un terme ou une construction est devenu trop courant ou, au contraire, disparaît. Autrement, le standard devient trop difficile à respecter (terme trop courant qui s'utilisera inévitablement), voire source de confusion (utilisation d'un terme ou construction désuet).

    La question exacte serait donc de savoir si l'Académie Française fait bien son rôle ou non pour le deuxième sens de « langue », le seul qu'elle peut éventuellement prétendre régir.

    Par exemple, un exemple plus transparent juste au sujet de l'écriture : il me semble (à vérifier) qu'au Japon un nombre limité de caractères kanji est permis dans les documents officiels mais, ensuite, les gens sont libres d'en utiliser plus pour le reste.