• [^] # Re: Intégrité, intégrité ...

    Posté par . En réponse au journal Tristesse. Évalué à 5. Dernière modification le 18 septembre 2019 à 16:04.

    Le juge juge justement s'il apporte la paix sociale.

    Je ne suis pas sûr de maitriser le vocabulaire que tu utilises, mais j'ai l'impression que tu expliques d'une manière un peu obscure à mes yeux que les décisions de justice se veulent utilitaristes (maximisation du bénéfice global pour la société).

    Je ne sais pas exactement ce que tu entends par la paix sociale, mais ça ne me semble pas être un critère prioritaire. Maximiser la paix sociale revient à juger selon l'opinion publique, ce qui est rarement le cas.

    Si toute la société hait XXXXX pour son comportement, il va falloir apporter justice

    ... dans le cadre de l'état de droit. Ça change tout, quand même. Sinon, on irait en taule parce que la société ne nous aime pas, et ça n'est pas du tout, du tout comme ça que ça marche.

    L'objet n'est donc pas, comme tu le crois, que ta famille soit atteinte, mais bien d'imaginer que cela arrive.

    Comme je crois quoi? La seule chose que je crois, là, en ce moment, c'est que tu n'as rien compris à ce que j'essayais de dire. En tout cas, je ne vois pas ce que dans ce que j'ai écrit aurait pu te faire penser que j'imaginais que l'argumentateur souhaitait que ma famille soit réellement atteinte.

    C'est le processus classique de la justice, et le réfuter, c'est croire que la raison est plus forte que la paix sociale.

    Parfois, la raison n'est pas plus forte, et c'est évidemment une défaite pour la justice (typiquement, quand des liens de cause à effet qui ne sont pas étayés par des éléments scientifiques). D'ailleurs, les décisions de justice qui sont basées sur des motivations factuellement fausses sont systématiquement cassées par les instances supérieures (cassation et/ou instances Européennes), ce qui ne serait pas le cas si l'objectif de la justice était d'acheter la paix sociale au détriment de la vérité (judiciaire, en l'occurrence). On pourrait aussi citer l'annulation de procès après la découverte de nouveaux éléments factuels.

    Après, on est bien d'accord, on ne parle pas de la réparation des préjudices? Parce que là, évidemment, les perceptions de la victime (soutenus par des éléments factuels) sont un élément primordial (pour évaluer le préjudice moral, par exemple). Mais ça serait absurde de prétendre qu'on parlait de ça, hein?

    Donc, pour simplifier le truc que tu essayes de tarabiscoter dans tous les sens, je veux juste affirmer que l'argument suivant :

    A: je pense que [X] mérite [Y].
    B: si tu étais toi-même victime de [X], alors tu penserais que ça mérite [Y'].

    n'implique absolument pas que B => [Y'] > [Y]. Pire, selon toute vraisemblance, [Y] > [Y'] --- raison vs émotion --- et ceci, indépendamment du fait que B soit vraie ou non. C'est donc un sophisme, une version un peu sophistiquée de l'appel à l'émotion ("mange tes brocolis, pense aux petits enfants qui meurent de faim").

    Le fait que la justice, de temps à autre et de manière pathologique, peut se baser sur des arguments fallacieux n'a aucune raison de remettre en cause le fait que l'argument en question est fallacieux.