De nouveau une belle illustration de ce dont je parlais avec l'histoire d'Oxford (rappel: une newsletter propose simplement de faire des gestes simples pour accueillir les nouveaux étudiants d'origine étrangère en, par exemple, n'hésitant pas à faire des contacts visuels, et cela est changé par la presse en "À Oxford, ne pas regarder un étranger dans les yeux vous vaut d'être traité de raciste").
Que la presse fasse du sensationnalisme, ce n'est pas une surprise.
En conclure que c'est une preuve de l'oppression envers les hommes, c'est de nouveau crier "sexisme" envers quelqu'un qui est sceptique à l'égard du mouvement MeToo sans même écouter.
Le fait que les mauvais journalistes aient décrit la situation comme un groupe facebook caricaturalement machiste n'est PAS le résultat d'une oppression selon laquelle tout les hommes sont machistes, mais simplement parce que c'est la solution caricaturale évidente quand on voit l'événement en question.
Si on avait un événement où 2-3 arabes faisant partie d'un groupe de 20 auraient été mis en évidence pour harcèlement de collègues non-arabes, évidemment, les journaux auraient titrés "un groupe privé sur facebook était la cellule de fanatique musulmans harcelant leurs collègues blancs, il y a un vrai problème de communautarisme sectaire dans ces milieux", même si 1/3 des membres faisait partie du groupe pour rigoler et n'était pas arabes.
Si on avait un événement où 2-3 socialistes ... pour harcèlement de collègues non-socialistes, évidemment, les journaux auraient titrés "les bobos forment des ligues pour agresser ceux qui ne pensent pas comme eux, la mise en place d'une pensée unique communiste", même si 1/3 des membres n'était pas socialistes.
Si on avait un événement où 2-3 végans, ... ou 2-3 féministes, ... ou 2-3 policiers, ... ou 2-3 haut fonctionnaires, ... ou ...
Parce que les back-clash sur internet ou les médias, ça arrive tout le temps. On ne compte plus les accusations d'antisémitisme, de complaisance avec les musulmans intégristes, de fachisme, d'actes sexuels immoraux, de crime envers la science, ...
(ça veut pas dire que c'est bien, évidemment, mais ton groupe n'est pas un précieux flocon de neige: oui, ton groupe subit parfois des injustices, comme tout le monde, cela ne fait pas de ton groupe une nouvelle victime de la grande méchante oppression)
Le fait d'essayer de tout interpréter avec l'hypothèse "c'est à cause de l'oppression envers les hommes des méchants féministes", c'est du même niveau que d'essayer de tout interpréter avec l'hypothèse "c'est la faute du patriarcat". Et de la même façon que tu vois quand un féministe idiot fait ça, ça se voit aussi quand tu fais ça ici.
Certains passages de l'article en question fait cela aussi. Par exemple, la conclusion sur les conséquences de ce qui est selon l'auteure le résultat des préjugés injustes envers les membres de la ligue du lol. Sauf qu'il ne faut pas se foutre de la gueule des gens: ces conséquences sont principalement (peut-être pas totalement, mais principalement) le résultat des actes réels et observés et du fait que ces actes ont des conséquences sociales.
Que ces conséquences soient disproportionnées ou injustes, on peut en discuter. Mais présenter ces conséquences comme le résultat de "méchant préjugé envers les hommes" ou d'une vengeance populaire aveugle venue de nulle part, ça déforce le propos: on croit entendre un féminazi nous expliquer que si la victime est une femme, c'est forcément le résultat du sexisme.
Que les choses soit claires: l'article que tu donnes en lien est important et doit exister. Mais les choses ne sont pas toutes noires ou toutes blanches: évidemment que l'auteure est biaisée, et évidemment que quand quelqu'un émet une analyse qui n'est pas flatteur pour le groupe dont elle est proche, son impression première est que c'est donc que ce quelqu'un est un féminazi qui n'a rien compris et qui ne sait pas ce qui se passait.
Tiens, un autre exemple qui me vient en tête: le film "The Hunt" devait présenter une satire où les méchants, américains membres de l'élite démocrate, kidnappaient et chassaient les héros: des citoyens des états républicains. La rumeur a pris sur internet et dans les journaux, décrivant le film de manière totalement délirante, expliquant que ceux qui sont clairement les méchants du film sont en fait les gentils d'après les réalisateurs, et qu'il s'agit donc d'un film vantant les bienfaits de kidnapper et tuer les électeurs de Trump. Résultat: le film a bloqué, et ne verra peut-être jamais le jour en salle.
Imagine si c'était la situation inverse: si un film pro-féministe (ou même pas féministe, d'ailleurs) était bizarrement critiqué par les féministes au point de ne pas sortir. On te verrait rajouter ce lien ici: "encore une autre preuve: des millions de dollars et la carrière de plein de travailleur sur ce film détruit par les féminazis. Les féminazis censure et s'attaque à la liberté d'expression".
[^] # Re: La ligue du LOL
Posté par j-c_32 . En réponse au lien #Metoo la meilleure alternative à un des piliers de la démocratie: la présomption d'innocence . Évalué à 1.
De nouveau une belle illustration de ce dont je parlais avec l'histoire d'Oxford (rappel: une newsletter propose simplement de faire des gestes simples pour accueillir les nouveaux étudiants d'origine étrangère en, par exemple, n'hésitant pas à faire des contacts visuels, et cela est changé par la presse en "À Oxford, ne pas regarder un étranger dans les yeux vous vaut d'être traité de raciste").
Que la presse fasse du sensationnalisme, ce n'est pas une surprise.
En conclure que c'est une preuve de l'oppression envers les hommes, c'est de nouveau crier "sexisme" envers quelqu'un qui est sceptique à l'égard du mouvement MeToo sans même écouter.
Le fait que les mauvais journalistes aient décrit la situation comme un groupe facebook caricaturalement machiste n'est PAS le résultat d'une oppression selon laquelle tout les hommes sont machistes, mais simplement parce que c'est la solution caricaturale évidente quand on voit l'événement en question.
Si on avait un événement où 2-3 arabes faisant partie d'un groupe de 20 auraient été mis en évidence pour harcèlement de collègues non-arabes, évidemment, les journaux auraient titrés "un groupe privé sur facebook était la cellule de fanatique musulmans harcelant leurs collègues blancs, il y a un vrai problème de communautarisme sectaire dans ces milieux", même si 1/3 des membres faisait partie du groupe pour rigoler et n'était pas arabes.
Si on avait un événement où 2-3 socialistes ... pour harcèlement de collègues non-socialistes, évidemment, les journaux auraient titrés "les bobos forment des ligues pour agresser ceux qui ne pensent pas comme eux, la mise en place d'une pensée unique communiste", même si 1/3 des membres n'était pas socialistes.
Si on avait un événement où 2-3 végans, ... ou 2-3 féministes, ... ou 2-3 policiers, ... ou 2-3 haut fonctionnaires, ... ou ...
Parce que les back-clash sur internet ou les médias, ça arrive tout le temps. On ne compte plus les accusations d'antisémitisme, de complaisance avec les musulmans intégristes, de fachisme, d'actes sexuels immoraux, de crime envers la science, ...
(ça veut pas dire que c'est bien, évidemment, mais ton groupe n'est pas un précieux flocon de neige: oui, ton groupe subit parfois des injustices, comme tout le monde, cela ne fait pas de ton groupe une nouvelle victime de la grande méchante oppression)
Le fait d'essayer de tout interpréter avec l'hypothèse "c'est à cause de l'oppression envers les hommes des méchants féministes", c'est du même niveau que d'essayer de tout interpréter avec l'hypothèse "c'est la faute du patriarcat". Et de la même façon que tu vois quand un féministe idiot fait ça, ça se voit aussi quand tu fais ça ici.
Certains passages de l'article en question fait cela aussi. Par exemple, la conclusion sur les conséquences de ce qui est selon l'auteure le résultat des préjugés injustes envers les membres de la ligue du lol. Sauf qu'il ne faut pas se foutre de la gueule des gens: ces conséquences sont principalement (peut-être pas totalement, mais principalement) le résultat des actes réels et observés et du fait que ces actes ont des conséquences sociales.
Que ces conséquences soient disproportionnées ou injustes, on peut en discuter. Mais présenter ces conséquences comme le résultat de "méchant préjugé envers les hommes" ou d'une vengeance populaire aveugle venue de nulle part, ça déforce le propos: on croit entendre un féminazi nous expliquer que si la victime est une femme, c'est forcément le résultat du sexisme.
Que les choses soit claires: l'article que tu donnes en lien est important et doit exister. Mais les choses ne sont pas toutes noires ou toutes blanches: évidemment que l'auteure est biaisée, et évidemment que quand quelqu'un émet une analyse qui n'est pas flatteur pour le groupe dont elle est proche, son impression première est que c'est donc que ce quelqu'un est un féminazi qui n'a rien compris et qui ne sait pas ce qui se passait.
Tiens, un autre exemple qui me vient en tête: le film "The Hunt" devait présenter une satire où les méchants, américains membres de l'élite démocrate, kidnappaient et chassaient les héros: des citoyens des états républicains. La rumeur a pris sur internet et dans les journaux, décrivant le film de manière totalement délirante, expliquant que ceux qui sont clairement les méchants du film sont en fait les gentils d'après les réalisateurs, et qu'il s'agit donc d'un film vantant les bienfaits de kidnapper et tuer les électeurs de Trump. Résultat: le film a bloqué, et ne verra peut-être jamais le jour en salle.
Imagine si c'était la situation inverse: si un film pro-féministe (ou même pas féministe, d'ailleurs) était bizarrement critiqué par les féministes au point de ne pas sortir. On te verrait rajouter ce lien ici: "encore une autre preuve: des millions de dollars et la carrière de plein de travailleur sur ce film détruit par les féminazis. Les féminazis censure et s'attaque à la liberté d'expression".