• # pas de défaite, mais des errances.

    Posté par . En réponse au journal Le libre a perdu. Évalué à 6.

    Pour moi,
    le Libre n'a pas perdu, loin de ça, par contre, certains se sont perdus en chemin.
    Je vais grossir un peu le trait volontairement.
    Il y a 15 ans, tu allais voir une boite, tu parlais de GNU/Linux, tu passais pour un hippie.
    Maintenant, une bonne partie des entreprises connaissent et utilisent le logiciel libre, et encore plus de collectivités.

    Idem, chez les particuliers, avant dans une install partie, je ne croisais que des étudiants, des technophiles et des activistes de la Liberté (sous toute ses formes).
    Maintenant, quand je participe à des install parties, je vois des retraités qui s'intéressent à leurs libertés individuelles et à la création d'un bien commun, de jeunes entrepreneurs qui utilise de l'openstreet map et qui sont heureux de participer à un ouvrage communautaire, des gens qui ont rencontrés linux en jouant avec des arduinos et des raspberry pi pour pleins de projets vachement sympas.

    Alors, non, le Libre n'a pas perdu, il est devenu beaucoup plus lisible et utilisable, bien plus démocratique, bien plus accessible. Que ce soit sur le hardware (ce qui est essentiel pour l'avenir) que sur le soft, ou la donnée (openstreet map par exemple).
    Au delà du gratuit (qui ne signifie pas libre), ou du téléchargeable (qui le signifie encore moins), il est devenu utilisable sans passer 2 jours dans une cave avec des barbus.

    Mais, j'en parlais l'autre jour sur le chan de l'April, un truc me chagrine, un petit pincement dans mon cœur de "vieux" libriste.
    Plusieurs boites que je suis depuis une bonne dizaine d'année, qui étaient / sont libristes, ou du moins le mettent en avant, commence à proposer de la double licence.
    En gros, une version libre bien mais pas top, et une version propriétaire avec tout dedans.
    Ça fait un peu shareware ou freeware, mais pas libre.

    Alors, je sais bien, il faut manger, et la licence ça permet de multiplier les petits-pains en vendant des options vachement cool qui ont coûté cher en développement, et ce plein de fois, même quand le développement est fini d'amortir depuis longtemps.

    Mais c'est dommage, je trouve, de se perdre pour du business, en se retrouvant à faire signer des chartes de reversement à ses contributeurs permettant de re-propriétariser leurs contributions et ainsi transformer du Libre en Propriétaire, pour le plus grand bénéfice.
    On me dira "fork si tu veux", mais c'est pas aussi simple, évidemment.

    Voilà la seule errance qui me chagrine.

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    Yves-Gaël Chény.