• [^] # Re: :D

    Posté par . En réponse au journal Appel à interviews. Évalué à 0.

    Bon, déjà, tu passes totalement à côté de mon argument: mon argument est qu'il y a CENT LIVRES, et que sur ces CENT LIVRES, si tu ne lis que le 1% qui parlent juste d'un sujet (comment les hommes sont des victimes) tout en ignorant les 99% qui parlent tous d'un autre (comment d'autres groupes sont des victimes), alors, tu fais du cherry picking.

    En ce qui concerne la vidéo (écoutée avec la meilleure volonté possible, contrairement à l'auteur de la vidéo qui a observé les événements qu'il décrit avec la moins bonne volonté possible), cela souligne de nouveau mon argument: on y voit la polémique en question, où des jeunes étudiants de peut-être 18 ans disent des conneries. Selon l'auteur de la vidéo, c'est la preuve de l'arrivée de la fin du monde (ça et le fait que les professeurs déclarent leur genre et couleur de peau, oh mon dieu, comme cela m'oppresse). Sauf que pour une université comme celle-là, on en trouve dix où des groupes de jeunes étudiants disent des conneries sur la place des noirs et des femmes dans la société. C'est de nouveau du cherry picking (en fait, ça s'appelle du nut picking).

    Mais bon, la vidéo donne la parole au pauvre professeur victime des méchants SJWs, sans aucun commentaire du camp opposé, avec des phrases comme "cette lettre elle n'a rien de polémique" (sauf que la lettre en question explique clairement que l'auteur considère l'action comme une oppression raciste à l'égard de son groupe, rien que ça, et qu'il va activement faire en sorte que cet événement soit un échec. Amusant alors que les mêmes qui applaudissent ce type sont les premiers à prétendre que les minorités voient des oppressions et du racisme partout).
    Bref, s'il fallait me convaincre, il aurait peut-être du montrer une vidéo où le parti-pris de l'auteur est plus subtil.
    C'est d'ailleurs assez marrant lorsque la vidéo passe en revue un article biaisé sur les événements, alors qu'elle-même n'arrête pas de dépeindre la situation de la manière la plus biaisée possible.

    Au final, pas grand chose sur le livre en question, si ce n'est un sophisme par association: 100% des comportements stupides sont de la part des étudiants, tous hyper jeunes et pas forcément malin (et du doyen qui essaie maladroitement de gérer la crise), mais l'auteur de la vidéo en conclut que tout le monde qui n'est pas de son côté préféré est alors égal au moins raisonnable des membres du côté qu'il n'aime pas. Hilarant quand l'auteur passe son temps à expliquer que les méchants SJWs mettent tout les blancs dans le même sac.
    Les deux autres arguments c'est:
    - "le racisme systémique, ça n'existe pas (croyez moi, je fais des vidéos sur youtube)" (par contre, l'auteur de "the white fragility" apporte des preuves de ses affirmations. On peut ne pas être d'accord, mais on est à un autre niveau. c'est amusant que tu acceptes sans broncher les propos de l'auteur de la vidéo)
    - des extraits hors-contexte, mal ou malhonnêtement interprétés, qui ne choquent personne qui a suivit un cours d'intro à la sociologie (franchement, ce sont des éléments de base. Remplace "racisme" par "biais de confirmation", et il n'y a plus rien de choquant) et qui se terminent sur une belle image d'Hitler qui n'est là que parce que l'auteur n'aime pas la personne dont il parle (rien dans ses propos, même ceux soigneusement sorti de leur contexte pour paraître choquant, n'a à voir avec l'approche d'Hitler. Le seul lien est celui que l'auteur fait lui-même: "croyez moi, ce qu'elle dit est mal, la preuve, il y a une photo d'Hitler").

    Mention spéciale pour la théorie du complot de la fin: les stupidités anecdotiques de quelques jeunes sont le résultats d'un complot d'extrême-gauche dans cette université, dont le seul but est de prendre le pouvoir (quels sont les éléments pour prétendre que les faits démontrent ça, autre que le fait que c'est ce que l'auteur veut croire). Par contre, si un groupe se met à dire des trucs sexistes ou racistes (genre la ligue du lol), t'imagines la réaction de l'auteur de cette vidéo si quelqu'un en concluait que c'est le résultat de "munitions idéologiques" des méchants personnes dont le seul crime est de fréquenter les mêmes locaux.

    Inversement, l'auteure de "men on strike" se définit elle-même comme conservatrice et amie de Paul Elam, qui est l'équivalent "pro-men" d'un de ces "étudiants d'extrême gauche" idiots (le genre de type à mettre sur place un site internet pour harceler les victimes de viol et à mettre des bâtons dans les roues d'une campagne de dons pour les victimes de Marc Lépine).
    Du coup, l'argument fallacieux est lui-même mal venu. Je réitère donc: "il n'y a aucune raison de lire ce bouquin là plutôt que "the white fragility"", car en effet, si on creuse un peu et avec un peu de mauvaise volonté, on peut facilement se convaincre que "l'auteur il est méchant" poiur chacun des deux livres.
    Se convaincre que l'auteur est méchant est en effet bien plus facile à faire que d'essayer d'avoir une vision objective et neutre, qui a le désavantage de ne pas toujours supporter le discours qui nous fait plaisir.