Posté par j-c_32 .
En réponse au journal Appel à interviews.
Évalué à 2.
Dernière modification le 17 juin 2019 à 17:29.
S'il y a un nom, sans doute faut-il chercher dans les articles concernant l'impossibilité de discuter racisme avec les blancs sans se faire considérer comme attaquant tout les blancs. Ou la même chose avec le sexisme. Il y a là des exemples concrets assez objectifs (par exemple, un discours où la personne prend explicitement ses précautions mais où certains observateurs finissent quand même par expliquer qu'ils sont toujours attaqués*), bien plus marqués qu'avec les roux, les juifs, les noirs, les femmes.
Il y a aussi un autre phénomène:
j'ai l'impression que les gens qui attaquent une femme et ensuite sont perçus comme attaquant une femme finissent toujours par montrer qu'au final, ils avaient effectivement quelques petits problèmes avec ça.
Par exemple, ici, Zenitram a confirmé qu'il a un petit problème de biais, en considérant que les femmes sont sur-protégées, conclusion qu'il obtient après avoir grossièrement oublié la grande différence de contexte (entre un rabaissement systémique et un statut d'exclus de la communauté et une attaque anecdotique sans réelle conséquence. dans ce contexte, une micro-agression envers un homme n'est pas équivalente à une micro-agression envers une femme)
Personnellement, j'ai souvent été en désaccord avec des femmes, mais on ne m'a jamais accusé d'attaquer toutes les femmes.
Je pense que cette accusation est le résultat de 2 choses:
1) l'image donnée par ailleurs: quand l'individu, dans une autre discussion, a montré qu'il avait des préjugés inconscients envers les femmes, il n'est pas illégitime de considérer que sa réaction aurait été différente face à une personne avec laquelle il n'aurait pas eu ces préjugés**
2) le comportement lors de la discussion donne aussi des indices. La vitesse à laquelle on a tôt fait de considérer l'opinion de l'autre comme inutile, ou le mépris ou la moquerie sous-entendus, ... sont des éléments qui donnent l'impression qu'on s’adresse à quelqu'un qu'on considère inconsciemment comme "pas du même niveau". Après, on peut s'adresser de cette façon à tout le monde, mais ça me fait un peu rire de voir que certains sont choqués d'être accusé d'être biaisé envers les femmes plutôt que d'être accusé d'être des gros connards envers tout le monde, comme si le deuxième n'était pas tout aussi dégradant (sans doute ont-ils appris par cœur à l'école "le sexisme c'est mal" sans chercher à comprendre)
Bref, j'ai l'impression que ceux qui sont accusé d'attaquer toutes les femmes finissent souvent, lors de la discussion, par montrer qu'ils sont typiquement le genre de personne ayant un biais négatif envers les femmes.
Cela ne veut pas dire que ces accusations sont toujours justifiées, mais face à l'impossibilité de parler de sexisme ou de racisme sans se faire accuser d'attaquer tout les hommes ou tout les blancs, je pense que les excès sont plutôt bien contenu (et il y a une raison pour cela: même les femmes ou les noirs sont habitués aux sous-entendus racistes ou sexistes et ne vont pas forcément y voir une attaque personnelle).
*: expérience personnelle: je me souviens de cette bd sur le consentement qui avait circulé, il y a plusieurs années. j'avais ensuite vu un commentaire de quelqu'un se plaignant qu'on rejette toujours la faute sur les hommes. Dans les premières secondes, j'étais d'accord avec lui (c'est facile de se sentir personnellement visé quand quelqu'un met le doigt sur un problème), mais j'ai vérifié la bd, parce que je ne me souvenais pas avoir remarqué cela pour cette bd en question. Et là, surprise, dans la bd, il était dit EXPLICITEMENT que le problème n'est pas de la faute des hommes, que les femmes sont aussi responsables, ... Cette anecdote m'a ouvert les yeux, et depuis, je vois des exemples de cela presque partout. Je recherche aussi les exemples inverses, et ils sont beaucoup moins marqués (quand un screenshot d'un tweet d'il y a 10 ans fait 10 fois le tour de reddit, ça montre bien que ce n'est pas si simple à trouver)
**: les préjugés inconscients peuvent être très subtils. Par exemple, il y a une étude: des sujets discutaient via ordinateur avec des scientifiques. Les scientifiques avaient pour consignent de s'opposer à l'opinion du sujet. À la fin de la discussion, on demandait au sujet si son interlocuteur l'avait convaincu ou non. Il y avait une claire corrélation avec le genre de leur interlocuteur: ils changeaient d'avis plus facilement après avoir parlé à Bob qu'après avoir parlé à Alice. Sauf que, surprise, le nom affiché par l'ordinateur (Bob ou Alice) était aléatoire, et ils discutaient avec le même scientifique, qui lui-même ne savait pas s'il était affiché comme "Alice" ou "Bob".
Bref, si tu dis "non mais les préjugés, c'est pour les autres, moi, je me comporte de la même façon face à un homme ou une femme", alors, c'est sur que c'est pas le cas.
[^] # Re: Notion d'insulte
Posté par j-c_32 . En réponse au journal Appel à interviews. Évalué à 2. Dernière modification le 17 juin 2019 à 17:29.
S'il y a un nom, sans doute faut-il chercher dans les articles concernant l'impossibilité de discuter racisme avec les blancs sans se faire considérer comme attaquant tout les blancs. Ou la même chose avec le sexisme. Il y a là des exemples concrets assez objectifs (par exemple, un discours où la personne prend explicitement ses précautions mais où certains observateurs finissent quand même par expliquer qu'ils sont toujours attaqués*), bien plus marqués qu'avec les roux, les juifs, les noirs, les femmes.
Il y a aussi un autre phénomène:
j'ai l'impression que les gens qui attaquent une femme et ensuite sont perçus comme attaquant une femme finissent toujours par montrer qu'au final, ils avaient effectivement quelques petits problèmes avec ça.
Par exemple, ici, Zenitram a confirmé qu'il a un petit problème de biais, en considérant que les femmes sont sur-protégées, conclusion qu'il obtient après avoir grossièrement oublié la grande différence de contexte (entre un rabaissement systémique et un statut d'exclus de la communauté et une attaque anecdotique sans réelle conséquence. dans ce contexte, une micro-agression envers un homme n'est pas équivalente à une micro-agression envers une femme)
Personnellement, j'ai souvent été en désaccord avec des femmes, mais on ne m'a jamais accusé d'attaquer toutes les femmes.
Je pense que cette accusation est le résultat de 2 choses:
1) l'image donnée par ailleurs: quand l'individu, dans une autre discussion, a montré qu'il avait des préjugés inconscients envers les femmes, il n'est pas illégitime de considérer que sa réaction aurait été différente face à une personne avec laquelle il n'aurait pas eu ces préjugés**
2) le comportement lors de la discussion donne aussi des indices. La vitesse à laquelle on a tôt fait de considérer l'opinion de l'autre comme inutile, ou le mépris ou la moquerie sous-entendus, ... sont des éléments qui donnent l'impression qu'on s’adresse à quelqu'un qu'on considère inconsciemment comme "pas du même niveau". Après, on peut s'adresser de cette façon à tout le monde, mais ça me fait un peu rire de voir que certains sont choqués d'être accusé d'être biaisé envers les femmes plutôt que d'être accusé d'être des gros connards envers tout le monde, comme si le deuxième n'était pas tout aussi dégradant (sans doute ont-ils appris par cœur à l'école "le sexisme c'est mal" sans chercher à comprendre)
Bref, j'ai l'impression que ceux qui sont accusé d'attaquer toutes les femmes finissent souvent, lors de la discussion, par montrer qu'ils sont typiquement le genre de personne ayant un biais négatif envers les femmes.
Cela ne veut pas dire que ces accusations sont toujours justifiées, mais face à l'impossibilité de parler de sexisme ou de racisme sans se faire accuser d'attaquer tout les hommes ou tout les blancs, je pense que les excès sont plutôt bien contenu (et il y a une raison pour cela: même les femmes ou les noirs sont habitués aux sous-entendus racistes ou sexistes et ne vont pas forcément y voir une attaque personnelle).
*: expérience personnelle: je me souviens de cette bd sur le consentement qui avait circulé, il y a plusieurs années. j'avais ensuite vu un commentaire de quelqu'un se plaignant qu'on rejette toujours la faute sur les hommes. Dans les premières secondes, j'étais d'accord avec lui (c'est facile de se sentir personnellement visé quand quelqu'un met le doigt sur un problème), mais j'ai vérifié la bd, parce que je ne me souvenais pas avoir remarqué cela pour cette bd en question. Et là, surprise, dans la bd, il était dit EXPLICITEMENT que le problème n'est pas de la faute des hommes, que les femmes sont aussi responsables, ... Cette anecdote m'a ouvert les yeux, et depuis, je vois des exemples de cela presque partout. Je recherche aussi les exemples inverses, et ils sont beaucoup moins marqués (quand un screenshot d'un tweet d'il y a 10 ans fait 10 fois le tour de reddit, ça montre bien que ce n'est pas si simple à trouver)
**: les préjugés inconscients peuvent être très subtils. Par exemple, il y a une étude: des sujets discutaient via ordinateur avec des scientifiques. Les scientifiques avaient pour consignent de s'opposer à l'opinion du sujet. À la fin de la discussion, on demandait au sujet si son interlocuteur l'avait convaincu ou non. Il y avait une claire corrélation avec le genre de leur interlocuteur: ils changeaient d'avis plus facilement après avoir parlé à Bob qu'après avoir parlé à Alice. Sauf que, surprise, le nom affiché par l'ordinateur (Bob ou Alice) était aléatoire, et ils discutaient avec le même scientifique, qui lui-même ne savait pas s'il était affiché comme "Alice" ou "Bob".
Bref, si tu dis "non mais les préjugés, c'est pour les autres, moi, je me comporte de la même façon face à un homme ou une femme", alors, c'est sur que c'est pas le cas.