• # Le droit de réponse

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Interview de Thierry Bayoud, co‐auteur du film « Lol — Logiciel libre une affaire sérieuse ». Évalué à 4.

    Tout d'abord, merci pour l'ajout (je n’appellerai pas ça droit de réponse car ici il est possible de mettre un commentaire sans être filtré, pas la peine d'utiliser une expression connoté légaliste).

    Mais l'ajout me semble passer à côté de la critique qui a été faite en commentaires : ce n'est pas le film lui-même (on ne connaît pas), ni sa licence (quand pas indiqué, on se doute que ce ne sera pas libre et il n'y a pas de mal à ça, le non libre ne pue pas à part pour les libristes extrémistes), mais le saupoudrage "je suis trop à la page, j'ai compris le libre et je suis dans le mouvement" mis dans l'interview. Perso je l'ai pris comme du libre-washing (parler d'un tout incluant du logiciel libre mais dont l'idée doit être globale tout en étant bénévole dans une structure qui fait son site en non libre sans qu'il en parle du problème, ça m'a juste fait sourire), chose qui arrive très souvent depuis que le libre est à la mode, alors que la nouvelle partie est tout le contraire. Sacré contraste, qui montre qu'il est important d'être carré dans une communication.

    Gigowatt Film n’est pas libriste, ne revendique rien

    voila, c'est honnête, pas présomptueux, pas trompeur sur la marchandise.

    Le film n’est pas disponible sur le net parce que cela hypothèquerait probablement la possibilité de diffuser le film en télévision, et nous empêcherait de faire le tour des festivals de documentaires, qui, souvent, demandent l’exclusivité. C’est mon assomption de penser que c’est la meilleure stratégie pour que le doc soit vu par le plus de monde possible...

    Ce qui est "amusant", c'est qu'avec cette phrase on a plus d’information, d'argument, que l'interview et le commentaire de l'interviewé. Ca serait presque libriste en fait! Être libriste n'est pas de tout faire en libre, mais entre autre de savoir expliquer et argumenter sur pourquoi on ne fait pas de libre dans ce cas. Et l'explication est logique, se défend.
    Un "militant libriste" qui n'est pas capable d'expliquer pourquoi ce dont il parle et qu'il a co-produit n'est pas libre, n'est-ce pas bizarre? François a été impacté par ricochet, et en tant que non militant libriste revendiqué peut mieux défendre le choix non libre.

    Note : par rapport à votre argument pour ne pas faire de libre, je pense que rien ne vous empêcherait de fournir les interview brutes en libre (CC-BY ou CC-BY-SA, mais j'opterai en CC-BY pour que vous n’utilisiez pas vous un droit que vous refusez aux autres pour faire du non libre), le film serait alors la valeur ajoutée en non libre. Vous pourriez aussi vous engager à ce que le film deviendra libre dans 1 ou 2 ans (en indiquant la licence précise, il arrive trop souvent que les gens disent qu'ils vont libérer plus tard pour diffuser ensuite en CC-NC = non commercial ou ND = non modifiable, aucun des deux n'est du libre).

    Vous pourriez penser que c’est une folie de traiter de ce sujet sans en avoir une connaissance approfondie et de risquer de désinformer.

    De l'ajout, je dirai que non : un réalisateur de documentaire n'a pas besoin de tout connaître sur le sujet traité, heureusement car ce n'est pas son domaine!

    Je connais peu les alternatives libres. J’en ai lu quelques exemples dans quelques commentaires. Impossible de dire si nous aurions pu faire le même doc avec.

    Clairement, il ne faut pas changer ses habitude juste pour faire ce doc, le résultat serait pire. Le libre, ça peut se faire petit à petit, quand on constate qu'on a un besoin non répondu ou que ça coûtera moins cher de payer une évolution en libre d'un logiciel libre que le logiciel non libre (l’intérêt principal du libre, c'est de pouvoir l'adapter à ces besoins!). Travaillant dans la vidéo, je sais qu'il y a beaucoup qui manque en libre (je tique sur le niveau de qualité requis pour un doc, mais c'est complètement subjectif).

    ferait forcément un produit militant.

    Le hic, c'est que la première interview montrait l’interviewé en militant libriste. Et face à la réalité trouvée (qui peut être non complète, mais faute de contre-argument on ne peut voir le complet si il existe), c'est la que ça a été mal ressenti, et les réaction de l'interviewé et de l'intervieweuse aux critiques n'ont pas aidé à calmer les esprits (ça a donné l'impression que la critique était justifiée et que mode opératoire pour contrer la chose sans modifier ses idées a été de se poser en victime).

    Je fais un aparté, mais au-delà des logiciels de post prod, il n’existe à ma connaissance aucune caméra « pro » avec du logiciel libre dedans

    https://www.apertus.org/axiom-beta
    Bon, assez nouveau...

    Y’en a-t-il parmi vous qui font le choix de ne pas aller au cinéma dans ces conditions ? Ou de ne pas utiliser une voiture fabriquée après 1980 ?

    Mauvaise compréhension de nouveau : la critique n'est pas que vous ne fassiez pas de libre, mais une présentation "je suis un libriste à fond, cohérence" tout ça.
    Perso je me considère comme assez libriste sans être extrémiste à la Stallman (j'essaye d'utiliser un max de libre mais pas que, j'essaye de tout fournir en libre, y compris des vidéos d'interview ;-), mais pas que...), mais je n'arrive pas à quitter Windows comme d'autres libristes sont sous Mac, car je préfère largement cet OS aux offres libres. Mais quand on m'attaque sur mon usage de Windows, je ne m'offusque pas et explique mes priorités.

    Nous avions fait une bande-annonce l’année dernière que j’ai retirée il y a quelques semaines.

    Mauvais timing de l'interview, elle aurait due être mise en ligne une fois la BA dispo.

    J’espère avoir amené un éclairage à vos questions.

    C'est largement plus qu'un éclairage!

    que j’espère un peu plus bienveillants

    Perso, je pense que l'honnêteté intellectuelle, tout comme des arguments à la place de phrases bateau pour se croire "bien", amène plus de bienveillance, il faut parfois regarder en arrière et se demander pourquoi les gens ont "agressé" (peut-être se sont-ils sentis agressé en premier lieu, et réagissent en fonction? Peut-être ont-ils senti qu'on se foutait d'eux et du libre qu'ils aiment?)


    Pour résumer, je me permet quelques conseils :
    - Ne vous présentez pas comme "éthique global incluant du logiciel libre" ou tout autre mot à la mode quand vous ne l'êtes pas. L'éthique, c'est subjectif, certains inclut du non commercial obligatoire quand d'autre du non commercial acceptable et encore d'autres pensent qu'interdire le non commercial est tout sauf éthique, d'autres incluent de l'agriculture bio quand d'autres disent que le vin bio à base de bonnes doses de cuivre est quand même bien pourri pour la planète. Ici, la première partie de la dépêche faisait que l'interviewé se lançait des fleurs (non, parler de "semaine des liberté" n'est pas forcément suffisant, j'ai personnellement trop vu de personne disant aimer les libertés du logiciel libre dire que le non commercial est dans l'esprit du libre, il faut un peu plus de concret genre les supports de présentation pour voir si c'est vrai et les liens sur le "programme détaillé" sont en page non trouvée), sans montrer la moindre preuve de ce qu'il avance, et s'est fait critiquer pour ça (de mauvaise forme, mais le fond reste), vous vous ferez critiquer pas que ici mais par toute personne critique qui ira creuser pour voir si l'affichage correspond à la réalité (pour donner une équivalence, ça serait pareil pour les gens se présentant comme écolo mais étant dans une grande maison individuelle avec 2 voitures personnelles qui est tout sauf écolo, les gens réfléchissant un peu aux impacts de tels choix individuels sur la planète vont tiquer)
    - Expliquez! Contre-argumentez à la place de vous poser en victime! Même si la forme ne vous plaît pas. La deuxième partie est posée, avec des explications, des arguments sur le pourquoi du comment.
    - La personne qui interview ne devrait pas être complaisante juste par que connaît ou aime; il aurait fallu parler de libre concrètement, ou mettre autant d'info plus tôt, ou poser des questions pour préciser certains points, car c'était évident qu'un site libriste aurait réagi sur le manque de libre d'une personne se disant libriste qu'il faudrait croire sur parole juste parce que le titre d'un documentaire a l'air sympa.

    bon, voila, j'ai passé un peu de temps à analyser et écrire mon sentiment sur cette deuxième partie, j'espère que ça compensera les critiques sur la première partie.