C'est un point sur lequel je suis complètement d'accord, d'autant plus que je l'ai pratiqué.
J'ai fait sans le savoir de la méthode Agile à partir de 1980. Je m'étais aperçu que les spécifications qu'on m'avait données n'en étaient pas et qu'elles avaient été faites par quelqu'un qui ne connaissait pas le travail des personnes qui devaient utiliser le logiciel.
Heureusement, je connaissais bien le métier des utilisateurs et j'ai réussi à faire une application qui leur a très vite rendu service. Ces utilisateurs étaient les méthodes de contrôle qui déterminaient ce qu'il fallait contrôler et les inspecteurs qui faisaient les relevés.
Il fallait faire une arborescence de documents que l'on validait, que l'on remplissait et que l'on acceptait. J'ai découvert que le contrôle qualité faisait intervenir plus de 300 règles plus ou moins écrites dans un fatras de documents. Quelques exemples :
pour qu'un produit soit accepté, il faut que tous ses constituants le soient aussi.
la date d'acceptation d'un produit est postérieure à la date d'acceptation de tous ses constituants.
Une valeur hors tolérances ne peut être acceptée qu si elle est couverte par une dérogation acceptée.
Créer le logiciel de gestion a eu plusieurs conséquences, en particulier :
Stabilisation des règles de gestion qui variaient selon les sites et les services.
Les chefs ne voyaient plus passer les documents dans les corbeilles. Leur utilité a été réduite.
La chasse aux documents a été supprimée. Elle était dévoreuse de temps.
Les inspecteurs ont travaillé avec beaucoup plus de sérénité.
J'ai eu aussi à batailler pour supprimer des règles qui étaient faites pour gérer du papier. La gestion des versions des documents types avec l'informatique est beaucoup plus précise et il n'était pas utile de lui superposer l'imitation de la gestion du papier.
Le logiciel a changé la façon de travailler des opérateurs.
On sait vérifier qu'un logiciel est conforme aux spécifications (et au cahier des charges), mais il n'existe pas de méthodologie qui permette de vérifier que les spécifications sont conformes au besoin, surtout que le besoin évolue avec la mise en place du logiciel. Il y a eu une convergence vers un état final que personne n'était capable de définir au départ. Même si il avait été possible de le définir, les opérateurs n'auraient pas suivi, leur hiérarchie non plus !
# Intégrer l’utilisateur final
Posté par Pierre Jarillon (site web personnel) . En réponse à la dépêche Moi, expert C++, j’abandonne le C++. Évalué à 10. Dernière modification le 10 juin 2019 à 00:06.
C'est un point sur lequel je suis complètement d'accord, d'autant plus que je l'ai pratiqué.
J'ai fait sans le savoir de la méthode Agile à partir de 1980. Je m'étais aperçu que les spécifications qu'on m'avait données n'en étaient pas et qu'elles avaient été faites par quelqu'un qui ne connaissait pas le travail des personnes qui devaient utiliser le logiciel.
Heureusement, je connaissais bien le métier des utilisateurs et j'ai réussi à faire une application qui leur a très vite rendu service. Ces utilisateurs étaient les méthodes de contrôle qui déterminaient ce qu'il fallait contrôler et les inspecteurs qui faisaient les relevés.
Il fallait faire une arborescence de documents que l'on validait, que l'on remplissait et que l'on acceptait. J'ai découvert que le contrôle qualité faisait intervenir plus de 300 règles plus ou moins écrites dans un fatras de documents. Quelques exemples :
Créer le logiciel de gestion a eu plusieurs conséquences, en particulier :
J'ai eu aussi à batailler pour supprimer des règles qui étaient faites pour gérer du papier. La gestion des versions des documents types avec l'informatique est beaucoup plus précise et il n'était pas utile de lui superposer l'imitation de la gestion du papier.
Le logiciel a changé la façon de travailler des opérateurs.
On sait vérifier qu'un logiciel est conforme aux spécifications (et au cahier des charges), mais il n'existe pas de méthodologie qui permette de vérifier que les spécifications sont conformes au besoin, surtout que le besoin évolue avec la mise en place du logiciel. Il y a eu une convergence vers un état final que personne n'était capable de définir au départ. Même si il avait été possible de le définir, les opérateurs n'auraient pas suivi, leur hiérarchie non plus !