Je lis pas mal de message qui concernent l'univers de l'informatique pourrait être appliqués à bien d'autres domaines. Ce que je vois, c'est qu'il y a un fossé en entre ce que l'on aime, et ce qui fait vivre.
Nous avons l'avantage d'avoir un emploi dans un domaine qui n'a pas de limite en terme de créativité/expression/imagination, et c'est pour ça que des profils atypiques se retrouvent dans l'informatique. Sauf que cette créativité n'est pas ce que l'on souhaite dans l'entreprise (en tout cas pour la plupart), où les besoins premiers sont avant tout d'avoir un code stable, et une "masse de production" prévisible.
De mon côté, la première chose que j'ai apprise quand j'ai été embauché, et de tester, tester, et encore tester. Aujourd'hui, j'ai encore de la spontanéité dans le code que je peux écrire chez moi, mais qui est avant tout forgée via des années de pratique. Je me rend compte que dans d'autres domaines (travail du bois, calligraphie), je n'arrive plus à improviser comme je pouvais le faire quand je faisais du QuickBasic ; j'ai besoin de préparer ce que je veux faire, faire un premier essai, etc. C'est en changeant d'objet que l'on se rend compte que l'on fini par se reposer sur l'acquis et que l'on perd cette capacité à apprendre par soi-même.
Cela n'est pas spécifique à l'informatique, je pense que tous les métiers qui ne sont pas aliénants peuvent s'y substituer : un menuisier d'atelier, un cadreur sur un plateau de cinéma, un cuisinier dans restaurant...
En écrivant le commentaire, je pense à un passage (que je retrouve pas bien sûr), des Sept piliers de la sagesse. En voilà un autre de "Guérilla dans le désert" (de Lawrence, toujours) qui reprend la même idée :
« Nous n'avions donc pas institué de discipline, au sens où celle-ci contraint, brime l'individu et devient le plus petit commun dénominateur entre les hommes. Dans les armées régulières en temps de paix, cette discipline oblige à ne compter que sur la capacité minimale du plus faible des soldats. On vise, non pas la moyenne, mais au nivellement absolu. Les 99 hommes les plus performants sont astreints à servir au niveau du plus mauvais. » L'industrialisation de l'informatique nous fait prendre ce chemin du nivellement, malheureusement, tous les profils attirés par ce domaine pour son côté technique et créatifs se retrouvent déçu par la direction.
Entre ces deux extrêmes, il y a encore tout un espace à explorer pour que chacun y trouve son compte.
# Mon avis
Posté par chimrod (site web personnel) . En réponse au journal Moi, expert C++, j'abandonne le C++. Évalué à 5.
Je lis pas mal de message qui concernent l'univers de l'informatique pourrait être appliqués à bien d'autres domaines. Ce que je vois, c'est qu'il y a un fossé en entre ce que l'on aime, et ce qui fait vivre.
Nous avons l'avantage d'avoir un emploi dans un domaine qui n'a pas de limite en terme de créativité/expression/imagination, et c'est pour ça que des profils atypiques se retrouvent dans l'informatique. Sauf que cette créativité n'est pas ce que l'on souhaite dans l'entreprise (en tout cas pour la plupart), où les besoins premiers sont avant tout d'avoir un code stable, et une "masse de production" prévisible.
De mon côté, la première chose que j'ai apprise quand j'ai été embauché, et de tester, tester, et encore tester. Aujourd'hui, j'ai encore de la spontanéité dans le code que je peux écrire chez moi, mais qui est avant tout forgée via des années de pratique. Je me rend compte que dans d'autres domaines (travail du bois, calligraphie), je n'arrive plus à improviser comme je pouvais le faire quand je faisais du QuickBasic ; j'ai besoin de préparer ce que je veux faire, faire un premier essai, etc. C'est en changeant d'objet que l'on se rend compte que l'on fini par se reposer sur l'acquis et que l'on perd cette capacité à apprendre par soi-même.
Cela n'est pas spécifique à l'informatique, je pense que tous les métiers qui ne sont pas aliénants peuvent s'y substituer : un menuisier d'atelier, un cadreur sur un plateau de cinéma, un cuisinier dans restaurant...
En écrivant le commentaire, je pense à un passage (que je retrouve pas bien sûr), des Sept piliers de la sagesse. En voilà un autre de "Guérilla dans le désert" (de Lawrence, toujours) qui reprend la même idée :
« Nous n'avions donc pas institué de discipline, au sens où celle-ci contraint, brime l'individu et devient le plus petit commun dénominateur entre les hommes. Dans les armées régulières en temps de paix, cette discipline oblige à ne compter que sur la capacité minimale du plus faible des soldats. On vise, non pas la moyenne, mais au nivellement absolu. Les 99 hommes les plus performants sont astreints à servir au niveau du plus mauvais. » L'industrialisation de l'informatique nous fait prendre ce chemin du nivellement, malheureusement, tous les profils attirés par ce domaine pour son côté technique et créatifs se retrouvent déçu par la direction.
Entre ces deux extrêmes, il y a encore tout un espace à explorer pour que chacun y trouve son compte.