• [^] # Re: Avenir de Linux

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Apports de Fedora à l’écosystème du logiciel libre (2de partie). Évalué à 7.

    La sécurité de la chaîne : ton navigateur → site quelconque → installation sur ton système est bien plus fragile que la chaîne : gestionnaire de paquets → installation. Savoir quel sites sont sérieux (je ne sais pas trop pour telecharger.com, mais sourceforge a fait pas mal de mal) et avoir un minimum de sécurité pour chacun d'eux et plus complexe.

    C'est plus subtile que cela.

    Tu négliges une étape : la réalisation du paquet lui même. Par exemple chez Debian cette étape est décentralisée, l'empaqueteur génère le paquet lui même et pousse le résultat sur les dépôts. Mais est-ce que tous les empaqueteurs ont une sécurité de leur machine suffisante ? C'est difficile à garantir.

    Ce n'est pas un hasard si Debian est la distribution qui a le plus investi dans la compilation reproductible, car cela permet à l'utilisateur de s'assurer que le paquet généré correspond bien aux instructions que l'empaqueteur a suivi. D'autres distributions comme Fedora reposent sur un système plus centralisé ce qui permet plus de garanties à ce niveau.

    Après bien évidemment la sécurité se pose, mais il me semble un peu ridicule de toujours mettre la sécurité en avant au détriment de l'utilisabilité. Un équilibre est bienvenue et Flatpak est une piste possible. Flatpak permet de gérer plus finement les permissions des applications et les isole du système ce qui est un bon point pour une application dont la provenance n'est pas garantie par la distribution. Et en plus les Flatpak peuvent être utilisées dans le cadre de dépôts pour garantir un minimum de vérification quant à l'origine et à la qualité de l'application.

    Car sans les Flatpak par exemple, si tu veux une application hors dépôt (et il y en a beaucoup), c'est vraiment chiant pour l'utilisateur. Il doit le compiler à la main, il doit récupérer le code depuis un site pas plus sûr non plus, voire apprendre à générer un paquet lui même, etc. Il n'est pas normal que d'installer la dernière version de LibreOffice soit bien plus complexe sous Linux que sous Windows. Et non passer à ArchLinux pour ça n'est pas une réponse satisfaisante. Et attendre 6 mois que sa distribution propose la mise à niveau nécessaire peut être très gênant pour l'utilisateur qui a besoin des nouveautés maintenant.

    Vraiment, les Flatpak ont des défauts, le modèle traditionnel a ses arguments et je pense que les deux sont complémentaires. Mais refuser tout changement car ça a du mauvais tout en fermant les yeux sur les soucis du modèle actuel n'est pas un comportement très productif à mon avis, ce n'est pas comme ça qu'on pourra satisfaire les utilisateurs au mieux.