• # Et si on leur demandait ?

    Posté par . En réponse au journal Pourquoi les femmes ont déserté l’informatique dans les années 1980. Évalué à 10.

    Comme beaucoup de monde ici, je suis tombé dans l'informatique depuis la pré-adolescence (voire l'enfance). J'ai vu le minitel arriver chez moi, j'ai connu la présentation du TO7 en classe de CP, j'ai écrit mes premiers programmes aux alentours de l'âge de neuf ans, j'ai eu un MO6 à moi à onze, j'ai connu le programme informatique pour tous.

    Dans les années 1990, j'ai vu l'essor du PC dans le grand public porté par l'apparition du « multimédia ». Parallèlement, c'était aussi la grande époque des démos. Avec les années 2000, j'ai vu la France entière (le monde aussi, en fait, mais bon) adopter massivement l'informatique et, paradoxalement, sembler en savoir de moins en moins sur le sujet. Avec les années 2010, on a vu la chose devenir carrément politique. Et à présent, l'enjeu à court terme pour le début de la prochaine décennie semble être « la fibre pour tous ».

    Je suis toujours développeur de métier aujourd'hui et l'amer constat que j'en fais après plus de trente ans d'exercice est que : ça n'intéresse pas les filles.

    Je suis toujours émerveillé de voir comment on cherche à ramener ça au sexisme ou à d'autres vicissitudes avant même de poser ouvertement la question aux principales intéressées.

    Ça m'agace parce que j'entends ce son de cloche jusque sur l'antenne d'une grande station de radio nationale alors que les informaticiens sont les premiers à déplorer cet état de fait et que du temps des coding partys évoquées ci-dessus, l'entrée était souvent gratuite pour les filles, justement pour tenter de rétablir un semblant de mixité ou, à tout le moins, permettre aux copines des participants de les accompagner.

    À l'inverse, il y a des métiers scientifiques notoirement très féminisés : la bio et la génétique.

    Et là, ça ne date pas d'hier non plus. Je me souviens qu'étant encore à l'école primaire au début des années 1980 et lisant des publications pour les enfants de mon âge, j'avais déjà vu dans le courrier des lecteurs celui d'une jeune fille qui souhaitait devenir « généticienne ». C'était peut-être même à cette époque que j'ai découvert le mot et c'était bien avant l'explosion de la bio-informatique.

    J'ai travaillé ensuite presque six ans pour un centre de recherche situé sur le/la génopôle d'Évry et le ratio ne laissait pas de place au doute. Environ 75% du personnel était féminin. Par contre, ce rapport était plus qu'inversé dans l'équipe des bio-info. On a réussi à avoir deux jeunes femmes absolument formidables à l'administration système pendant un temps significatif (quelques années). Au développement, on a eu deux contrats cours en six ans.

    Bref, j'aimerais bien donner la parole aux filles dans la suite de ce fil, car je sais que LinuxFr a des lectrices même si, ici comme ailleurs, on aimerait qu'elles soient beaucoup plus représentées. Dites-nous ce qui vous attire ou vous effraie.