Dans mon travail, en lien avec une grande école d'ingénieur (l'ensicaen) on trouve, ce me semble, deux beaux exemples de telles décisions.
La première c'est que cette école — contre tous les avis que j'ai pu entendre s'exprimer du moins ; précisons toutefois que je ne suis guère sociable et tout en bas de la hiérarchie, juste en dessous des techniciens de surface et des opérateurs de gardiennage — a décidé de faire classer plusieurs de ses laboratoires en ZRR (zone à régime réstrictif). Décision quelque peu contestée par des gens qui n'ont rien de plus urgent (à l'instigation instante et insistante de leurs instances dirigeantes) que de publier toute avancée scientifique qu'ils feraient — voire envisageraient de faire, diraient les mauvaises langues pour railler la course actuelle à la publication. Pourquoi pas. Une telle décision peut sûrement se justifier, même s'il s'agit essentiellement d'un (léger) fardeau administratif et d'un surcroît de carcan technique dans un contexte où les gens se sentent parfois obliger de démissionner ou de prendre des vacances pour disposer de temps pour... faire leur travail. Par exemple recruter et former des stagiaires — c'est l'une de nos missions les plus ingrates — devient plus compliqué ; surtout s'il s'agit d'étrangers nécessairement perçus par l'administration comme potentiellement plus malveillants ; n'y voyez pas de xénophobie institutionnelle.
Mais c'est une seconde réforme quasi simultanée qui rend tout cela cocasse et digne d'être mentionné ici : la grande école d'ingénieur abandonne la gestion de ses propres systèmes informatiques — peut-être était-ce trop chère, cela réclamait un véritable ingénieur — pour faire transiter son infrastructure sur celle dans les nuages d'un GAFA (mirosoft pour ne pas le nommer), particulièrement empressé à fourguer ses solutions pour accoutumer les jeunes générations. Cela signifie que non seulement toutes les données personnelles, déjà largement diffusée via w10 [*], mais aussi les courriels, et de nombreux documents de tous les personnels — de recherche inclus — ne seront plus guère protégés des yeux étrangers les plus susceptibles de s'y intéresser que par la promesse formelle et stipulée par contrat que « non, non jamais nous n'exploiterons ces données ; ou alors très discrètement. »
Bel exemple de cohérence dans les décisions, n'est-il pas ?
[^] # Un exemple du quotidien
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse à la dépêche Bogues de logiciel et bogues de management : 737 Max et autres catastrophes. Évalué à 10.
Dans mon travail, en lien avec une grande école d'ingénieur (l'ensicaen) on trouve, ce me semble, deux beaux exemples de telles décisions.
La première c'est que cette école — contre tous les avis que j'ai pu entendre s'exprimer du moins ; précisons toutefois que je ne suis guère sociable et tout en bas de la hiérarchie, juste en dessous des techniciens de surface et des opérateurs de gardiennage — a décidé de faire classer plusieurs de ses laboratoires en ZRR (zone à régime réstrictif). Décision quelque peu contestée par des gens qui n'ont rien de plus urgent (à l'instigation instante et insistante de leurs instances dirigeantes) que de publier toute avancée scientifique qu'ils feraient — voire envisageraient de faire, diraient les mauvaises langues pour railler la course actuelle à la publication. Pourquoi pas. Une telle décision peut sûrement se justifier, même s'il s'agit essentiellement d'un (léger) fardeau administratif et d'un surcroît de carcan technique dans un contexte où les gens se sentent parfois obliger de démissionner ou de prendre des vacances pour disposer de temps pour... faire leur travail. Par exemple recruter et former des stagiaires — c'est l'une de nos missions les plus ingrates — devient plus compliqué ; surtout s'il s'agit d'étrangers nécessairement perçus par l'administration comme potentiellement plus malveillants ; n'y voyez pas de xénophobie institutionnelle.
Mais c'est une seconde réforme quasi simultanée qui rend tout cela cocasse et digne d'être mentionné ici : la grande école d'ingénieur abandonne la gestion de ses propres systèmes informatiques — peut-être était-ce trop chère, cela réclamait un véritable ingénieur — pour faire transiter son infrastructure sur celle dans les nuages d'un GAFA (mirosoft pour ne pas le nommer), particulièrement empressé à fourguer ses solutions pour accoutumer les jeunes générations. Cela signifie que non seulement toutes les données personnelles, déjà largement diffusée via w10 [*], mais aussi les courriels, et de nombreux documents de tous les personnels — de recherche inclus — ne seront plus guère protégés des yeux étrangers les plus susceptibles de s'y intéresser que par la promesse formelle et stipulée par contrat que « non, non jamais nous n'exploiterons ces données ; ou alors très discrètement. »
Bel exemple de cohérence dans les décisions, n'est-il pas ?
[*] OK. w10 est sorti depuis belle lurette, qui se préoccupe encore des quelques fuites mineures qu'il pourrait occasionner ? Tout cela ne tient-il pas d'un passé aussi mythique que les légendes d'age d'or, ou la cosmogonie Grecque ? Certainement pas les managers de la politique de sécurité renforcée de l'ensicaen apparemment.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace