Quelque chose à la fois ordinaire ou extraordinaire suivant les connaissances de la personne est pour moi justement un exemple montrant que l'extraordinaire est subjectif (propre à la personne)
C'est effectivement un point qui pose problème à beaucoup.
Une chose objective est en quelque sorte basée sur une règle. Ce qui est « sous » la règle est éventuellement subjectif ou irrationnel.
Par exemple il est objectif de dire qu'une étude a montré que 74,37 % (au pif) de la population mondiale croit en dieu. C'est un fait objectif (l'étude a montré que, c'est un fait. Même si l'étude est mal faite cela reste un fait) qui repose sur un truc très peu objectif (croire en dieu).
Pour le don du sang, il est objectif de respecter la règle comme quoi les homos ne doivent pas donner, alors qu'il semble que ce n'est plus en phase avec les statistiques. Respecter une règle est objectif, quelle que soit la qualité de la règle. Ou à l'inverse, avoir pour règle de ne pas respecter telle règle. C'est aussi une règle, la respecter est objectif. Par contre respecter la règle de temps en temps selon ton ressenti, c'est subjectif (sauf si tu as des sous-règles pour choisir, dans ce cas tu suis objectivement un ensemble de règles).
Alors après on peut dire « la règle est de suivre mon ressenti ». Bon, là je ne sais pas :-)
Mais cet exemple est probablement un bon moyen de tester les limites du classement objectif/subjectif, et de l'affiner.
Quelle est la définition de « subjectif » ? C'est quelque chose qui se base sur du non mesuré, ou du flou. Par exemple « les filles sont intellectuellement matures plus jeunes que les garçons » : tant qu'on n'a pas évalué la maturité en question, c'est subjectif. Si on voulait être précis il faudrait dire « je pense que les filles etc », ou « j'ai l'impression que ».
On peut être subjectif à propos de quelque chose qui est parfaitement connu. Par exemple je peux dire « j'ai l'impression que le niveau scolaire a vraiment baissé » alors qu'on sait que non (mais moi je n'ai pas l'information. Que je trouve que ça a baissé ou pas, c'est subjectif).
En ce qui concerne le savoir d'une personne, c'est un fait non subjectif : tu sais que les vaccins sont mauvais pour la santé. Le fait d'avoir raison ou pas n'entre pas en ligne de compte, même si on préfère être dans le vrai. Tu as décidé que les informations que tu as te font dire que les vaccins sont mauvais, point.
Tu peux avoir obtenu cette conviction de manière subjective, le résultat est un fait : tu sais telle chose.
Rappel : savoir != avoir raison
Plus précisement le savoir est accompagné d'une valeur de confiance. Du genre je pense à 90 % que les vaccins sont bons pour la santé. Ces 90 % sont subjectifs, mais tu vois le tableau : savoir telle chose, c'est un fait.
Je me souviens de telle chose, c'est un fait. Je pense telle chose, c'est un fait (ma pensée peut-être subjective, mais c'est un fait d'avoir cette pensée).
Il y a des cas que je trouve amusants. Par exemple tout le monde sait que la Terre est ronde. Mais presque tout le monde le sait en ayant simplement accepté le discours à l'école, télé, etc. Très peu d'entre nous se sont vraiment posé la question en allant chercher des preuves, ou du moins des éléments très convaincants.
C'est la même chose pour l'immense majorité de nos savoirs : nous faisons confiance à nos sources.
On en vient à la règle toute simple : si on me dit une chose qui va à l'encontre de ce que je sais (jusque là c'est 100 % objectif), alors il faut me fournir des éléments convaincants (la seconde partie n'a pas à être objective puisque c'est une conséquence, mais moi je dois suivre la règle en totalité, donc je dois être objectif puisque je suis une règle).
Pour une personne vivant en -2000, il fallait des éléments convaincants pour qu'elle accepte que la Terre tourne autour du Soleil, parce que cela allait à l'encontre de son savoir.
Pour une personne vivant actuellement, il faut des éléments convaincants pour qu'elle accepte que le Soleil tourne autour de la Terre (il faut même être bien plus convaincant car en -2000 on savait qu'on ne savait rien, alors que maintenant on a déjà eu des éléments très convaincants).
[^] # Re: Information extraordinaire
Posté par Kerro . En réponse à la dépêche « Hygiène mentale » : une chaîne de vidéos sur l’esprit critique, sous licence de libre diffusion. Évalué à 2.
C'est effectivement un point qui pose problème à beaucoup.
Une chose objective est en quelque sorte basée sur une règle. Ce qui est « sous » la règle est éventuellement subjectif ou irrationnel.
Par exemple il est objectif de dire qu'une étude a montré que 74,37 % (au pif) de la population mondiale croit en dieu. C'est un fait objectif (l'étude a montré que, c'est un fait. Même si l'étude est mal faite cela reste un fait) qui repose sur un truc très peu objectif (croire en dieu).
Pour le don du sang, il est objectif de respecter la règle comme quoi les homos ne doivent pas donner, alors qu'il semble que ce n'est plus en phase avec les statistiques. Respecter une règle est objectif, quelle que soit la qualité de la règle. Ou à l'inverse, avoir pour règle de ne pas respecter telle règle. C'est aussi une règle, la respecter est objectif. Par contre respecter la règle de temps en temps selon ton ressenti, c'est subjectif (sauf si tu as des sous-règles pour choisir, dans ce cas tu suis objectivement un ensemble de règles).
Alors après on peut dire « la règle est de suivre mon ressenti ». Bon, là je ne sais pas :-)
Mais cet exemple est probablement un bon moyen de tester les limites du classement objectif/subjectif, et de l'affiner.
Quelle est la définition de « subjectif » ? C'est quelque chose qui se base sur du non mesuré, ou du flou. Par exemple « les filles sont intellectuellement matures plus jeunes que les garçons » : tant qu'on n'a pas évalué la maturité en question, c'est subjectif. Si on voulait être précis il faudrait dire « je pense que les filles etc », ou « j'ai l'impression que ».
On peut être subjectif à propos de quelque chose qui est parfaitement connu. Par exemple je peux dire « j'ai l'impression que le niveau scolaire a vraiment baissé » alors qu'on sait que non (mais moi je n'ai pas l'information. Que je trouve que ça a baissé ou pas, c'est subjectif).
En ce qui concerne le savoir d'une personne, c'est un fait non subjectif : tu sais que les vaccins sont mauvais pour la santé. Le fait d'avoir raison ou pas n'entre pas en ligne de compte, même si on préfère être dans le vrai. Tu as décidé que les informations que tu as te font dire que les vaccins sont mauvais, point.
Tu peux avoir obtenu cette conviction de manière subjective, le résultat est un fait : tu sais telle chose.
Rappel : savoir != avoir raison
Plus précisement le savoir est accompagné d'une valeur de confiance. Du genre je pense à 90 % que les vaccins sont bons pour la santé. Ces 90 % sont subjectifs, mais tu vois le tableau : savoir telle chose, c'est un fait.
Je me souviens de telle chose, c'est un fait. Je pense telle chose, c'est un fait (ma pensée peut-être subjective, mais c'est un fait d'avoir cette pensée).
Il y a des cas que je trouve amusants. Par exemple tout le monde sait que la Terre est ronde. Mais presque tout le monde le sait en ayant simplement accepté le discours à l'école, télé, etc. Très peu d'entre nous se sont vraiment posé la question en allant chercher des preuves, ou du moins des éléments très convaincants.
C'est la même chose pour l'immense majorité de nos savoirs : nous faisons confiance à nos sources.
On en vient à la règle toute simple : si on me dit une chose qui va à l'encontre de ce que je sais (jusque là c'est 100 % objectif), alors il faut me fournir des éléments convaincants (la seconde partie n'a pas à être objective puisque c'est une conséquence, mais moi je dois suivre la règle en totalité, donc je dois être objectif puisque je suis une règle).
Pour une personne vivant en -2000, il fallait des éléments convaincants pour qu'elle accepte que la Terre tourne autour du Soleil, parce que cela allait à l'encontre de son savoir.
Pour une personne vivant actuellement, il faut des éléments convaincants pour qu'elle accepte que le Soleil tourne autour de la Terre (il faut même être bien plus convaincant car en -2000 on savait qu'on ne savait rien, alors que maintenant on a déjà eu des éléments très convaincants).