• [^] # Re: leçon de vie

    Posté par . En réponse au journal Festival d'installation : Jusqu'où et comment pactiser avec le diable ?. Évalué à 2.

    ET si tu répondais sur le fond ?

    OK.

    D'abord que certains essayent de nous faire vendre un esprit du libre, au delà de la licence et du logiciel. Il est où cet esprit du libre ici ? On n'y est clairement pas.

    Perso, je ne « vends » pas de cet esprit hors du logiciel. Je peux comprendre qu'un certain nombre le font, en proposant du « libre tout », mais en général quand je leur explique clairement ma position (que c'est le logiciel qui est important, ce qui est « d'usage pratique » ; le reste l'est moins), ils comprennent à peu près. Être libre dans son informatique c'est faire qu'on ne soit pas emprisonné par des machines : des textes d'opinion n'enferment pas un utilisateur dans un fonctionnement d'une machine en particulier.

    pour défendre leur point de vue de ne pas utiliser une licence libre pour un texte d'opinion, ils réutilisent des arguments qu'on emploie... contre les logiciels libres d'habitude.

    Quels arguments ? Que copier c'est mal ? (liberté 2) Non, le texte est en CC-BY-ND, il autorise la recopie. « Qu'analyser » les sources est impossible ? (liberté 1) C'est un texte, le contenu est la source. Que modifier le texte est impossible ? (liberté 3) Effectivement, ici la FSF estime qu'un texte d'opinion n'a pas à être réutilisé tel-quel (en dehors des exceptions classiques qui existent de citation, parodie, etc). Traduire le texte est un travail dérivé, c'est la clause classique utilisée pour contraindre les utilisateurs à propager le code sous GPL.

    Et en plus, faire l'analogie entre un code informatique, qui a une destination d'exécution sur une machine, à fin d'usage pratique, et un texte à destination d'êtres humains, ne donne pas toujours de comparaison très heureuse.

    On n'est pas à l'heure des réseaux sociaux où on parvient à faire dire à n'importe qui n'importe quoi malgré les restrictions existantes ?

    Déjà, le LL a été inventé bien avant ce phénomène de société. Ensuite, ça ressemble à un argument rhétorique bancal : il faudrait ne pas faire quelque-chose parce que des cons peuvent le pourrir ?

    pour faire une traduction c'est une procédure assez lourde et pénible qu'ils imposent.

    Je ne vois pas en quoi c'est lourd : la FSF offre des recommandations afin d'être clair et d'éviter les confusions, qui sont source de frustrations et de malentendus (d'où l'origine de cette discussion que nous avons, d'ailleurs !). Et ensuite l'envoyer à des équipes pour relecture. Oui, ça n'est pas totalement libre, mais c'est un moyen de travailler en équipe de manière cohérente.

    En verrouillant tout comme ils font, ils reproduisent ce qu'ils critiquent à l'encontre des éditeurs de logiciel. Génial.

    Encore une fois, le logiciel est très différent d'un texte d'opinion destiné à un être humain. Cette distinction est la base de toute la réflexion de Stallman et de la FSF, si tu la mets de côté sans réfléchir tu loupes toute la compréhension de leur action.